LA HULOTTE AU LION D’OR A SIGNY-LE-PETIT
Il y a une dizaine d’années, avec mon amie Monique de Givet, et sur les conseils de ma chère gourmande Yveline, nous découvrions le restaurant La Hulotte dans le très beau village de Signy-le-Petit qui se trouve situé dans le magnifique département verdoyant des Ardennes Françaises.
De cette époque, j’avais gardé un souvenir nostalgique d’une cuisine raffinée sur quelques notes de fleurs délicatement parfumées qui venaient se marier avec les mets proposés, comme cette violette qui régala Monique au dessert. Le service était impeccable et la Maison réputée pour sa bonne tenue.
Dans le guide des Tables et Auberges de France, édition 2010, je découvre que l’établissement est signalé par une toque bleue avec la mention « Table Gastronomique ». Ce label correspond à une sélection effectuée par les clients qui adressent leurs suffrages pour quatre catégories qui vont de la Table de Prestige à l’Auberge du Pays/Bistrot.
Avec mon complice qui est Chef de Cuisine et fin gourmet, nous décidons donc de prendre une table en ce vendredi14 mai 2010.
Dès son entrée, le Chef a déjà un mauvais pressentiment et dès qu’il m’en parle une question me vient soudainement à l’esprit. Que reste-t-il de ce moment plaisant gravé dans ma mémoire d’une décennie en arrière, pas grand-chose à vrai dire à part quelques miettes d’un petit déjeuner laissées négligemment sur la table du salon et que nous découvrons au moment de notre apéritif accompagné d’amuses-bouches très ordinaires qui me déçoivent grandement.
Partagé entre l’envie de rester et celle néanmoins très forte de repartir, pour ne pas décevoir mon invité du jour, je me lève en contemplant un Gilles de Binche grandeur nature aux habits bariolés de carnaval. Nous nous dirigeons alors vers la salle à manger magnifiquement décorée.
Notre choix s’arrête sur un menu à 37 euros. Le vin sera un Puligny-Montrachet blanc de 1998 qui se révèlera plus que parfait avec sa belle robe d’or et ses arômes de noisettes miellées qui viendront sublimer notre foie gras, les ris de veau de notre Chef, ainsi que mon Saint-Pierre.
Au moment de déguster ce Saint-Pierre, je constate le manque de couverts à poisson.
J’interpelle la jeune serveuse pour le lui faire remarquer et elle s’empresse de fouiller dans le vaisselier afin de répondre immédiatement à ma demande. Ne trouvant pas, elle part se renseigner en cuisine et revient en me racontant une ineptie selon laquelle il n’y a pas de couverts à poisson à La Hulotte et qu’il convient donc de manger mon Saint-Pierre avec des couverts ordinaires. Notant mon mécontentement, elle me dit de m’adresser à sa patronne qui se trouve être Blandine Bertrand, la directrice de l‘hôtel-restaurant. Venus pour passer un bon moment et non pour polémiquer, nous décidons d’en rester là pour le moment. Etant passés l’un et l’autre par de très belles tables, nous sommes justes déçus de cette réponse qui ne nous convient pas.
Le repas était cependant de qualité, les sauces bien élaborées et très équilibrées.
A noter une assiette de fromages aux morceaux plutôt minces dont on nous impose un choix qui n’aurait sûrement pas été le nôtre, si on nous les avait proposé au guéridon ou bien sur un plateau.
Quant aux tranches de pain blanc et aux céréales, n’en parlons pas car il y aurait de quoi se fâcher, comme dirait ce cher Steven Kaplan amoureux de pains bien cuits et à la croûte torréfiée, à la mie légèrement bis et bien aérée qui restent les signes de l’emploi d’un bon levain par des boulangers dignes de ce nom.
Pour compenser les manquements constatés, la serveuse nous apporta l’addition en nous faisant remarquer que la patronne nous offrait un apéritif et un café sur deux… démarche certes commerciale, mais cependant bien dérisoire.