BERNARD GIRAUDEAU PART POUR UN LONG VOYAGE
Bernard Giraudeau et Alain Delon ont toujours été les deux beaux gosses du cinéma français et la coqueluche de ces dames. Gueules de félins et regards de fauves, ces deux grands acteurs seront admirés du plus grand nombre parce qu’ils sont de vrais professionnels du 7ème Art qui feront rêver plusieurs générations d’admiratrices.
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Bernard Giraudeau vient de nous quitter pour effectuer son dernier voyage en partant naviguer sur cet océan qui vient de l’emmener jusqu’au bout de lui-même.
En août 2002 j’avais eu le bonheur et la chance de croiser Bernard Giraudeau au San Francisco sur l’Ile-aux-Moines, dans le Golfe du Morbihan, alors qu’il était sur le tournage du film « La Petite Lili » de Claude Miller. En quelques instants j’avais découvert un homme bon et généreux, au regard loyal qui était la signature de son authenticité et la fenêtre ouverte sur sa belle âme. Il m’avait salué en arborant son sourire franc que tout le monde lui connaissait. A cette époque, il souffrait déjà de son cancer du rein contre lequel il luttait de toute sa force… habitué qu’il était à relever des défis.
Volontaire, Bernard Giraudeau l’a été tout au long de ses carrières militaires et artistiques.
Homme de challenge, il s’engagea dans « La Royale » très jeune pour aller découvrir le monde via les océans.
Il a eu cette soif de découvrir la vie en se cherchant sur les mers du Globe ou en haut des montagnes. Sa maladie a été un Himalaya dont il vient d’atteindre le sommet. Cet acteur magnifique a réussi à nous emmener dans son sillage, en nous faisant découvrir ses multiples talents tant au théâtre qu’au cinéma ou dans l’écriture.
Il dira lui-même que c’est malheureusement en essayant d’apprivoiser ses deux cancers, du rein et du poumon, qu’il découvrira l’amour, la tendresse et le chemin de la paix retrouvée. La vie nous apprend à devenir philosophe et sage, parce qu’elle nous fait comprendre dans l’épreuve que tout est caché en nous et non pas dans le ciel, au sommet des montagnes ou dans les océans. La souffrance nous aide aussi à nous ouvrir l’esprit en nous acceptant tels que nous sommes.
Comme le marin qui boucle son tour du monde, Bernard Giraudeau trouvera enfin la paix dans l’escale de son acceptation en s’ouvrant aux autres et à cette nouvelle vie.
Il y a quelques temps, Bernard Giraudeau déclarait que son cancer du poumon était en fait son dernier bateau et il devait bien se douter qu’il ne reviendrait pas à son port de départ. Ce travail sur lui-même allait l’emmener vers une destination que ni lui ni nous ne connaissons… le dernier voyage avant lequel il avait voulu parler et retrouver l’harmonie avec Anny Duperey puis dire à Gaël et Sara, leurs deux enfants, combien il pouvait les aimer.
Comme il était de coutume de dire dans la Marine, lorsqu’on virait de bord comme tu viens de le faire pour passer dans l’autre monde, en nous laissant à notre triste condition humaine : « ADIEU-VAT » et bon vent, merci pour tout ce que tu viens de nous apporter l’ami !
