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FUJIKINA Paris 2026 : le Palais Brongniart devient la maison de la photographie

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FUJIKINA Paris 2026 : le Palais Brongniart devient la maison de la photographie

À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, Fujifilm installe pour la première fois sa FUJIKINA au cœur de Paris. Expositions patrimoniales, créations contemporaines, conférences, masterclasses, essais de matériel et promenades photographiques investiront le Palais Brongniart du 4 au 6 septembre 2026. Derrière l’événement de marque se dessine une véritable fête du regard.

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En 1826, Nicéphore Niépce parvenait à fixer durablement une image sur un support. Deux siècles plus tard, la photographie est partout. Dans les musées, les journaux, les téléphones, les archives familiales et les réseaux sociaux. Elle documente le monde, le transforme, le met en scène et, parfois, le trahit. C’est dans ce contexte symbolique que la FUJIKINA s’installe pour la première fois à Paris, les 4, 5 et 6 septembre 2026, au Palais Brongniart.

Labellisé par le ministère de la Culture parmi les événements du Bicentenaire de la Photographie, le rendez-vous entend réunir professionnels, amateurs, étudiants, collectionneurs, créateurs de contenus et simples curieux. Initiée par Fujifilm en 2022, la FUJIKINA ne se présente pas seulement comme un salon consacré aux appareils photographiques. Son ambition est plus large : faire dialoguer l’histoire du médium, les écritures contemporaines, la transmission des savoirs et la pratique concrète de l’image.

Le choix du Palais Brongniart n’est évidemment pas anodin. Cet ancien temple de la finance devient, pendant trois jours, une immense chambre photographique où circuleront archives, œuvres, appareils, photographes et visiteurs. Une manière de rappeler que la photographie n’est pas uniquement une technique ou un marché, mais une culture commune et une façon particulière de regarder le monde.

Magnum ouvre ses archives couleur

Le cœur artistique de l’événement repose sur quatre expositions, dont deux conçues avec Magnum Photos.

La plus importante, « Magnum : A World In Color », résulte d’un vaste travail de sauvegarde mené par Magnum, Fujifilm et la Médiathèque du patrimoine et de la photographie. Conservées au fort de Saint-Cyr et longtemps difficiles d’accès, les archives couleur de l’agence représentent près de 43 000 planches-contacts et environ 650 000 diapositives réalisées entre les années 1950 et le début des années 2000.

La numérisation de cet ensemble ne constitue pas seulement une opération technique. Elle permet de faire réapparaître une partie encore méconnue de l’histoire de Magnum, agence souvent associée dans l’imaginaire collectif au noir et blanc humaniste, au reportage de guerre et aux grandes figures du photojournalisme du XXe siècle.

Après plusieurs présentations européennes, Paris réunira pour la première fois les sept chapitres de l’exposition en un seul parcours. Aux images retrouvées dans les archives répondront des commandes contemporaines réalisées par des photographes comme Rafal Milach, Alec Soth, Myriam Boulos, Gregory Halpern, Cristina de Middel, Thomas Dworzak, Olivia Arthur, Mark Power ou Jonas Bendiksen.

Ce dialogue entre images anciennes et regards actuels devrait constituer l’un des points forts de la manifestation. Car une archive photographique n’est jamais totalement silencieuse. Chaque génération la relit à partir de ses propres préoccupations, de ses inquiétudes et de sa manière d’interroger le réel.

Alex Webb et Alec Soth face à la jeunesse

La seconde exposition réalisée avec Magnum, « Youth », confronte les travaux de deux figures majeures de la photographie américaine : Alex Webb et Alec Soth.
Avec « Las Calles : In the Spirit of Youth », Alex Webb poursuit son exploration du Mexique, territoire qu’il photographie depuis plus de cinquante ans. Ses images d’Oaxaca, traversées de couleurs intenses, de lumières tranchées et de constructions visuelles complexes, mettent en relation ses archives historiques et une série récente consacrée à la jeunesse mexicaine.

