Quelle est la réalité, la fiction, la part de mensonge et d’extrapolation ou de mythomanie dans cette histoire racontée avec force, conviction et vulnérabilité ? Nous l’ignorons et qu’importe : cette histoire nous parle, nous émeut, nous renvoie à nous-mêmes, à la Nature humaine la plus profonde et juste, voire cruelle ? Quel comédien, quelle voix, quel charisme et quel moment unique. Tony est corps et âme dévoué au texte et à son essence pure.
Cette confession intime, qui finira forcément dans les cendres comme le titre de la pièce l’indique, est une oeuvre marquante, à la fois jubilatoire, mystérieuse, référentielle, symbolique et nouvelle. Étienne Ferrari est un homme, mais il est tous les hommes avides d’amour, de réussite, de gloire et de reconnaissance au risque de tout perdre et de finir jugé, bafoué, humilié, amoindri : l’ombre de lui-même.
Étienne Ferrari est dans de beaux draps (métaphoriquement ?...) mais nous, spectateurs, passons un joli et grand moment de théâtre avec un comédien magique, qui au début incarne un personnage puis le devient au fur et à mesure de la pièce. Il n’y a plus de jointure entre l’homme et le comédien, on assiste à une vérité sublime qui touche au coeur, aux tripes, à l’âme. Bravo et merci Tony Mastropietro. À voir absolument à Avignon, cet été, et ailleurs.
Une łunę de sang dans un ciel de cendre, de Louise Caron avec Tony Mastropietro, mise en scène de Stephanie Slimani. Video/musique : Jean-Loup Faurat. Collaboration artistique : Magali Solignat.
Cet été à Avignon au Theatre de la Tache d’encre. 15 heures, 1 rue de la tarasque, 84000 Avignon. Relâche, les mardis. Réservation : 04 90 85 97 13
