Jimmy est un vague trentenaire, un type sans age qui a cessé de se débattre dans sa solitude, et qui vit en attendant mieux, entre collègues indifférents et l’obstination de sa mère à lui téléphoner trente fois par jour. Pourtant, lorsque son père, qui l’a abandonné, lui envoie un billet d’avion, histoire de se rencontrer, la vie de Jimmy bascule. A travers son géniteur inconnu, le jeune homme va se redécouvrir, dans tout son mal-être et son inutilité. Et à travers les destins croisés du père et du grand-père Corrigan, le dessinateur Chris Ware entame une impressionnante réflexion sur le thème de l’abandon, sujet qu’il connaît bien pour l’avoir subi.
Enorme succès outre-atlantique, Jimmy Corrigan est présenté dans une édition conforme à l’originale américaine, préparée avec un soin maladif par l’auteur, stakhanoviste du détail. En résulte un ouvrage extrêmement soigné, tout aussi racé que le propos est sensible et intelligent. De quoi combler amateurs confirmés ou occasionnels de bande dessinée, de littérature et de belles histoires en règle générale.
Ca fait déjà un souci en moins pour Noël.
