ERNEST ET REBECCA : Vacances et petits cailloux

ERNEST ET REBECCA : Vacances et petits cailloux

Les vacances ! Voir du paysage ! De l’eau ! Des tas de potes nouveaux à se faire ! Le voyage peut être long en voiture, mais à l’arrivée c’est tout un tas de surprises, et de découvertes qui attendent la petite Rebecca ! Quelques microbes, des crustacés, du poisson, et crises de larmes au rendez vous de ces vacances. Quand on oublie son super microbe, on finit par s’en séparer …et la séparation est une partie de la carte postale.

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CE SONT LES VACANCES ! Rebecca vient d’en profiter déjà une bonne partie, elle les a débuté avec sa maman, et part avec en souvenir son club secret : les TrioPotes ! Séparation des parents, partage de l’été, son papa a prévu un long trajet jusqu’à un fabuleux endroit, au bord de l’eau., magique, ou la fillette de six ans et demie sera la Princesse du pays des cailloux qui marchent !
Des cailloux, ils seront semés tout au long du trajet , pour un dernier bout de séjour pour Rebecca et sa sœur aînée Coralie, qui mettent en concurrence leurs papa avec le fameux « Sam », avec qui la maman est en couple.
Un ami ne semble pas manquer à Rebecca : son super copain imaginaire (l faut être un enfant pour le voir) : Ernest le microbe aux pouvoirs illimités, laissé à l’abandon sous le lit, dans la chambre. D’autres microbes tentent l’incrustation, ceux qui apparaissent suite à mal au cœur à l’arrière de la voiture, après un premier arrêt : le microbe du vomi ! Il nargue, il essaye d’apporter un maximum de haut le cœur à Rebecca. Vomir une fois, c’est insuffisant !

Coralie fait un détour par la gare, les vacances loin de son amoureux Freddy, c’est impossible, surtout le réseau qui ne risque de pas passer... mais ce qui ne passera pas, c’est que son rêve de trouver l’homme de son cœur, ne risque pas d’être aussi prémonitoire ! Quant à la vengeance, la baffe pourrait n’avoir aucun effet retour.

Retour au pays des cailloux, Rebecca en est officiellement la reine, et découvre les joies de la plongée sous-marine, l’ apprentissage du masque et du tuba, avoir un nouveau copain : Rodrigue spécialiste de la pêche, dont une tenue au secret ! Mais une chose est sure, il ne semble pas apprécier le bisou d’une fille. Mais Rebecca a un coup de blues, critique son petit monde ; Ernest lui manque. Pourtant le Super Microbe du rhume a su traverser et nager, et se rouler dans les branches pour retrouver sa meilleure amie au monde. Les bêtises vont reprendre ?! Les pleurs vont envahir les yeux de Rebecca.

Les vacances éloignent de tout : des parents séparés, d’un meilleur copain d’enfance, comme une subite impression que la petite fille de 6 ans et demie , comme Rebecca, perd cette folie, cette joie d’imaginer tout un tas de bizarreries dans ses grands yeux : les microbes du vomi à Ernest, elle n’en veut plus :elle préfère son club secret le « Triopotes », ou encore la pêche avec Rodrigue, même si encore son papa lui redonne goût à ce petit grain d’imagination entre une imitation de robot, ou la proclamer reine des cailloux qui marchent. Dans ses pleurs, Rebecca va même émettre le vœux de grandir. Adieu le microbe, elle préfère son chien Missile. Et dans ses derniers dessins de vacances, Ernest ne s’y trouve pas.
Dur tournant pour cette jeunesse remplie d’innocence, de croire à tout un monde avec des yeux écarquillés. Voir tout ce que les adultes ne voient pas, comme la fée clochette et Peter Pan en plein Londres, avec Wendy qui préfère grandir, rassurant ses frères d’en faire autant.
Guillaume Bianco est pourtant un grand enfant encore à travers ses propres albums, avec Billy Brouillard (Soleil-collection Métamorphose) qui lui aussi va devoir grandir…( attention, dans le prochain tome, il se murmure que Billy va retrouver sa sirène .. ) mais il sait aussi reprendre le dessus du fantastique et du merveilleux dans l’esprit d’une comptine sur le scénario de ECO (avec Almanza / Soleil-collection Métamorphose). Grandir fait changer l’esprit, la vision de ce qui nous entoure. L’enfance s’efface, 6 ans et demie, c’est déjà être grand. Les amis ne sont plus si imaginaire que cela. Ils sont dans les lieux où on se rend en vacances, ou à l’école, la présence d’un chien. La séparation des parents peut avoir un rôle touchant, une mère qui reste terre à terre, le papa croit encore pouvoir étonner sa fille en étant un robot, ou lui trouver un royaume magique où Rebecca en sera la princesse. Nous allons y croire à ce retour d’innocence , en tout cas, c’est qui semble pouvoir s’amorcer pour le prochain tome : « L’école des bêtises ». L’humour, le vocabulaire et l’expression enfantine ne quittent pas encore les personnages, et restent essentiel à l’esprit jeunesse de ce livre.

le blog de Guillaume Bianco

La magie du dessin est tenue secrète, comme la pêche de Rodrigue, par un italien de talent : Antonello Dalena. Après s’être attachés à des personnages de légendes de chez Disney, au fil des albums parus ( il a participé à Monster Allergy), se libère et s’applique à se détourner de ce style « Disney », pour un dessin plus libre, sans charge sur les personnages, sans obligations de tenue de ligne, sans forcer, dans un encrage très fin, il joue avec les émtions sur les visages, dans une forme de petite caricature : l’exagération d’un regard en larme, d’un sourire, d’une langue pendue, d’une ouverture de bouche. Rebecca évolue dans de drôle de positions de la voiture à son lit douillet, une souplesse incroyable du trait qui s’appliquent ainsi à la majorité des personnages, surtout pour les moins de 7 ans d’esprit.

Le blog d’Antonello Dalena

À souligner pour garder cette trace enfantine, les couleurs de Cecilia Giumento. La coloriste italienne, donne le ton des vacances : la lumière du soleil sur un paysage, un fond marin, un embouteillage de voiture, donne au dessin l’envie de se plonger droit dans cet esprit de ces deux mois de chaleur, sur un aspect aquarelle pour mieux apprécier l’eau qui peut nous désaltérer. De belle touches simples, entre pinceau de main ou numérique pour rehausser un brin le relief de ces scènes estivales.

Ernest et Rebecca ne sont peut-être pas séparé pour longtemps ! À 6 ans et demie, donnons à nos enfants l’envie de croire encore à l’amour, à l’amitié, même avec de l’imagination, qu’ils soit Prince ou Princesse, Pirate, ou pêcheur secret, les vacances, comme le reste de l’année doit laisser place à tout ce monde là ! Lisez ce quatrième tome, parents et enfants ! Il reste encore quelques jours pour profiter des derniers instants de l’été, la rentrée en sera encore plus remplie en souvenirs, et après place à la bêtise !

Ps : un virus du rhume ne s’attrape pas comme ça, il faut lire TOUT les tomes de Ernest et Rebecca ! Au festival International d’Angoulême, il y a eu 3 nominations déjà ! C’est dire la qualité du microbe !

ERNEST ET REBECCA (tome 4) : le pays des cailloux qui marchent / Guillaume BIANCO (scénario) & Antonello DALENA (dessin) , Cecilia GIUMENTO (couleur) / Le Lombard

le 20/08/2012
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