« Le singe est l’avenir de l’homme » !

« Le singe est l'avenir de l'homme » !

S’il est un livre en forme de « Mémoires d’un singe savant » avec lequel je me suis paluchée les fondements, c’est bien celui-là. Un ravissant orang-outan couillu là où il faut, avec ce qu’il faut d’esprit et prénommé Bibi à la vie comme au vit. Un parcours hors norme, un génie à lui tout seul de la caricature des humanos portée en friture. Je vous jure, même que je suis tombée en amour…. Ses mémoires valent le glissement de terrain sémantique et gare à vos zygomatiques. Henri-Frédéric Blanc, auteur prolifique lui porte la parole. Il n’est pas du tout blanc telle la neige, comme son blaze le laisserait présager. Le loup phoque peut bien aller se torcher sur la banquise et porter dans son verre un glaçon à la santé de ce Bibi. L’allégresse dresse un livre absolu, absolument abouti, réussi et trop drôle.

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Quand vous lirez ce livre, vous vous rendrez enfin compte de la bassesse où vous êtes tombés lorsque vous avez pris le langage comme argent comptant dans vos arrangements entre consentants.

Henri-Frédéric Blanc a déjà à son actif troublant une bonne vingtaine d’œuvres de fiction, des nouvelles, récits et monologues, sans compter son côté hors genre transgressif, le théâtre, la poésie la Bande-dessinée !
La littérature il lui ouvre le bide et la tire de ses turpitudes académiques. Il lui crache à la chique. « Ecrire est à ses yeux le seul moyen de devenir un héros sans sortir de chez soi ni rien dépenser. Recherché pour outrance verbale, démoralisation publique, attentat au dictionnaire et jets de pantoufles, il se cacherait dans la zone tribale d’Aix-en-Provence  ». Le Sud du Sud lui ouvre des horizons incorrigibles. Je le ressens comme un sacré zigue incontrôlable. Un type bien. Enfin un auteur hors norme autant dans la forme que dans la harangue et inventions multiples à la langue, lorsque je le lis à la trace de mon chéri Bibi.

Baroque et bas les frocs de la semence et des sens aux abois qui hurlent avec les chiens de garde. La littérature, ce n’est pas la biture de Bibi. « J’écris dans l’unique espoir et le seul dessein de vous rendre fou  » (page 15). Vous serez prévenu(e)s. Constipé(e)s, lorsque parvenu(e)s au stade suprême anal après moult efforts, passez votre pet cul. Il se revendique comme « singe désastreux  ».

Votre philosophie à la mord-moi le sens, pour lui c’est un autre appétit, « Je mords donc je suis ». Il a la faim de la vie et de tout découvrir. Sa théorie de l’évolution n’a pas de nom et vous écorcherait la tronche à votre suffrage à la Kong ! « Chez nous, quand un singe est dans le besoin, il s’assoit devant ceux qui ont de quoi. Sur le champ on lui apporte tout ce qu’on a et on le lui donne. Le nécessiteux prend ce qu’il veut et s’en va sans remercier personne. Nous pratiquons naturellement et sans théories le communisme intégral. Il n’entre ni charité ni religiosité dans cette conduite, trop naturelle pour avoir un nom. Si on lui donnait un nom, on la salirait  ». (page 22)

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Il fut cédé au marché aux puces de Cauchemarseille et prit ses couilles comme objet dévolu à sa force naturelle. On l’étudia sous toutes les coutures. Seulement, pas facile de dompter la liberté. « Mon sens à moi c’est le sens interdit ! Et mon devoir, le devoir de révolte !  » (page 34). Comme il cause en actes mon Bibi chéri !

Parole, parole, il cause humanos pour de rire le zigue ! Un académicien le prit sous son aile et il fraya ses conseils avisés très spéciaux au président de la Républicité Corysa Ie premier de la classe bling blang blung. Il jacta même à l’ONUL un discours revigorant. Résultat des jactances et atteintes à la bien séance tenante : « Après le luxe et les pompes du pouvoir, je connus la paille et la cage, les cachots des mauvaises routes, les cris irrespectueux des enfants à mon passage… » (page 103)

La planète terre sans doute trop petite pour accueillir une telle personnalité, l’espace lui ouvrit aussi le vide sidéral. Bibi dérangeait aux entournures et parjures autant dans la langue que les mangues des femmes.
L’humanité si ça tombe lui sera redevable. « D’ici peu la planète respirait enfin, soulagée de ce parasite proliférant, de ce cancer généralisé qu’était l’espèce humaine. Quant à l’homme, il cesserait une fois pour toute de ramer sur la galère de l’existence. J’avais mis le point final à l’Histoire, cette farce macabre qui ne voulait plus rien dire ». (page 127).

Suivez les tribulations du loufoque primate, vous ne pourrez plus lâcher d’un poil d’orang-outang les pages de ce livre fatidique à votre spleen crasse.
Bibi, je veux te rencontrer et te proposer une interview et même plus si affinités confirmées, tu m’étonnes. Je lance un appel à Henri-Frédéric Blanc, ton secrétaire de saillance et m’avance vers toi déjà toute chamboulée. Moi aussi je veux changer d’existence et fiche à la poubelle définitive le Bartos qui me colle à l’écran son odeur fétide de cadavre pas du tout exquis.

Cet appel est aussi valable pour Le Fioupélan, éditeur génial et très confiant malgré tout en l’exigence humaine, après tout ! Tout n’est pas perdu. Tant que tous les singes ne causent pas à part Bibi et la Singette…

Agréable lecture à toutes et à tous, avec les recommandations tartines baveuses et rieuses de la Singette qui ne s’est pas encore remise les mémoires en place de ce cher Bibi.
Plus foutraque que cet orang-outang de tous les temps, nada !

Mémoires d’un singe savant de Henri-Frédéric Blanc, éditions Le Fioupélan, 136 pages, 2009, 12 euros

Voir en ligne : Editions Le Fioupélan

le 01/06/2011
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