À la une

Pourquoi les gens font-ils autant la morale sur les réseaux sociaux ?

La première raison est simple : la morale donne du pouvoir. Sur Internet, tout le monde peut devenir juge sans compétence particulière. Il suffit d’un tweet, d’un commentaire ou d’un post pour se placer du côté du “bien”. Celui qui fait la morale occupe une position confortable, il n’expose pas sa vie, il évalue celle des autres. C’est une forme de domination symbolique très facile.

Deuxième moteur, le besoin de reconnaissance sociale. Les réseaux fonctionnent à la récompense immédiate, likes, partages, commentaires. Une indignation morale attire souvent beaucoup d’attention. Dire “ce n’est pas acceptable”, “c’est honteux”, ou “il faut dénoncer cela” est souvent plus viral que proposer une réflexion nuancée. La morale devient alors un spectacle.

Troisième facteur, la simplification du monde. Les réseaux sociaux compressent la complexité en quelques lignes. Dans ce format, les nuances disparaissent. Les situations deviennent rapidement des oppositions simples : bien contre mal, victime contre coupable, progressiste contre réactionnaire. La morale sert alors de raccourci pour juger sans vraiment comprendre.

Il faut aussi parler d’un phénomène psychologique : la morale comme mise en scène de soi. Sur les réseaux, chacun fabrique une image publique. Montrer qu’on est du “bon côté” des débats est une manière de se construire une identité morale. Ce n’est plus seulement penser quelque chose, c’est le montrer.

Enfin, il y a un élément plus profond : la disparition des espaces de discussion lente. Autrefois, les idées se construisaient dans les livres, les journaux, les conversations longues. Aujourd’hui, beaucoup de débats passent par des réactions immédiates. Or la morale instantanée est plus rapide que la réflexion.

Résultat : les réseaux sociaux deviennent parfois une immense machine à juger. Chacun surveille chacun, corrige chacun, dénonce chacun. Mais cette inflation morale produit souvent l’effet inverse de celui recherché : plus il y a de jugements, moins il y a de dialogue réel.

La morale en ligne n’est pas toujours mauvaise — elle peut aussi révéler des injustices ou faire émerger des causes légitimes. Mais lorsqu’elle devient permanente, elle transforme les réseaux sociaux en tribunal permanent où l’on parle plus pour condamner que pour comprendre.

Et c’est peut-être là le paradoxe, plus les gens font la morale en ligne, moins la morale semble vraiment vécue dans la réalité.

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Emmanuel Grégoire ou Rachida Dati, que feront les Parisiens au second tour des municipales ?

Car Paris est une ville électoralement complexe, presque imprévisible. Elle vote souvent à gauche, mais reste sociologiquement très contrastée. Les arrondissements centraux et l’est parisien ont largement basculé dans un électorat urbain, diplômé et sensible aux enjeux écologiques, ce qui donne à la gauche un avantage structurel. Emmanuel Grégoire peut compter sur ce socle, ainsi que sur les électeurs écologistes qui, malgré leurs divergences avec la majorité sortante, auront du mal à soutenir la candidate de la droite. Dans cette logique, un rassemblement de la gauche au second tour pourrait lui offrir une dynamique solide.

Mais la politique parisienne ne se résume jamais à une simple addition de voix. La capitale reste aussi marquée par une droite solide dans l’ouest et le centre bourgeois, où Rachida Dati dispose d’un électorat fidèle et mobilisé. Son discours sur la sécurité, la propreté ou la gestion de l’espace public parle à une partie croissante des habitants qui estiment que la ville s’est transformée trop vite et parfois de manière désordonnée. Dans ces quartiers, l’idée d’un changement de cap après douze ans de gouvernance socialiste trouve un écho réel.

Le second tour dépendra donc surtout des reports de voix et des configurations d’alliance. Si les différentes forces de gauche se regroupent derrière Emmanuel Grégoire, la logique arithmétique pourrait lui être favorable. Mais si certaines listes décident de se maintenir ou si l’électorat du centre hésite entre continuité et rupture, la candidate de droite pourrait profiter d’un paysage fragmenté. Dans une triangulaire ou une quadrangulaire, chaque pourcentage comptera et l’écart pourrait être extrêmement serré.

Au fond, ce duel dépasse largement les deux candidats. Il reflète deux visions opposées de la capitale. D’un côté, une ville qui poursuit sa mutation écologique, avec moins de voitures, plus de pistes cyclables et une transformation de l’espace urbain. De l’autre, une ville qui reviendrait à une gestion plus classique, davantage centrée sur l’ordre, la circulation et l’équilibre entre les usages. Entre ces deux modèles, les Parisiens devront décider ce qu’ils veulent vraiment pour leur quotidien.

