CHRONIQUES DE LEGION : le sang révèle, le sang coule encore.

CHRONIQUES DE LEGION : le sang révèle, le sang coule encore.

Vlad Dracula et son frère Radu traversent les siècles pour retrouver un nouveau corps, et étendre leur irrésistible quête de pouvoir et de territoire. Second passage, à travers trois personnages sur les périodes des plus dure : guerre, famine, conditions sociales dégradées … Du Nouveau Monde à la Russie, jusqu’à Londres, les siècles de sang ont inscrit la marque du légendaire vampire. Boire le sang...y découvrir l’étendu de son pouvoir.

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De Londres jusqu’en Russie, l’étendue des siècles profite à la vie de Dracula, à travers différents corps. Depuis la perte de son Empire, sa vengeance est des plus sanglantes, cruelles, par le sang, il se glisse d’un corps à l’autre, il ne les choisit pas par hasard. Il prend la jeunesse, la beauté, la robustesse, le combattant, pour profiter jusqu’à la fin de vie du corps emprunté, pour retrouver une soif de conquête à travers le monde.

1885, Londres. Dans le précédent tome, Victor Thorpe, jeune avocat, endetté, joueur invétéré de poker. Sa fiancée est malade, et ne peut payer le moindre médicament, même le médecin. Un notaire le retrouve après une longue filature, il se voit convoqué dans l’immense manoir de Lord Cavendish, sans en connaître le but précis. Arrivé dans la chambre du légataire, depuis son lit cerclé de rideaux à peine entre-ouverts, une coupe rempli de sang, l’éternité au bout ! Ambiance plus sombre pour cette seconde partie Londonienne. Le sang commence à couler, tel un signe distinctif. Tout prend feu. Le mal se repend dans Londres.

1531, dans le nouveau monde, Amérique du sud. Dracula fait couler son sang dans le corps de Dona Gabriella, fille d’un grand ponte riche d’Espagne, reconnu dans l’armée. Elle est amoureuse d’un conquistador, Martin, un homme peu fréquentable, il est à moitié espagnol de sang par son père, Herman Torres qu’elle doit épouser et donner un héritier, mâle bien sur. Mais l’amour semble la frapper et agir sur le comportement de Vlad à travers le corps de Dona Gabriella. Dans une tuerie suite à une embuscade par des indiens, le fils est blessé , le sang de Radu le frère de Vlad est là...coule... la mort se relève toujours.

1812, Russie. Le capitaine Armand Malachie a abandonné l’armée de Napoléon pour une quête, celle du trésor de Vlad Tépès. Le mercenaire aime le sang, ses hommes aussi, une troupe de cosaques d’abord en fond les frais, puis un couple de berger... et là tout tourne au drame. La mort et l’usure d’un corps dans la neige, abandonné par une troupe de soldats. Le besoin d’un autre corps se fait désormais sentir.

Le second livre poursuit la quête du sang, comment il se transmet d’un corps à l’autre, par sorcellerie, une ambiance sombre, de feu, de manipulation , de tuerie par soif de cette coulée rouge. L’esprit de Vlad devient à la fois haine, mépris à Londres, à travers le corps et la vie de Victor Thrope, la fiancée de ce dernier va en souffrir. Mais il peut tourner à l’amour, là où il ne s’y attend pas, avec son incarnation de Dona Gabriella, le doux caractère de la femme lui fait tourner la tête, presque amoureuse de Martin, conquistador valeureux, mais fils d’un homme à qui elle est promise. La sorcellerie par le sang pourrait bien la détourner de cet amour naissant. La terre nouvelle cache bien plus que des sauvages. En Russie, le sang abreuve et apaise les soldats de Napoléon et leur capitaine Armand Malachie, dont le corps va se retrouver user, rien aux alentours.

Fabien Nury ouvre le scénario sur le côté le plus sanguinaire, avec des effets de sorcellerie, la magie noire. Comment Vlad choisit ses corps à travers ces quatre siècles différents. La jeunesse et la force d’un corps, voilà ce qui intéresse Vlad Tépès, et peut importe les lieux, les pays, il étend son empire.
Nury pose une faiblesse à ce terrible personnage, à travers Gabriella, comme si il pouvait parfois perdre le contrôle d’un corps, mais le sang et le pouvoir reprennent le dessus. Thorpe et Malachie prennent plus une tournure sombre , l’instinct meurtrier, le plaisir de faire souffrir, sans regret, sans tourner le dos et s’émouvoir. Le capitaine de l’armée de Napoléon va subir une usure, alors que le corps de Cabendish se meurt, brûle, et Vlad est le jeune avocat pour étendre son pouvoir.

Tirso, dessinateur espagnol, reprend le dessin sur la période Londonienne. Il rend l’ambiance spectaculaire, des vues en plongée, on suit le parcours de Thorpe dans les différentes pièces du manoir, déambulant avec peur et curiosité dans le regard jusqu’à la chambre où tout bouscule, avec cette planche sur la coupe de sang renversée, où se forme le signe du tyran Vlad Tépès.

Mario Alberti, l’originaire de Trieste en Italie, donne son dessin très proche de l’école « américaine », avec son expérience à la DC Comics entre autre, poursuit la américaine du sud, Gabriella et Martin, donne du mouvement dans un trait épais, où le noir prend le dessus dans l’encrage. Il donne de la profondeur sombre à ses personnages, la douceur fait place à l’inévitable, là où le scénario mène cette période des conquistadors : agir dans le sang et la violence.

Zhang Xiaoyu continue son dessin hachuré sur les contours, des traces de plume sur les protagonistes pour donner un relief, marquer une fatigue, une vieillesse, une usure du temps... des plans plus porté sur des regards, un visage hurlant la douleur au moment d’une mise à mort. Le capitaine Malachie se dégrade dans son aspect physique : usé par le voyage, par une balle reçue.. s’abandonnant dans la neige. C’est le dessin d’un corps qui a fini son temps.

L’ achronologie marque les trois chroniques de Vlad, le lien entre les histoires se retrouve dans les saisons, : d’un feu incendiaire dans un manoir à Londres, à un temps lourd dans la jungle d’ Amérique du Sud, le feu de cheminée et le froid et la neige de la Russie, pour finir sur la capitale anglaise avec une pluie torrentielle. Une liaison entre les éléments d’air, terre et feu, et eau pour rassembler les incarnations du sanguinaire Vlad Tepes et son frère Radu.

Second livre, second passage dans les incarnations de Vlad Dracula, de nouvelles avancées pour les trois personnages, appuyant plus la période de Gabriella, où la transmission du pouvoir se dévoile à travers le mariage pour un empire dans cette Amérique du sud, tout juste envahit par les espagnols, avec ses aspects de sorcellerie, de morts vivants, dans une jungle plongée dans la pénombre. Le découpage des actions donnent l’envie de découvrir encore plus, jusqu’où un tel personnage avide de sang, de territoire à conquérir, de corps à investir, suffisamment jeunes et robustes... et pourra-t-il en garder le contrôle, car sur Gabriella, les sentiments humains
Les Chroniques de Légion marquent l’héritage, le choix de répandre l’incarnation et l’héritage à travers le sang. Ouvrez ce livre second, pour vous lier encore plus avec le terrible Vlad !

CHRONIQUES DE LEGION : Livre II / Nury (scénario) et Alberti (Amérique du Sud),Tirso et Javier Martin (coloriste) (Londres), Zhang Xiaoyu (Russie) (dessinateurs) / Glénat.

le 09/11/2011
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