Le blocus illégal de Gaza s’étend jusqu’en Grèce
On peut dire que Papandréou rime bien avec Netanyahu. Jeudi, Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien, félicitait son homologue et « ami » grec Georges Papandréou qui fait tout pour entraver la Flottille de la Liberté. Hier, les autorités grecques ont montré la valeur de cette belle amitié en stoppant le Audacity of Hope, navire pacifiste américain qui tentait de prendre le large. Le blocus de Gaza s’étend-il à présent jusqu’en Grèce ?
Après plusieurs jours d’impatience, de rumeurs, de coups bas, et d’entraves administratives visant la Flottille de la Liberté, une agitation était hier perceptible autour du Audacity of Hope, un navire militant américain qui tire son nom d’un livre du candidat Barack Obama qui voulait redonner l’audace d’espérer...
Via Facebook, nous avons pu suivre le départ du bateau en direct peu avant 17 heures. Ne voyant pas de mouvement chez les garde-côtes, les pacifistes américains crurent un instant que leur audace serait payante. L’euphorie fut courte. Les négociations avec les garde-côtes arrivés finalement à bord ont tourné court. Le capitaine tenta d’expliquer qu’il voulait protéger son bateau suite aux sabotages du Juliano (nom d’un activiste israélien assassiné à Gaza en avril) et du Saoirse (Liberté en gaélique) par les services israéliens. Dialogue de sourds. Retour à la case après quelques petites heures de mer...
« Depuis, le navire espagnol est sous la haute surveillance des commandos, constatait en soirée Jean-Paul Lecoq, député-maire communiste présent sur le Louise-Michel. Même chose pour le cargo grec. Pour la première fois, la police surveille le Louise-Michel. Le fuel n’arrive pas et les papiers du bateau n’ont pas été rendus par les autorités portuaires. Le gouvernement grec est le bras opérationnel de la volonté du gouvernement israélien. Ce qui est scandaleux alors que tous les gouvernements européens s’accordent à déclarer le blocus de Gaza illégal, inhumain et devant cesser au plus vite. Ils sont complices de la politique d’Israël. » Faisant référence à la délégation qui s’est cassée le nez sur les CRS de l’ambassade de France, le député-maire reprend. « Le fossé se creuse entre les choix politiques du gouvernement Sarkozy et la volonté du peuple français. Il y a urgence à rompre le blocus de Gaza. »
Pour dénoncer les événements de la journée, le collectif Un Bateau français pour Gaza a publié un communiqué le 1er juillet. « Le gouvernement grec vient d’annoncer qu’ « aucun bateau ne partira d’un port grec vers Gaza ». La campagne Un bateau français pour Gaza dénonce cette décision et appelle à une mobilisation de toutes celles et ceux qui soutiennent la flottille. Nous partirons quels que soient les obstacles. La Grèce a donc cédé aux pressions israéliennes. Benjamin Netanyahou a remercié hier le premier ministre grec Georges Papandréou ainsi que « tous les responsables politiques du monde d’avoir récemment pris position en paroles et en actes contre cette flottille qui était une provocation ». La Grèce se rend ainsi complice du blocus israélien. Elle n’a pas pris cette décision seule, l’Union européenne est aussi responsable et tout aussi complice. Il est inconcevable que l’Union européenne cautionne de façon aussi ouverte la politique illégale d’Israël dans la bande de Gaza. Il est inconcevable qu’elle puisse nier de façon aussi insultante une mobilisation populaire d’une ampleur inédite dans des dizaines de pays en faveur du droit et de la justice. La liberté de circulation et de navigation est bafouée et encore une fois la voix citoyenne est bâillonnée. La décision grecque est une décision injuste et scandaleuse. Le danger vient de l’occupation pas de ceux qui défendent le droit international. »
Hier soir, à Paris plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées près de l’ambassade grecque en criant « Laissez-les partir ! » Dimanche 3 juillet, à 18 heures, une grande chaîne humaine sera formée place du Trocadéro. Dans plusieurs villes, des actions se préparent en vue d’une semaine qui s’annonce mouvementée et décisive.
Plus d’informations sur le site Un Bateau pour Gaza et sur la page Facebook officielle du collectif un Bateau français pour Gaza.