Ce qui rend cette élection passionnante, c’est que rien n’est joué d’avance. Paris est capable de confirmer une tendance comme de créer une surprise politique. Les électeurs peuvent choisir la continuité avec Emmanuel Grégoire, tenter l’alternance avec Rachida Dati ou encore disperser leurs voix dans une configuration éclatée qui rendrait le résultat totalement imprévisible. Une chose est sûre : au soir du second tour, ce ne sera pas seulement le nom du prochain maire qui sera décidé, mais aussi la direction que prendra la capitale française pour les années à venir.

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Mis en avant

Quel est le film le moins rentable de l’histoire du cinéma français ? Les Dalton (2004)

À l’époque de sa production, l’objectif est clair : créer une adaptation spectaculaire de l’univers imaginé par Morris, le créateur de Lucky Luke, en misant sur un casting comique populaire. Le film réunit notamment Éric Judor et Ramzy Bedia, alors très populaires auprès du public français. L’idée semble prometteuse : transposer l’humour absurde du duo dans un western burlesque inspiré de la bande dessinée. Mais la mécanique économique du cinéma ne pardonne pas lorsque l’écart entre l’investissement et les recettes devient trop grand.

Le budget du film atteint environ 27 millions d’euros, une somme très importante pour une comédie française au début des années 2000. À titre de comparaison, la majorité des comédies françaises de l’époque coûtent entre 5 et 10 millions d’euros. Ce budget élevé s’explique par la volonté de produire un film visuellement ambitieux : décors de western, nombreux costumes, effets spéciaux et tournage international. L’équipe espère alors que le succès populaire de l’univers Lucky Luke permettra de compenser cet investissement.

La réalité du box-office sera beaucoup plus brutale. En France, Les Dalton attire environ 1,6 million de spectateurs. Ce score peut sembler honorable, mais il est insuffisant pour amortir un budget aussi élevé. Les recettes françaises sont estimées autour de 10 à 11 millions d’euros, et les recettes internationales restent marginales. Au total, le film ne génère qu’environ 12 millions d’euros de recettes mondiales, ce qui signifie une perte estimée à plus de 15 millions d’euros pour les producteurs et les investisseurs. Dans une industrie où les salles et les distributeurs prélèvent une grande partie des recettes, un film doit souvent réaliser au moins le double de son budget pour devenir rentable. Les Dalton en est resté très loin.

Au-delà des chiffres, l’échec du film s’explique aussi par une réception critique très négative. La presse reproche au film un humour jugé lourd, un scénario chaotique et une esthétique parfois kitsch qui trahit l’esprit original de la bande dessinée. Le mélange entre parodie absurde et western familial désoriente une partie du public. Beaucoup de spectateurs ne savent pas vraiment à qui s’adresse le film : enfants, amateurs de bande dessinée ou fans du duo comique. Cette ambiguïté marketing fragilise la sortie en salles.

L’échec de Les Dalton révèle aussi une tension structurelle du cinéma français : la difficulté de produire des films très coûteux pour un marché national relativement limité. La France reste l’un des rares pays d’Europe capables de financer des productions ambitieuses grâce aux aides publiques, au système du CNC et aux préachats des chaînes de télévision. Mais ce modèle peut parfois conduire à des projets dont l’ampleur dépasse la réalité du marché. Lorsqu’un film dépasse les vingt millions d’euros de budget, il doit atteindre plusieurs millions d’entrées pour espérer rentrer dans ses frais. Or très peu de films français franchissent ce seuil chaque année.

Le cas de Les Dalton est ainsi devenu une sorte de leçon industrielle. Il rappelle que la popularité d’une bande dessinée ou d’un acteur ne garantit jamais le succès d’un film. Il montre aussi qu’un blockbuster « à la française » doit trouver un équilibre délicat entre ambition artistique, humour accessible et contrôle des coûts de production.
Aujourd’hui encore, plus de vingt ans après sa sortie, Les Dalton reste régulièrement cité dans les analyses économiques du cinéma comme l’un des plus grands flops financiers du cinéma français. Loin d’être une simple anecdote, cet échec raconte une histoire plus large : celle d’un cinéma qui cherche parfois à rivaliser avec les grandes machines hollywoodiennes, mais dont le marché reste profondément différent.

En définitive, Les Dalton n’est pas seulement un mauvais résultat au box-office. C’est un rappel brutal d’une règle simple du cinéma : entre ambition artistique et réalité économique, l’équilibre est fragile. Et lorsqu’il se rompt, un film peut rapidement entrer dans l’histoire… mais pour de mauvaises raisons.

