Selon le récit devenu célèbre, une expédition archéologique chinoise aurait découvert en 1938 plusieurs centaines de disques de pierre parfaitement circulaires dans des grottes reculées de l’ouest chinois. Ces objets, au nombre de 716, auraient présenté une particularité troublante : de minuscules inscriptions gravées en spirale autour d’un trou central.
L’histoire devient véritablement incroyable lorsque l’on apprend qu’un chercheur nommé Tsum Um Nui aurait réussi à déchiffrer ces inscriptions dans les années 1960. Selon sa traduction, les disques raconteraient le crash d’un vaisseau spatial survenu il y a environ 12 000 ans. Les survivants extraterrestres, appelés les Dropa, se seraient retrouvés bloqués sur Terre après l’accident et auraient tenté de cohabiter avec les populations locales.
Le récit est renforcé par d’autres éléments tout aussi intrigants. Des squelettes de petite taille dotés de crânes anormalement volumineux auraient été découverts dans les mêmes grottes. Des analyses soviétiques auraient révélé la présence de cobalt dans les disques, tandis que certains chercheurs auraient affirmé que ces objets émettaient d’étranges vibrations lorsqu’ils étaient soumis à des tests électroniques.
Pendant des décennies, les disques Dropa sont devenus une référence incontournable de la littérature ufologique. Certains auteurs les ont même surnommés « le Roswell chinois », voyant dans leur disparition supposée la preuve d’un vaste secret d’État.
Pourtant, lorsqu’on examine les faits de près, le mystère prend une autre tournure.
Aucune preuve solide de l’existence des disques n’a jamais été produite. Les archéologues cités dans les récits semblent introuvables. Les institutions mentionnées n’ont parfois jamais existé. Aucun musée ne conserve officiellement ces objets et plusieurs chercheurs ont démontré que l’histoire semble provenir d’articles douteux puis de livres relevant davantage de la fiction que de l’archéologie.
Plus embarrassant encore pour les défenseurs de la théorie extraterrestre : le livre qui a largement popularisé l’affaire, Sungods in Exile, a été reconnu par son propre auteur comme un canular littéraire. David Gamon a admis avoir inventé une grande partie du récit sous pseudonyme, inspiré par la mode des « anciens astronautes » popularisée dans les années 1970.
Aujourd’hui, la majorité des historiens considèrent les disques Dropa comme une légende moderne. Certains pensent que les rares photographies montrées au public représentaient en réalité des disques rituels chinois appelés bi, des objets funéraires bien connus de l’archéologie chinoise.
Faut-il pour autant abandonner complètement le rêve ? Pas forcément. Car si les disques Dropa ne prouvent probablement pas la visite d’extraterrestres sur Terre, ils racontent autre chose : notre fascination collective pour les mystères. Entre science, folklore, imagination et désir de croire que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, cette histoire continue de captiver des millions de personnes.
Et c’est peut-être là, finalement, le véritable mystère des disques Dropa.
