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Juliette Savaëte
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Dernier article : 10 septembre 2026
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Juliette Savaete née en 1975 est plasticienne et peintre neuro atypique diplômée des beaux arts de Paris et Camberra (Australie). Elle est également Art thérapeute. Elle vient de finir la rédaction de son premier livre autobiographique et Manifeste pour l’Art.
Sur Instagram : @juliettesavaete
Site officiel de Juliette Savaëte : www.juliettesavaete.fr
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« Douceur de la musculation pour les artistes, les queers, les femmes, les inadaptées, les vieux, les handicapés, les neuro-atypiques, les parents, les pauvres, les non-conformes, les dégoûtés du sport. » Martin Page
Un pelliculage caressant et luxueux, qui protège contre les rayures et les ultraviolets, les blessures et les calamités, l’objet est doux, soyeux, (…)
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Ecrire, pour moi, c’est comme « naître » mais en décalé. C’est rose clair, doux et chaud. Ça sent le frais, je m’y sens bien comme dans une pièce (…)
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Synesthésie, Asperger, HPI : plongée dans un cerveau où les mots deviennent couleurs, sons et sensations
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Le plus récent : La cérémonie des sens.
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À redécouvrir : Lettre à tout ceux qui n’ont jamais entendu mon silence
Articles de Juliette Savaëte
Sous la seconde peau.
« Certaines choses collent si longtemps à nous qu’elles finissent par avoir nos contours. »
Je me demande parfois combien de ce que nous appelons « moi » nous appartient réellement. Nous sommes faits de transmissions, de gestes observés, de phrases reçues, mais aussi de choses déposées en (…)
Même immobile
« Je ne sais pas exactement à quel moment je commence à créer. »
Il existe des activités dont personne ne peut voir le commencement. Une pensée peut se déplacer longtemps avant de rencontrer sa forme, une intuition attendre des mois avant de devenir lisible. J’aime cette zone où rien n’est (…)
L’épaisseur d’une feuille.
« Je ne peux pas regarder les deux côtés en même temps. »
Je suis troublée par tout ce qui peut exister très près de nous sans entrer dans notre champ. Nous associons facilement l’invisible à ce qui serait lointain, enfoui ou inaccessible. Pourtant, il suffit parfois de presque rien pour (…)
Sans refermer.
« Je dessine aussi pour ne pas répondre trop vite. »
Je suis souvent attirée par ce qui ne se laisse pas saisir entièrement. Non parce que j’aime l’indécision, mais parce que certaines choses deviennent plus pauvres dès qu’on les enferme dans une explication. J’apprends à laisser une place à (…)
Ce qui reposait dessus.
« Ce n’est pas toujours ce qui bouge qui nous bouleverse, mais ce que nous avions confié à sa stabilité. »
Nous ne donnons pas tous le même poids aux choses. Ce qui paraît secondaire à l’un peut être devenu, pour l’autre, un point d’appui essentiel. Je découvre combien nos réactions dépendent (…)
La forme du temps.
« Une heure peut disparaître de l’agenda et rester encore un moment à sa place en moi. »
Je ne vis pas le temps comme une suite de moments indépendants. Une journée possède pour moi des distances, des passages, des espaces plus ou moins ouverts. Prévoir me permet de construire cette (…)
Toute entière vers ce qui apparaît.
« Il existe une fatigue particulière à devoir se regarder pendant qu’on regarde le monde. »
Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi certaines situations me demandent autant d’énergie. Mon attention n’y est jamais entièrement disponible : une partie reste occupée à mesurer ma présence, mes (…)
Les dessins savaient.
« Ils me regardaient. Il aurait peut-être fallu regarder aussi ce que je regardais. »
Retrouver mes dessins d’enfant ne m’apprend pas qui j’étais. Cela me permet de mesurer ce qui a continué. Malgré les années et tout ce qui a changé, je reconnais une façon de donner de l’importance à (…)
La musique ne baisse pas.