Philippe Haïm né en 1963, réalisateur et scénariste français, s’est imposé avec des thrillers comme Barracuda et Secret défense avant de devenir une figure importante de la réalisation de séries policières françaises, notamment Engrenages.

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Analyse et société

Arts

Les vents passent mais les Wampas c’est pour la vie

« Les chansons sur toi »sont comme les articles sur eux, c’est pour la vie ! Des mots remplis de soleil, un ciel bleu dans l’énergie. « Les Coronados »
Des étoiles plein les yeux, on s’enlace,on se balance un morceau incontournable et rassembleur.
L’amour, l’amitié, le cyclisme, le refus des abrutis, la liberté des choix et des envies, ils nous offrent sur un plateau musical une fois n’est pas coutume leur ADN simple et tendre.

Pour avoir eu la chance d’être au devant de la scène au début de leur tournée j’en suis reparti rajeuni. Nous y découvrons une set list faite de leurs tubes connus de tous associés à de nouveaux morceaux. L’ordre des compositions offre un élan à l’énergie bluffante, le rythme ne faiblit pas une seconde, le tout à fond s’enchaîne pour le plaisir de tous. Les Wampas ont 20 ans sur scène, Effello a peut-être rajeuni le groupe ou le groupe a voulu lui montrer que le rock offre la jeunesse éternelle, dans les deux cas nous en sommes tous gagnants.
« Punk ouvrier » Jamais ajouté sur un album du groupe, ils ont eu la bonne idée de mettre ce tube à sa plus belle place… Du Wampas !
Les 15 morceaux défilent comme un TGV que l’on ne voudrait jamais voir s’arrêter et nous rappellent que le groupe n’est pas prêt à rentrer sa locomotive en gare. Didier Wampas voltigeur hors pair, son énergie ne laisse aucun doute possible sur le fait qu’il soit heureux de nous rendre heureux.
Pour rendre la tournée encore plus belle s’ajoute le plaisir immense de retrouver Nico derrière sa batterie, les sourires de Jean-Michel et de Tony en disent longs…
Les Wampas nous aiment et nous aimons les Wampas pour toute la vie.

Pour y découvrir l’album Où va nous ? Le shop et toutes les actualités

https://linktr.ee/leswampas
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Politik

Rémi Gaillard, de l’humour potache génial à l’activiste animal et citoyen de Montpellier

Rémi Gaillard est né à Montpellier en 1975. Il appartient à cette génération qui a compris très tôt le pouvoir de la vidéo virale, avant même que le mot existe vraiment. Ses premières “conneries” filmées sont d’une simplicité désarmante. Il se fait passer pour un joueur de football et marque un but lors d’un échauffement officiel en finale de la Coupe de France 2002. Il surgit en Mario Kart dans les rues de Montpellier. Il joue au kangourou dans un supermarché. Il transforme la ville en terrain de jeu permanent.

Ces blagues potaches, tournées souvent avec trois fois rien, deviennent rapidement un phénomène mondial. Sa chaîne YouTube explose. Des centaines de millions de vues. Un public international. Un style immédiatement reconnaissable : aucune parole inutile, une mécanique de gag quasi burlesque, héritée à la fois de Buster Keaton et de l’esprit des caméras cachées.

Mais réduire Rémi Gaillard à un simple amuseur serait une erreur. Derrière le clown se cache un type déterminé, parfois obstiné, qui utilise sa notoriété comme levier pour autre chose.

Depuis plusieurs années, il a déplacé son combat vers la défense des animaux. L’humour est resté, mais la colère est devenue plus visible. Il dénonce les abandons, les refuges saturés, les maltraitances. Il organise des actions spectaculaires, parfois borderline, toujours médiatiques. Son objectif est simple : forcer les gens à regarder ce qu’ils préfèrent souvent ignorer.

À Montpellier, il s’est aussi engagé politiquement. Pas au sens classique d’une carrière d’élu, mais comme agitateur public. En 2020, il lance sa propre liste municipale, baptisée avec l’ironie qui le caractérise : “Le Parti Animaliste Gaillard”. Le programme mélange humour, propositions écologistes et défense radicale du bien-être animal. L’opération est à la fois sérieuse et performative : montrer qu’un clown peut parfois dire des choses plus justes que des professionnels de la politique.

Ce qui frappe chez lui, quand on le connaît depuis longtemps, c’est la constance. Le personnage a évolué mais la logique reste la même : provoquer pour réveiller. Que ce soit en envahissant un terrain de football déguisé, en tournant des vidéos absurdes ou en occupant l’espace public pour les animaux, il cherche toujours le même point de friction entre rire et malaise.

