La première édition se tiendra le **lundi 12 octobre 2026 au Palais des Glaces, à Paris**. Son ambition est claire : mettre en lumière les femmes et les hommes de plus de 45 ans qui continuent d’entreprendre, d’innover, de fédérer, de transmettre et de transformer le monde du travail.
Car le paradoxe français est violent. Les carrières s’allongent, l’âge de départ à la retraite recule, mais les représentations, elles, restent souvent bloquées. Dans l’imaginaire collectif de l’entreprise, le “potentiel” est encore associé à la jeunesse, tandis que l’expérience est parfois perçue comme un passé glorieux, mais moins comme une force d’avenir. C’est faux. Et c’est même économiquement absurde.
Selon les chiffres mis en avant par les organisateurs, en 2024, seuls **60 % des 55-64 ans** occupaient un emploi en France, contre **65 % en moyenne européenne**, **70 % en Espagne** et **78 % en Suède**. Après 60 ans, la chute est encore plus nette : seuls **42 % des 60-64 ans** sont en emploi. Autrement dit, la France demande à ses citoyens de travailler plus longtemps, mais son marché du travail continue trop souvent à regarder les profils expérimentés comme des fins de parcours.
Le sujet est encore plus dur pour les femmes seniors, prises dans une double peine : l’âge et le genre. Leur taux d’emploi s’établit à **58,7 %**, contre **62 %** pour les hommes du même âge. Derrière les beaux discours sur l’inclusion, l’entreprise française a donc encore un sérieux problème avec l’âge, et plus encore avec les femmes qui vieillissent dans le monde professionnel.
Le prix **Les Révélations de l’Expérience** veut répondre à cela par un autre récit. Non pas un récit nostalgique, où l’on célèbrerait les “anciens” par politesse, mais un récit offensif : celui d’une expérience vivante, utile, désirable, moderne. Une expérience capable de comprendre les crises, de tenir dans les mutations, d’encadrer les jeunes générations, mais aussi d’inventer, de changer de voie et de prendre des risques.
Le prix distinguera à la fois des professionnels de plus de 45 ans aux parcours remarquables et des entreprises qui développent de véritables politiques en faveur du recrutement, de la mobilité, de la formation et de la coopération entre générations. C’est là que l’initiative devient intéressante : elle ne se contente pas de flatter les individus, elle interroge aussi les structures. Car si les plus de 45 ans sont invisibilisés, ce n’est pas seulement à cause de préjugés individuels. C’est aussi parce que les entreprises ont longtemps préféré parler de “jeunes talents” plutôt que de talents tout court.
L’appel à candidatures ouvrira le **24 août 2026** et se clôturera le **21 septembre 2026**. Il sera accessible aux professionnels de plus de 45 ans résidant en France. Un jury composé de dirigeants, de professionnels des ressources humaines, d’entrepreneurs et de personnalités engagées sélectionnera les lauréats.
À l’occasion de la cérémonie du 12 octobre, LinkedIn dévoilera également une étude inédite sur l’expérience au travail des plus de 45 ans. Un moment important, car les chiffres permettront peut-être de sortir le débat du simple ressenti. L’âgisme au travail est l’une des discriminations les plus banalisées : rarement revendiquée, souvent déguisée derrière des mots apparemment neutres — “trop senior”, “trop cher”, “pas assez agile”, “pas assez digital”. Des formules polies pour dire une chose brutale : passé un certain âge, beaucoup de professionnels doivent prouver deux fois plus qu’ils sont encore capables.
À l’origine de cette initiative, on retrouve **Mathilde Thillaye du Boullay**, fondatrice de Knowldy, une agence consacrée au développement et au rayonnement des carrières expérimentées. Pour porter le prix dans la durée, une association loi 1901 a également été créée, afin d’ancrer cette démarche dans une mission plus large que celle d’une simple opération de communication.
La signature du prix résume son ambition avec une formule volontairement provocante : **“Le prix qui donne envie aux professionnels d’avoir plus de 45 ans !”** Derrière l’accroche, il y a une idée forte : cesser de faire de l’âge un problème à gérer et commencer à le considérer comme un capital à valoriser.
Reste évidemment une question : un prix suffira-t-il à changer les pratiques ? Non. Il serait naïf de le croire. Mais un prix peut servir de signal, de miroir, de scène. Il peut rendre visibles des trajectoires que le marché du travail préfère parfois oublier. Il peut aussi obliger les entreprises à regarder leurs contradictions : elles parlent d’expérience, de résilience, de transmission, de vision long terme, mais continuent trop souvent à recruter comme si l’avenir appartenait exclusivement aux moins de 35 ans.
Dans un monde bouleversé par l’intelligence artificielle, les crises économiques, les transitions écologiques et les mutations sociales, l’expérience n’est pas un frein. Elle peut être une boussole. Encore faut-il accepter de la regarder autrement.
Avec **Les Révélations de l’Expérience**, les plus de 45 ans ne demandent pas une médaille pour services rendus. Ils réclament simplement ce que tout professionnel mérite : être jugés sur ce qu’ils font, ce qu’ils savent, ce qu’ils transmettent et ce qu’ils peuvent encore inventer.