À plusieurs milliers de kilomètres de là, Alec Soth adopte une approche plus intime. « Three Teens » accompagne trois adolescents, Toby, JD et Gus, scolarisés dans un lycée alternatif de Saint Paul, près de Minneapolis. Le photographe les suit jusque dans leurs chambres, leurs familles et les univers personnels qu’ils se construisent à distance des discours convenus sur une génération prétendument désabusée ou perdue.

Chez Webb, la jeunesse traverse l’espace public dans une explosion de couleurs. Chez Soth, elle se révèle dans les gestes discrets, les objets, les silences et les refuges domestiques. Deux écritures différentes pour une même tentative : photographier une génération sans la réduire à une catégorie sociologique.
Deux siècles de portraits français

La troisième exposition, « Histoire de Portrait(s) des collections MPP », s’appuie sur les fonds de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, institution qui conserve près de vingt-cinq millions d’images.

Le parcours propose une traversée de deux siècles de portrait photographique, depuis les pionniers du XIXe siècle jusqu’aux écritures contemporaines. On y retrouvera notamment Nadar, Adolphe Dallemagne, le Studio Harcourt, Sam Lévin, Denise Colomb, André Kertész, Willy Ronis, Christine Spengler, Xavier Lambours, Carole Bellaïche, Gladys ou encore Éric Bouvet.

Victor Hugo sur son lit de mort, les vedettes façonnées par les lumières du Studio Harcourt, les stars photographiées par Sam Lévin, les photomontages intimes de Christine Spengler ou la France contemporaine observée par Éric Bouvet composent une histoire où le portrait apparaît moins comme une simple représentation physique que comme une construction sociale.

Chaque époque invente ses visages. Elle décide de la manière dont on se tient devant l’objectif, de ce que l’on montre et de ce que l’on dissimule. À travers cette exposition, c’est donc aussi l’histoire de notre rapport à l’identité, à la célébrité, à la mémoire et à la mise en scène de soi qui se raconte.

Quand la technologie devient culture photographique

La quatrième exposition, « 15 ans de Série X Fujifilm, pour 200 ans de photographie », est plus directement consacrée à l’histoire récente de la marque. Elle revient sur le lancement du X100 en 2011, appareil devenu emblématique, puis sur le développement des hybrides de la Série X et des moyens formats GFX.

Le risque d’une telle exposition serait évidemment de se transformer en vitrine publicitaire. Mais le sujet qu’elle soulève demeure intéressant : comment l’évolution des appareils modifie-t-elle réellement les pratiques et les écritures photographiques ?

La miniaturisation, les viseurs électroniques, la montée en sensibilité, les simulations de films, la stabilisation ou l’autofocus ne sont pas de simples arguments commerciaux. Ces innovations transforment la manière de travailler, la relation au sujet, la vitesse d’exécution et parfois même la nature des images produites. L’appareil n’est jamais l’auteur de la photographie, mais il participe à la façon dont celle-ci devient possible.

Des photographes pour parler de photographie

La FUJIKINA entend également faire de la transmission l’un de ses principaux axes. Le grand auditorium du Palais Brongniart, qui compte 580 places, accueillera des conférences en accès libre avec Alec Soth, Mário Cruz, Tom Hegen, Jonas Rask, Éric Bouvet, Tristan Shu ou encore Lionel Charrier, chef du service photo de Libération.
Les sujets annoncés traversent plusieurs champs : photographie documentaire, droits humains, paysage aérien, photographie de rue, presse, montagne, sport et nouvelles formes de diffusion des images. Deux rencontres organisées avec Fisheye Magazine doivent notamment interroger la place des réseaux sociaux et l’apparition de nouvelles écritures visuelles.