Rémi Gaillard appartient aussi à une génération d’internet qui a changé les règles. Avant TikTok, avant les influenceurs calibrés, il y avait ces vidéos bricolées qui devenaient virales parce qu’elles étaient libres, imprévisibles et souvent un peu dangereuses. Gaillard était l’un des pionniers de ce chaos créatif.
Aujourd’hui, le potache de Montpellier est devenu autre chose : un agitateur civique. Toujours imprévisible, parfois excessif, mais impossible à ignorer. Et c’est peut-être là son vrai talent
.
Faire rire d’abord.
Et utiliser ce rire pour déplacer le débat.

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Musik

Que ce soit clair, la rencontre électrisante entre Stromae et Paul Kalkbrenner

Dès les premières secondes, la signature Kalkbrenner s’impose. Un beat droit, solide, presque physique, des nappes électroniques qui montent progressivement et installent une tension typique des clubs européens. Puis arrive la voix de Stromae, immédiatement reconnaissable, avec ce mélange de distance ironique et de mélancolie qui caractérise son écriture depuis Alors on danse.

Ce qui frappe dans cette collaboration, c’est l’équilibre. Trop souvent, les rencontres entre pop et musique électronique ressemblent à un simple collage marketing. Ici, au contraire, la fusion est réelle. La production techno reste minimaliste et hypnotique, mais elle laisse toute la place à la mélodie et au texte. Stromae accepte de se couler dans une structure plus répétitive et plus club, tandis que Kalkbrenner adapte son univers pour accueillir une véritable chanson.

Le résultat fonctionne à plusieurs niveaux. « Que ce soit clair » peut s’écouter comme une chanson pop très bien construite, mais possède aussi l’énergie brute d’un morceau taillé pour les festivals électro. La montée progressive du rythme, les synthés pulsants et la voix qui surgit au bon moment donnent au titre une efficacité redoutable.

Le clip prolonge parfaitement cette rencontre artistique. Stylisé, immersif et presque futuriste, il plonge le spectateur dans un univers nocturne où la musique devient une architecture de lumière. On y retrouve la précision visuelle de Stromae et l’atmosphère hypnotique de la scène électronique berlinoise.

Au fond, cette collaboration rappelle que la pop et la techno ne sont pas des mondes opposés. Elles partagent la même obsession du rythme, de la répétition et de l’émotion immédiate. Stromae apporte sa science du refrain et du récit musical, tandis que Paul Kalkbrenner injecte une pulsation électronique irrésistible.

Avec « Que ce soit clair », les deux artistes prouvent qu’une chanson peut être à la fois exigeante et profondément dansante. Une rencontre musicale évidente, élégante, et surtout terriblement efficace.

https://youtu.be/YQM7DKi11ho?is=HPSmI6omk5YBaepp

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Derniers articles culture et société

Politik

La grande désillusion de Sarah Knafo aux municipales de Paris

Dès l’annonce de sa candidature en janvier 2026, Sarah Knafo promettait « une ville heureuse », slogan destiné à moderniser l’image d’un camp souvent perçu comme austère. Très présente dans les médias, elle a tenté d’incarner une nouvelle génération politique : jeune, médiatique, très active sur les réseaux, et déterminée à rompre avec la domination de la gauche sur la capitale. Pourtant, malgré cette visibilité, les sondages la situent loin derrière les principaux favoris, notamment Emmanuel Grégoire et Rachida Dati.

La première désillusion tient au poids sociologique de Paris. La capitale vote majoritairement pour des forces progressistes depuis plus de vingt ans. Dans une ville marquée par la gentrification, l’écologie urbaine et une forte population diplômée, les propositions de sécurité accrue, de retour de la voiture ou de libéralisation du logement ont du mal à convaincre un électorat très urbain et souvent hostile aux discours identitaires.

Deuxième obstacle, la fragmentation de la droite. Entre Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel, Thierry Mariani et Sarah Knafo, le camp conservateur arrive divisé. Cette dispersion réduit mécaniquement les chances de chacun d’atteindre le second tour. Knafo a bien tenté de se présenter comme « le vote utile » capable d’unir la droite parisienne, mais ses adversaires refusent toute alliance avec le parti d’Éric Zemmour, jugé trop radical.

Enfin, la candidate se heurte à une contradiction stratégique. Sa campagne cherche à lisser son image et à apparaître comme moderne et souriante, mais son ancrage politique reste associé à une droite très dure, parfois qualifiée de plus radicale encore que celle du Rassemblement national. Cette ambiguïté brouille son message : trop radicale pour certains électeurs de droite, pas assez crédible pour ceux qui cherchent une alternative gouvernementale.