« Je ne cherche pas quelqu’un qui entende la même musique. Je cherche un endroit où je n’aurai pas à la faire taire. »
Certaines choses m’atteignent avec une intensité difficile à partager. Un regard peut produire en moi une sensation de verre brisé ; une présence peut ouvrir un espace (…)
Là où nos regards diffèrent.
« Nous pouvons être très proches sans que le monde prenne exactement la même forme en nous. »
Il existe pour moi une solitude qui n’est pas affective. Elle apparaît lorsque je mesure que, même très proche de quelqu’un, je ne saurai jamais exactement ce que le monde devient en lui. Les mots (…)
Ce que les choses se font.
« Je ne regarde jamais seulement les choses. Je regarde ce qui se passe entre elles. »
Les intentions, les silences, les émotions ou les mots peuvent m’apparaître comme des matières, des couleurs, des densités. Je ne choisis pas ces correspondances : elles appartiennent à ma manière de (…)
La terre qui convient
« Ce qui devient une faiblesse dans un milieu peut devenir une force dans un autre. »
Je peux me sentir en décalage dans certains environnements, comme si mes réflexes perceptifs n’y trouvaient pas les conditions nécessaires pour fonctionner sans effort. Les incohérences, les règles (…)
Rien n’attend son tour.
« Je pense comme on entend plusieurs musiques superposées dans une seule note. »
Je perçois souvent plusieurs couches d’une même réalité au même instant. Une idée, une contradiction, une sensation, un détail peuvent être présents ensemble sans s’annuler. Dans la parole, il faut avancer un mot (…)
Le poids de l’invisible.
« Mon corps finit par porter ce qui, ailleurs, semble ne rien peser. »
Certaines choses ont pour moi un poids immense alors qu’elles semblent presque légères pour les autres. L’honnêteté, la profondeur, la précision émotionnelle, les détails invisibles s’inscrivent jusque dans mon corps. Dans (…)
La justesse du trait.
« Une ligne peut être belle et ne pas être juste. »
Je ressens les mots, les idées et les gestes avec leur couleur, leur poids, leur densité. Lorsqu’une parole ne correspond pas à un acte, quelque chose en moi perçoit immédiatement l’écart. Je retrouve cette même exigence dans le dessin. Une (…)
Avant mon nom.
« Avant de savoir écrire mon nom, j’avais une forme pour dire que j’étais là. »
À la maternelle, je ne savais pas encore écrire mon prénom. Une forme me représentait. Je la dessine toujours aujourd’hui. Elle est devenue le point de départ de mes dessins : je la répète, je la décale, je la (…)
La place exacte.
« Je croyais préparer. Quelque chose avait déjà commencé. »
Je peux passer des heures à choisir des crayons, toucher des papiers, rapprocher des couleurs, chercher la place exacte d’une nuance. Ce temps fait déjà partie du travail. En mettant de l’ordre autour de moi, quelque chose s’organise (…)
Une maison de secours.
« Comme si chaque crayon pouvait un jour sauver ma pensée. »
Je garde autour de moi des crayons, des feutres et des carnets. Les autres y voient une collection ; pour moi, ils sont une réserve de possibles. Chaque couleur possède une température, une voix, une manière de faire passer la (…)
Quand la langue change de forme.
« Quand les mots font trop de bruit, ils se transforment en lignes. »
Écrire et dessiner sont pour moi deux passages entre lesquels je circule. Une phrase peut avoir une couleur ou une matière avant même d’avoir un sens. Quand les mots deviennent trop étroits, ils se transforment en lignes ; (…)
De l’air entre les lignes.
« Je ne sais pas si je donne de l’air au dessin ou si c’est lui qui m’en rend. »
Mon esprit cherche les endroits où les choses se répondent. Tant qu’il cherche, quelque chose en moi reste en suspens. Lorsque je dessine, je déplace une ligne, une couleur, j’ouvre un vide jusqu’à ce que la (…)