Un second auditorium permettra d’entendre, dans un cadre plus resserré, Laura Bonnefous, Ljubiša Danilović, Magali Delporte, Jean-Michel Lenoir, Jean-Louis Courtinat, Pascal Bourguignon, Juliette Pavy, Julien Rocheblave ou Jonathan Bertin.
Des masterclasses de trois heures trente seront également organisées en groupes de dix personnes. Elles seront animées notamment par Malo, Ioannis Tsouloulis, Bert Stephani, Éric Bouvet, Laura Bonnefous, Maxime Stange ou Julien Apruzzese. Contrairement aux conférences, ces séances sont payantes et nécessitent une réservation.

Marcher dans Paris, regarder et déclencher

L’un des intérêts les plus concrets de la FUJIKINA sera de ne pas maintenir la photographie enfermée dans les salles d’exposition. Six sorties photographiques partiront chaque jour du Palais Brongniart, avec quinze participants au maximum.
Guidés notamment par Jonathan Bertin, Maxime Benguigui, Loris Durenne, Julien Rocheblave ou Éric Bouvet, les visiteurs pourront utiliser Paris comme un terrain d’expérimentation. Lumières, architectures, mouvements, matières et scènes de rue permettront de mettre immédiatement en pratique les conseils reçus.

Cette dimension est essentielle. La photographie s’apprend certes dans les livres, les expositions et les discussions, mais elle se comprend surtout en marchant. Il faut se déplacer, attendre, rater une image, en découvrir une autre et accepter que le monde ne se présente jamais exactement comme on l’avait prévu.

Les visiteurs pourront également manipuler les appareils des Séries X et GFX, comparer les modèles et emprunter certains boîtiers pendant une heure. Deux studios de démonstration proposeront des séances consacrées au portrait, à la lumière, au mouvement et à la composition. Les partenaires techniques de la manifestation présenteront également des optiques, des éclairages, des moniteurs, des accessoires et des solutions de traitement ou de postproduction.

Un espace instax, des ateliers créatifs, une boutique éphémère Panajou, des démonstrations d’impression professionnelle et un service gratuit de nettoyage des capteurs, réservé aux appareils Fujifilm, compléteront le dispositif.

Elliott Erwitt comme manifeste

Pour annoncer cette première édition parisienne, la FUJIKINA a choisi une photographie d’Elliott Erwitt montrant la tour Eiffel derrière un homme bondissant, parapluie à la main.

L’image contient tout ce que la photographie sait parfois faire de mieux : isoler un fragment de réalité, introduire de l’humour dans le quotidien et transformer une fraction de seconde en scène universelle. La présence de cette photographie sur l’affiche n’est pas seulement décorative. Elle rappelle qu’un appareil ne vaut finalement que par la disponibilité du regard qui le tient.

Dans un monde saturé d’images automatiques, retouchées, calculées ou générées, la FUJIKINA Paris 2026 pourrait ainsi offrir un moment utile : celui où l’on revient à ce geste élémentaire consistant à regarder avant de déclencher.

L’événement demeure bien sûr organisé par un fabricant et ne cherche pas à masquer son identité commerciale. Mais son programme dépasse suffisamment la présentation de matériel pour intéresser tous ceux qui considèrent la photographie comme un art, un témoignage, une mémoire ou une manière d’habiter le monde.
Informations pratiques

La FUJIKINA Paris 2026 se déroulera au Palais Brongniart, place de la Bourse, Paris 2e, du vendredi 4 au dimanche 6 septembre 2026. Le vendredi sera accessible de 15 heures à 19 heures aux détenteurs du billet Premium. Le samedi et le dimanche, l’événement ouvrira de 9 h 30 à 19 heures.

Le billet Premium pour les trois jours est annoncé à 25 euros, le pass week-end à 15 euros et le billet pour une journée à 10 euros. Les étudiants bénéficient d’une réduction de 50 %. Les masterclasses sont proposées au tarif de 100 euros et les sorties photographiques nécessitent une inscription sur place, le matin même.
Programme et billetterie : www.fujikina-paris2026.fr.

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