Au fond, la « grande désillusion » de Sarah Knafo est peut-être celle d’une génération politique qui pensait conquérir Paris par la communication et la nouveauté. La capitale est une ville politique complexe, structurée par des équilibres anciens et une sociologie particulière. Elle ne se conquiert ni en quelques mois de campagne ni avec une stratégie médiatique brillante.

Reste que pour la jeune eurodéputée, l’objectif n’était peut-être pas uniquement l’Hôtel de Ville. Pour beaucoup d’observateurs, la bataille parisienne sert surtout de vitrine nationale : un banc d’essai pour préparer les échéances politiques à venir, notamment la présidentielle de 2027.

Paris ne sera peut-être pas son triomphe. Mais dans le théâtre politique français, même une défaite peut être une étape.

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People

Hommage à Bruno Salomone disparu bien trop tôt à 55 ans

Chez lui, tout semblait naturel : le décalage, la douceur, la fantaisie. Il avait ce mélange assez unique de drôlerie et de délicatesse, comme si l’humour était avant tout une manière élégante de regarder le monde.

Je garde de lui un souvenir très personnel. C’est Bruno qui, un jour, presque en passant, m’a appris que j’étais misophone. Ce trouble étrange qui fait que certains bruits, mastication, frottements, sons répétitifs, deviennent insupportables pour celui qui les perçoit. Là où d’autres auraient fait une blague lourde ou balayé la chose, lui avait posé des mots simples, presque bienveillants. Comme si comprendre les petites singularités des autres faisait naturellement partie de sa manière d’être.

C’était ça Bruno, un type attentif aux détails humains.

Le grand public l’avait découvert avec Nous C Nous, mais sa carrière avait largement dépassé ce cadre. Télévision, cinéma, doublage, comédie : il avait su traverser les années sans jamais devenir un simple produit de nostalgie. Toujours un pas de côté, toujours une façon à lui d’habiter les rôles.

Et surtout, ceux qui l’ont croisé disent souvent la même chose : un super mec. Pas une formule creuse. Juste quelqu’un de simple, curieux, drôle, qui ne jouait pas au personnage hors scène.

Il est parti beaucoup trop jeune, comme c’est trop souvent le cas pour les artistes qui comptent vraiment. Mais il laisse derrière lui ce qui reste quand tout le reste disparaît : des souvenirs, des répliques, des moments de rire, et cette sensation que certaines personnes améliorent légèrement le monde par leur seule présence.
Bruno Salomone faisait partie de ces gens-là.
Et ça, ça ne meurt pas vraiment.

Bruno Salomone était un comédien et humoriste français né le 13 juillet 1970 à Villeneuve-Saint-Georges. Il se fait connaître au début des années 1990 au sein du collectif humoristique Nous C Nous aux côtés notamment de Jean Dujardin. Son humour absurde et son sens du personnage lui ouvrent rapidement les portes de la télévision et du cinéma. Le grand public l’adopte notamment grâce à la série culte Caméra Café. Artiste discret et apprécié de ses pairs, il laisse l’image d’un comédien fin, drôle et profondément humain. Il est parti des suites d’une longue maladie, comme on dit.

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Politik

Oumarou Doucouré, l’homme qui peut ouvrir une nouvelle ère à La Courneuve

Ce qui frappe d’abord chez Oumarou Doucouré, c’est son ancrage. Il n’est pas un parachuté, ni un professionnel de la politique venu d’ailleurs. Il appartient à cette génération d’élus issus directement du territoire. Il connaît les rues, les quartiers, les associations, les écoles. Comme beaucoup d’habitants de La Courneuve, il a grandi dans un environnement marqué par les défis sociaux mais aussi par une énergie collective remarquable. Cette proximité avec la ville et ses habitants nourrit sa manière de faire de la politique : une politique de terrain, patiente, attentive, loin des postures et des effets de tribune.

Au fil des années, Doucouré s’est construit une réputation solide. Ceux qui le connaissent parlent d’un homme posé, méthodique, capable d’écouter longtemps avant de décider. Dans une époque où la politique se transforme souvent en spectacle permanent, ce style presque classique peut surprendre. Mais c’est précisément ce qui fait sa force. Il incarne une forme de sérieux municipal, un sens du travail et du service public qui rassure une partie de l’électorat.

