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Juliette Savaëte
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Dernier article : 10 septembre 2026
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Juliette Savaete née en 1975 est plasticienne et peintre neuro atypique diplômée des beaux arts de Paris et Camberra (Australie). Elle est également Art thérapeute. Elle vient de finir la rédaction de son premier livre autobiographique et Manifeste pour l’Art.
Sur Instagram : @juliettesavaete
Site officiel de Juliette Savaëte : www.juliettesavaete.fr
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À redécouvrir : Lettre à tout ceux qui n’ont jamais entendu mon silence
Articles de Juliette Savaëte
L’irréversibilité de la couleur.
« Une couleur ne modifie pas seulement ce que je vois. Elle transforme ce qui peut encore arriver. »
Une couleur est posée. À partir de quel instant le dessin ne peut-il plus revenir en arrière ?
Une couleur peut suffire à faire basculer un dessin.
Elle vient d’être posée et déjà (…)
L’empêchement.
« Ce qui ne circule pas finit par peser. »
La création peut-elle transformer ce qui ne disposait encore d’aucune voie pour se manifester ?
Créer n’est pas un choix pour moi.
Créer est une fonction vitale.
Lorsque je crée, quelque chose passe.
Lorsque je ne crée pas, quelque chose (…)
Mettre de côté.
« Ce qui échappe aux autres ne doit pas m’échapper. »
Finir ou mettre de côté : à partir de quel seuil une oeuvre peut-elle ne plus avoir besoin de celui ou celle qui la fait ?
Un dessin peut sembler terminé et ne pas l’être.
Je peux l’avoir quitté, avoir rangé les crayons, être (…)
Gravité.
« Le trait ne me retient pas. Il déplace l’endroit où je tombe. »
Où situer l’auteur d’un dessin lorsque l’expérience de créer rend impossible la distinction entre agir et être agi ?
Dessiner engage une forme d’équilibre.
Le corps trouve son appui, la main avance, et quelque chose (…)
Rendre l’air visible.
« Le fil ne remplit pas l’espace. Il révèle ce qui le traverse. »
Entre deux formes, qu’est-ce qui devient visible ?
Il y a un moment où le dessin change. Ce qui jusque-là avançait silencieusement commence à produire une autre sensation. La couleur n’est pas encore là, mais je sens (…)
La densité du blanc.
« Le dessin ne vient pas remplir le blanc. »
Que contient une feuille avant que j’y dépose le premier trait ?
Le blanc n’est pas vide. Je le sais maintenant.
Le vide est une invention de ceux qui regardent sans attendre.
Sous la blancheur, quelque chose respire déjà. Une présence (…)
Après la rupture.
« Une interruption ne coupe pas seulement le geste. Elle déplace l’endroit depuis lequel je crée. »
Une attention interrompue reprend-elle jamais exactement là où elle s’était arrêtée ?
Quand je dessine, il arrive un moment où le dehors s’éloigne. Il reste présent, mais sa présence (…)
Entre deux états.
« Rendre visible ne signifie pas expliquer. »
À quel moment une sensation devient-elle partageable sans cesser d’être intérieure ?
Il arrive que le dessin ouvre un passage avant même que je sache ce qui cherche à passer.
Le passage d’un monde invisible vers un monde visible, le passage (…)
L’organe provisoire.
« La pointe de l’outil déplace la limite du corps. »
Que devient le geste lorsque l’outil prolonge les capacités sensorielles du corps et que la feuille en recueille les effets ?
Je dessine en faisant varier la distance entre mon corps et la feuille.
Mon visage se rapproche jusqu’à ce (…)
Le chiffre exact.
« La minutie donne au temps une forme que l’horloge ne connaît pas. »
Face à un dessin dont la minutie rend le travail immédiatement perceptible, que peut réellement mesurer le nombre d’heures attribué à sa réalisation ?
On s’approche de la feuille.
Le regard suit les tracés, s’attarde (…)
Une arrivée provisoire.
« Le sommet ne termine rien. Il rend visible la suite. »
Que devient l’acte de dessiner lorsque sa durée ne conduit plus vers l’achèvement et transforme, dans un même mouvement, l’oeuvre et le regard ?
Je reviens devant le dessin.
De loin, son équilibre paraît tenir. En m’approchant, (…)
Presque rien.
« Il suffit parfois de presque rien pour déplacer un monde. »
Jusqu’où peut agir une modification presque imperceptible ? De quelle manière un trait, une épaisseur ou une couleur recompose-t-il les relations entre toutes les autres formes ?
Je change de crayon.
La mine est plus épaisse. (…)
Ce qui m’échappe.
« J’étais là. Mon corps aussi. »
Que se passe-t-il lorsque le corps est présent mais que l’attention est ailleurs ? Comment le dessin peut-il explorer cet écart entre ce qui a lieu et ce qui parvient jusqu’à nous ?
Une chose m’intrigue.
La douleur physique ne me parvient pas toujours au (…)
La distance se défait.
« Lorsque l’amour ne tient plus dans le regard, alors je dessine. »
Comment le dessin agit-il sur la distance entre ce qui regarde et ce qui est regardé ? Que devient cette séparation lorsque l’attention portée au monde passe du regard à la ligne, à la couleur et au geste ?
Je ne dessine (…)
Ce qui reste du passage.
« La trace reste. Ce qui l’a produite continue. »
Comment laisser une trace de ce qui passe sans chercher à l’arrêter ? Que peuvent le dessin et l’écriture lorsqu’il ne s’agit plus de retenir, mais de rendre visible ce qui est en mouvement ?
Les nuages traversent le ciel à toute vitesse. (…)
Veiller.
« Tout est déjà en train de partir, tout est encore là. »
Comment le dessin peut-il rester auprès de ce qui disparaît sans chercher à le retenir ? Que devient le geste de dessiner lorsqu’il ne cherche plus à saisir le vivant, mais à veiller sa présence pendant qu’elle se transforme ?
Le (…)
Rien à devenir.
« Pour devenir, il faut un après. »
Que devient le geste lorsque le futur cesse d’orienter le présent ? Comment le dessin peut-il faire apparaître un état où il n’y a plus rien à atteindre, ni aucune forme de soi à rejoindre ?
Une présence, un regard, une main, un souffle. Rien de plus, (…)
L’endroit de l’effort.
« Ce qui m’est le plus naturel est aussi ce que je sais le mieux faire. »
Que révèle le dessin lorsque la maîtrise ne se mesure plus à l’effort qu’elle demande ? Comment rendre perceptible, dans le geste, l’écart entre ce qui exige de s’adapter et ce qui advient sans avoir à le faire ?
Je (…)
Pleine du monde.
« La distance aussi peut être un lieu. »
Comment une position de distance face au monde social peut-elle devenir, dans le dessin, une attention à l’infra-mince ? Que devient, par la ligne, le rythme ou la couleur, ce qui est perçu au seuil de l’apparition ou de la disparition ?
Il existe (…)
Changer d’état.
« Rien ne m’arrive à moitié. » Que devient, dans le dessin, une intensité lorsqu’elle passe de la sensation à la ligne, au rythme ou à la couleur ? Comment observer plastiquement ces changements d’état sans chercher à diminuer ce qui les provoque ?
On parle (…)
