Interview : Devendra Banhart
Attention, discuter avec Devendra Banhart est un exercice de style. A n’y rien comprendre. La partager avec vous est une grande expérience. Attention n’ayant rien rectifié à sa façon de répondre, certaines phrases peuvent paraître illuminées d’un génie abstractif. Maintes fois revenez sur ses réponses pour essayer de tisser une broderie aux motifs concrets. Mais rien n’y fera, vous penserez tenir le fil conducteur mais les sujets resteront dans le vague et le flou artistique le plus complet. Sa musique est explicite mais ses propos partent dans tous les sens et sont parfois à décoder au 200ème degré.
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Chanteur folk au timbre si particulier, guitariste à l’univers hors du commun, cet homme vit son existence comme lorsqu’ il le chante : tout en douceur, bien au-dessus de l’attraction terrestre. Le voir en concert est un procédé tout aussi enrichissant que de l’écouter parler... ou de le lire sur LE MAGUE.
1. Vous êtes un grand voyageur, est ce dans ces voyages que vous trouvez
l’inspiration ?
Non je m’évade pour trouver ma maison, sauf que parfois je suis pris au piège par les voyages qui deviennent interminables et tout se fond dans un même mouvement merveilleux.
2. Pourquoi ce titre ‘NinoRojo’ pour votre nouvel album ?
SOLEIL ROUGE ou FILS (RED SUN or SON), c est pourquoi le titre est en espagnol, pour ne pas avoir à choisir entre le U ou le O.
3. La pochette est marqué d’un signe qu’on retrouve sur votre main, quel est sa
signification ?
C est venu d une vision, après avoir lu Lame Deer Seeker.
4. Vous avez sortis 4 albums en 2 ans comment faites vous pour être aussi
prolifique ?
Je n’ai aucune excuse, désolé !
5. Votre album est intemporel ?
je n’ai pas de notions de temps, je pense que c est moins éternel et plus discordant
6. Vos chansons sont hantés par un esprit particulier ? lequel et comment le
qualifieriez vous ?
Le sentiment d’oranges et de verre, de sculpture sur glace et le sentiment d’herbe avec la foules qui la piétine et enfin une sensation de sandales et bacon !
7. Qu’est ce qui change de cet album du précédent ?
L’un est la génitrice et l’autre est le fils. Ils ont donc chanté avec ces deux perspectives. Le fils liant est la dernière chanson réjouissante, c est la mère enceinte se chantant la naissance de son fils et puis, eh maman, le fils est né !
8. La simplicité de vos chansons passe t’elle par leurs durées très courtes ?
Elles SONT simples, strictement par essence, pas de complications ou d’excellence, juste l’essence.
9. Vous demandez à vos amis de venir collaborer avec vous sur certains titres ?
VETIVER m’a aidé le plus , on a écrit beaucoup et on a fait beaucoup de mélodies ensemble. Et puis m’ont aidé Joanna Newsorn et Little Wings et toute ma famille de potes
10 . Certains titres pourraient faire figure de balade blues ?
J’écoute The goods cats, Charlie patton, Sun House, John Hurt mais je n’ai jamais essayé de les imiter, donc ......
11. Jouer dans des églises ou des galeries d’art change beaucoup votre manière
d’interpréter vos chansons ?
Oui, quand je suis seul, cela m apporte des vibrations bien plus belles et agréables. Quand je joue en club, j’aime joué avec un orchestre et dansé et regardé !
12. On dit que vous aimeriez sortir un disque de reggae ? Pour vous c’est le
genre musical parfait ?
Non, c est la forme représentative de musique folk par excellence. Mais parfois je me dit que je vais rapidement finir ma carrière et faire un album de rock !
13. Que pensez-vous de ‘Coco-Rosie’ le groupe de Bianca votre épouse ?
Je les ADORE . Je les ai connu il y a 13 ans et je n’avais aucune idée qu’ils faisaient de la musique jusqu’à ce qu’ils me donnent leur album touch and go et je me suis senti plus grave, plus touché.
14. ‘Oh Me, Oh My’ doit il beaucoup à Paris ?
Oui et beaucoup d’autres chansons enregistrées dans cette merveilleuse ville .
15. Pourquoi chercher à enregistrer vos albums chez vous plutôt que dans un
studio ?
J’aime garder tous les sons, même les sons extérieurs, l’alchimie du processus d’enregistrement d’un album doit être en harmonie avec le moment.
16. Vous avez étudié à l’Art Institute de San-Fransisco ?
Oui, tous les arts. Tous SAUF la musique bien sur, j’ai eu une scolarité payée et je me serais juste fait la belle si j’avais continué, alors un jour j’ai cessé d’y aller.
17. N’aviez-vous pas peur de tuer votre inspiration en apprenant des techniques
universitaires ?
Non, mais ça a eu lieu, J’ai su cela quand ils m ont demandé de ne pas dessiner des mains et des punaises de façon trop abstractive
18. Avez-vous travaillée votre voix particulièrement ?
Dans la salle de bain, avec un peigne et les vêtements de ma mère.
19. Parfois elle me fait penser à un chanteur d’opéra qui interpréterait «
l’opéra de quat’sous »de Kurt Weill ?
Merci
20. Que pensez-vous du Texas, votre région d’origine ?
Enorme barbecue et gens sympa, superbes rivières, terreau de musique
21. Par qui vous a été inoculé le virus de la chanson folk ?
Led Zepellin.
22. L’étiquette de Nick Drake qu’on voudrait vous voir porter, ne vous gratte
t’elle pas dans le dos ?
Seuls les idiots prendraient de la merde dans le poulailler.
