Au Havre, les grévistes sèment la zizanie dans un meeting UMP

Au Havre, les grévistes sèment la zizanie dans un meeting UMP

Antoine Rufenacht, maire UMP du Havre, devait tenir une réunion publique sur les retraites dans sa bonne ville le 13 octobre. Trois cents grévistes remontés à bloc passaient par là...

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C’est dans la salle René-Cassin, co-auteur de la déclaration universelle des droits de l’Homme, qu’une brochette de dirigeants UMP devait défendre la réforme « surprise » de Nicolas Sarkozy sur les retraites.

Au lieu d’entendre les habituelles litanies sur les méchants grévistes, le maigre fan club de la majorité présidentielle a pu assister à une représentation des Josettes rouges, chorale féministe qui reprenait une chanson de la Choral’ternative, Du fric à l’aise. Ça donne ça : « Aujourd’hui je suis mercenaire/Pour le MEDEF et pour le fric et pour le fric et pour le fric/J’ai un contrat en Normandie/Je restructure l’industrie… » Applaudissements. Pas du public endimanché, mais des gaillardes zé gaillards habillé-e-s de gilets fluo, porteurs de drapeaux et diaboliques joueurs de trompette.

C’est peu dire que les UMPistes faisaient la gueule dans le vacarme. Sans répit, les sifflets succédaient aux couplets de l’Internationale et autres slogans choisis : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là on n’en veut pas ! » La scène, la table et jusqu’aux verres des orateurs furent décorés avec des autocollants subversifs. Les droitistes les plus téméraires tentèrent d’ouvrir le « débat » en servant avec aplomb de la tarte à la crème démocratique. Rires. « Où ça la démocratie ?, répondirent en chœur les manifestant-e-s. C’est quoi votre démocratie ? C’est sans doute démocratique de réformer les retraites alors que Sarkozy a reconnu lui-même qu’il n’avait aucun mandat pour le faire ! »

Antoine Rufenacht a raté ce grand moment de vie locale. Très attendu, il n’est jamais venu… Durant près d’une heure, aucun militant UMP de remplacement n’a pu en placer une. Ici ou là, quelques prises de bec, des noms d’oiseaux, des échanges vifs entre deux mondes qui ne se comprendront jamais. « C’est qui les voleurs ? », concluait un tonnerre de voix en désignant la poignée de participants penauds et les barons de la droite locale qui finirent par se diriger vers la sortie sous les lazzis.

On ne rigole plus. Le temps n’est plus aux amabilités. Nicolas Sarkozy et sa clique ont donné un coup de fouet à la lutte des classes en agressant les travailleurs avec un mépris immonde. Pas de cadeau pour les fossoyeurs de nos droits.

Pendant ce temps, la lutte continue. À la raffinerie TOTAL de Normandie, à la CIM, dans la centrale thermique, dans le bâtiment, chez Fouré Lagadec, Dresser, Aircelle, Chevron, Lafarge, Debris, dans l’Éducation nationale, à La Poste, chez France Télécom, à la SNCF… De grèves reconductibles en manifs, de blocages en actions diverses, la température monte. Lycéens et étudiants se joignent aux salarié-e-s du public et du privé.

Notons aussi dès à présent la grande manifestation prévue le samedi 16 octobre par l’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires-CFDT-CGC. Rendez-vous à 15 heures dans les jardins de l’hôtel de ville du Havre. Parlez-en à vos copains, à vos collègues, à vos voisins, à vos enfants, à vos parents, à vos grands-parents…

le 14/10/2010
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4 Messages

  • 14 octobre 2010 17:57, par A Dit Rien

    Je ne suis pas de droite.
    Mais quant l’on voit les dégâts créés par les manifestants, cela donne mais alors pas du tous l’envie de les écoutés.
    Soyer respectueux et aider à construire au lieu de détruire.

    • J’habite à la proximité des lycées Schuman et Perrey, et je puis vous dire que que les "jeunes" ont perdu définitivement leur capital sympathie auprès des habitants de ce quartier, qui sont en grande majorité des Anciens.
      Ces abrutis, car il faut appeler un chat un chat, ne servent pas la cause de ceux qui se mobilisent contre cette réforme que la Sarközye veut faire passer en force.
      Maintenant, reste à savoir si ces "semeurs de troubles sur la voie publique", sont réellement des étudiants de ces lycées ?
      Pour ma part, d’aprés ce que j’ai vu, j’en doute.

      • Qui sont les casseurs ? Qui sème l’insécurité sociale ? Les gamins qui renversent quelques poubelles, qui cassent quelques rétroviseurs ou les richards qui nous gouvernent et qui réduisent en cendres les acquis de la Libération ?
        Heureusement qu’il y a eu des gens bruyants, des "semeurs de trouble" en 1936, en 1968, en 1995 (et j’en passe) pour secouer les puces des exploiteurs.
        Tremblez. Restez cachés chez vous. Crachez sur nous et nos enfants. Enfermez-vous à double tour si ça vous amuse.
        La vraie vie, elle est actuellement dans les rues, devant les entreprises, et ce n’est pas terminé. La semaine prochaine s’annonce féconde...

        • ....vous reprochez aux vaillants militants de l’ump de n’avoir pas d’argument à vous opposer,mais quand ceux-là même viennent en glâner 1 ou 2 vous les en empêchez....vous les condamnez à l’atonie ....contraints qu’ils sont de capter la pensée presidentielle devant leur poste de tv....en un mot vous êtes vivants,vous et c’est pas du jeu...