Sa campagne municipale s’est construite autour d’une idée simple : améliorer concrètement la vie quotidienne. Derrière les slogans, il parle surtout d’écoles, de rénovation urbaine, d’emploi pour les jeunes, de soutien aux associations et de qualité de vie dans les quartiers. Pour lui, la politique municipale n’est pas un laboratoire idéologique mais un travail précis, presque artisanal, au service des habitants. Cette approche pragmatique explique en partie le succès rencontré lors du premier tour.

La campagne n’a pourtant pas été simple. La gauche locale, historiquement dominante à La Courneuve, s’est présentée divisée. Plusieurs candidats se disputaient le même espace politique et les échanges ont parfois été tendus. Dans ce contexte, Doucouré a choisi une stratégie relativement calme : parler aux habitants plutôt que répondre aux polémiques. Porte-à-porte, réunions publiques, présence constante sur le terrain : il a mené une campagne très directe, presque traditionnelle, qui a visiblement porté ses fruits.

Son avance au premier tour lui donne aujourd’hui une position centrale dans la bataille municipale. Mais au-delà du simple résultat électoral, son parcours raconte aussi quelque chose de l’évolution politique des villes populaires. Une nouvelle génération d’élus, issus des quartiers eux-mêmes, cherche à prendre le relais des anciennes figures de la gauche municipale. Doucouré appartient clairement à cette génération : celle qui veut conjuguer héritage social et renouvellement politique.

Pour beaucoup d’habitants de La Courneuve, cette élection ressemble à un moment charnière. La ville change, se transforme, se reconstruit. Les grands ensembles se rénovent, de nouveaux habitants arrivent, les attentes évoluent. Dans ce contexte, l’enjeu dépasse largement la simple gestion municipale : il s’agit de définir le visage de La Courneuve pour les années à venir.

Oumarou Doucouré semble avoir compris cette attente. Sans effets de manche, sans promesses démesurées, il propose une vision de la ville fondée sur la solidarité, la dignité et la confiance dans les habitants eux-mêmes. C’est peut-être cette simplicité, presque rare dans la politique contemporaine, qui explique son succès au premier tour.
Reste maintenant le second tour, toujours imprévisible dans les municipales.

Mais une chose est certaine, Oumarou Doucouré est aujourd’hui devenu l’un des visages majeurs de l’avenir politique de La Courneuve. Une figure de transition, mais peut-être aussi d’ambition, pour une ville qui cherche depuis longtemps à conjuguer justice sociale et renouveau urbain.

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People

Oussama Amar, mytho, malin… ou un peu des deux ?

Entre entrepreneur visionnaire pour les uns et conteur mythomane pour les autres, son parcours ressemble à un scénario de série sur la French Tech.

La naissance d’une star de la start-up

Né au Liban et grandi entre plusieurs pays avant d’arriver en France, Oussama Amar se forge très tôt une image d’enfant prodige de l’entrepreneuriat. Il raconte avoir créé une société de développement web à seulement 13 ans, profitant d’une législation plus permissive en Uruguay.

Dans les années 2010, il devient l’un des visages les plus visibles de l’écosystème des start-ups en France. En 2013, il cofonde l’incubateur The Family, qui ambitionne de créer une Silicon Valley européenne et d’accompagner des centaines de jeunes entreprises tech.

L’incubateur devient rapidement influent : conférences, formations, mentorat d’entrepreneurs. Amar y joue un rôle central, mélange de professeur iconoclaste, de stratège et de showman.

Le talent du récit

Oussama Amar est avant tout un narrateur. Ceux qui l’ont écouté en conférence parlent d’un orateur hypnotique, capable de raconter le monde des affaires comme une saga épique.

Mais ce talent pour la narration va aussi nourrir la polémique. Sur les réseaux sociaux et dans certaines interviews, il raconte des histoires spectaculaires, rencontres improbables, parties de poker avec des mafieux japonais, relations dans les cercles les plus puissants, qui suscitent autant de fascination que de scepticisme.

Ses détracteurs y voient un personnage qui enjolive la réalité. Ses admirateurs parlent plutôt d’un entrepreneur qui comprend que le storytelling est la matière première du business moderne.

Dans un monde où les start-ups vendent d’abord une vision avant un produit, la frontière entre récit et réalité devient parfois floue.

La chute

Le conte entrepreneurial bascule brutalement en 2021. Oussama Amar quitte The Family dans un climat explosif. Ses anciens associés l’accusent d’avoir détourné plusieurs millions d’euros appartenant à l’incubateur et à ses investisseurs.

Les procédures judiciaires s’enchaînent alors dans plusieurs pays. Une juridiction des îles Caïmans condamne Amar et certaines de ses sociétés à verser plus de 7 millions d’euros de dommages et intérêts à The Family.

En France, il fait également l’objet d’enquêtes pour fraude fiscale, abus de confiance et blanchiment, ouvertes notamment après des plaintes liées à l’affaire The Family.

En février 2025, il est même brièvement placé en garde à vue à son retour en France dans ce dossier.

Le retour permanent

Mais Amar est aussi un personnage qui refuse la disparition. Installé aujourd’hui entre Dubaï et l’univers du Web3 et des cryptomonnaies, il continue de publier, donner des conférences et vendre des formations sur l’entrepreneuriat.

Ses vidéos circulent beaucoup sur TikTok et YouTube. On y retrouve le même mélange d’intelligence stratégique, de provocations et de récits flamboyants.

Il cultive même son image de personnage controversé. Comme si la polémique faisait désormais partie du spectacle.

Mytho ou malin ?

La vérité est probablement moins simple que l’alternative.

Oussama Amar a incontestablement contribué à populariser l’entrepreneuriat dans la French Tech et a participé à l’accompagnement de nombreuses start-ups prometteuses. Mais son parcours est aussi jalonné d’affaires judiciaires, de récits contestés et de conflits spectaculaires.

Ce qui dérange peut-être le plus chez lui, c’est cette zone grise :
celle où le talent du conteur rencontre la brutalité du business.

Dans l’économie contemporaine, certains réussissent parce qu’ils inventent des produits.
D’autres parce qu’ils inventent des histoires.

Oussama Amar appartient peut-être à cette seconde catégorie.

Et dans le capitalisme du récit, cela peut suffire à bâtir un empire… ou à provoquer sa chute.

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Interviews

Interview de Valentine, à propos de "Les Moustaches de Valentine"

1. Bonjour Valentine. Je vous connais grâce à votre websérie J’veux un mec et pour votre spectacle sur Maurane, mais vous êtes aussi la maman de Moustaches…

Oui, c’est vrai que beaucoup de gens m’ont découverte avec mes spectacles, et surtout ma série J’veux un mec ou encore le show que j’ai consacré à Maurane. Mais aujourd’hui je suis aussi très liée à mon émission Les Moustaches de Valentine, qui est un projet très personnel, parce qu’il mélange deux choses qui me définissent : l’humour et l’amour des animaux.

2. Valentine, comment est née l’idée des Moustaches de Valentine ?

C’est la première interview qui mélange humour et amour des animaux avec des invités… de niche. Littéralement dans une niche. L’idée est simple : ici on traite les chiens comme des stars et les stars comme des chiens. Dans l’émission, on ne parle pas du palmarès, ni de la vie privée, ni de la politique des invités. Interdit de parler de soi sinon je sors la boîte à meuh. Pas de politique, pas de religion : que des poils et de la bave.

3. Quel est le principe de l’émission ?

On parle du lien entre un artiste et son animal. Les invités racontent leur histoire avec lui, participent à des jeux ou des quiz autour des animaux et, quand c’est possible, viennent avec leur compagnon. Dans l’émission il y des anecdotes, l’histoire du Maître et son chien, des jeux Quizz, des citations, de la culture et des sciences.
Pendant l’émission, l’artiste peintre Aude Réant réalise le portrait de l’animal et l’offre à l’invité à la fin.

4. Vous-même, vous vivez entourée d’animaux…

Oui, j’ai trois chiens dont un rottweiler TDAH, un chat et deux lapins. Je suis comédienne et dogsitter, et les animaux sont vraiment au centre de ma vie. Je vis avec une meute de chiens, et d’ailleurs je fréquente peu les humains, j’ai vraiment l’impression de vivre dans une niche c’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de l’émission. J’ai même une petite souris, Mireille, que je nourris de Faritas. Tous les soirs je lui balance une Faritas, elle adore ça. Ma coloc voulait la tuer, je lui ai dit que jamais de la vie, et tous les soirs je lui fais un petit bol de légumes, du pain et des Farinas. Ca fait hurler de rire tout le monde. J’ai eu jusqu’à 22 chiens...je connais donc très bien la psychologie canine.

5. Chantal Ladesou est la marraine de l’émission. Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Je l’ai connue avec ses deux labradors qu’elle adorait. C’est comme ça que notre relation a commencé. Aujourd’hui c’est ma plus fidèle amie dans le métier. Elle aime mon humour et elle connaît surtout ma dévotion pour les animaux.

6. Les tournages donnent parfois lieu à des situations imprévues…

Oui, par exemple pour l’épisode avec Mathias Malzieu du groupe Dionysos. Il ne pouvait pas venir avec son chat parce qu’il était malade. Du coup on a dû piquer un chat dehors pour l’émission. Et ce chat improvisé a été formidable : il a dormi sur le fauteuil pendant toute l’émission.

7. Quels animaux évoquez-vous dans l’émission ?

Tous. Bien sûr les chiens et les chats, mais on parle vraiment de tous les animaux, même des insectes. Moi j’ai d’ailleurs une petite fixette sur les punaises et les puces de mer.

8. Il y a aussi une dimension engagée dans l’émission…

Oui. À la fin de chaque épisode, il y a un moment plus émouvant où l’artiste présente une association qui sauve des chiens handicapés ou âgés. C’est important pour moi de donner de la visibilité à ces refuges et à ces animaux qui ont souvent moins de chances d’être adoptés.

9. Selon vous, Brigitte Bardot aurait-elle aimé votre émission ?

Oui, je pense. Parce que l’émission défend les animaux et donne la parole à ceux qui les protègent. Avec ce moment consacré aux associations qui sauvent des chiens handicapés ou âgés, je suis sûre que Bardot aurait aimé l’esprit de l’émission. Elle se serait même peut-être laissé pousser la moustache pour venir dans ma niche, j’en suis persuadée.

10. Finalement, quelle est la philosophie des Moustaches de Valentine ?

Faire rire, parler d’animaux et montrer ce lien incroyable qu’on peut avoir avec eux. Dans cette émission, les animaux sont les vraies stars.
Je me permets de dire une dernière chose, je suis la première à avoir mélangé l’humour et l’amour des animaux !!

www.lesmoustachesdevalentine.fr

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Politik

Affaire Quentin à Lyon : un mois après sa mort, les zones d’ombre d’un personnage que les hommages avaient sanctifié

Mais depuis quelques jours, plusieurs internautes et journalistes ont mis en lumière un autre aspect du personnage. Une analyse de ses anciens comptes et messages publiés sur différents réseaux sociaux révèle un contenu troublant : publications racistes, propos xénophobes, références explicites à l’imaginaire néonazi et partage de contenus issus de la sphère d’extrême droite radicale.

Ces éléments ne changent évidemment rien à une réalité fondamentale : personne ne mérite de mourir. La violence qui a conduit à la disparition de Quentin reste inacceptable et doit être jugée comme telle. La justice et le droit n’ont pas vocation à hiérarchiser les vies humaines en fonction des opinions.

Mais ces révélations posent une question importante : peut-on continuer à transformer automatiquement chaque victime en figure morale irréprochable ?
Car ce qui apparaît aujourd’hui, c’est le portrait d’un individu beaucoup plus complexe, et beaucoup moins consensuel, que celui qui avait été présenté dans les jours qui ont suivi sa mort.

Les captures d’écran qui circulent montrent des messages sans ambiguïté. Certains commentaires reprennent des codes visuels et des slogans associés aux milieux néonazis. D’autres publications véhiculent des stéréotypes racistes ou des attaques contre des minorités.
Dans le climat de tension politique et identitaire qui traverse l’Europe, ces signes ne sont pas anecdotiques. Ils témoignent d’une radicalisation culturelle qui touche une partie de la jeunesse et qui se diffuse largement via internet.
Cette situation crée un malaise rétrospectif autour des hommages officiels et médiatiques rendus à Quentin. Non pas parce que l’on devrait retirer toute compassion à un mort, mais parce que l’emballement émotionnel empêche souvent toute mise en perspective.
La société contemporaine fonctionne de plus en plus selon une logique binaire : victime ou coupable, ange ou démon, héros ou monstre. Dans ce système, la mort transforme instantanément les individus en figures intouchables.
Or la réalité humaine est rarement aussi simple.

Quentin était peut-être une victime d’un acte violent. Mais les traces qu’il laisse sur internet montrent aussi un jeune homme qui flirtait avec des idéologies haineuses. Les deux dimensions peuvent coexister. Elles doivent même être regardées ensemble si l’on veut comprendre la vérité d’un parcours.
C’est précisément ce que les emballements médiatiques empêchent souvent de faire.
Un mois après les faits, l’affaire Quentin rappelle ainsi une leçon simple mais essentielle : la compassion n’exige pas l’aveuglement.
Reconnaître la complexité d’une personne disparue n’enlève rien à la gravité de sa mort. Mais cela permet d’éviter la fabrication trop rapide de figures mythologiques qui finissent par brouiller la compréhension des événements.
Et c’est aussi une manière de rappeler que l’émotion collective ne devrait jamais remplacer l’analyse.

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