LA RETRAITE : ET SI ON REFORMAIT AUSSI CELLES DES ELUS

LA RETRAITE : ET SI ON REFORMAIT AUSSI CELLES DES ELUS

Ce Gouvernement ose tout et c’est même à çà qu’on le reconnait, aurait pu dire Michel Audiard dans un de ses truculents dialogues. Tout le monde doit à présent cotiser 40 ans pour avoir le droit à une modeste retraite, sauf pour nos élus qui n’ont pas besoin de travailler plus de cinq années comme Député pour avoir une retraite de 1500 euros par mois dès l’âge de 60 ans. Si ce même Député exerce pendant 10 ans, on multiplie le chiffre par deux, soit 3000 euros et ainsi de suite par tranche de cinq ans. C’est un scandale, comme disait le camarade Georges Marchais !

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Et le pire c’est que ces Députés vont oser voter la réforme des retraites et la fin des régimes spéciaux, donc normalement la fin de leurs régimes à eux qui sont de plus cumulables. On peut dire qu’ils ne donnent l’exemple car, bien sûr, ils ne seront pas concernés par cette loi crapuleuse qu’ils vont voter et se protègeront même par un autre texte.
Dire que nos ancêtres firent la Révolution en prenant la Bastille pour moins que çà. Louis XVI a payé pour tous les autres, alors qui va payer pour Sarkozy ? Jusqu’à quand va-t-on se laisser faire sans réagir et jusqu’où osera aller ce Gouvernement qui ne réforme que pour asservir le Peuple et partager les avantages entre les riches et les gros dégueulasses. On voudrait nous saigner à blanc qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

François Fillon nous fait sa pub de directeur de marketing de l’Elysée en nous prévoyant un cataclysme financier et un trou phénoménal dans la caisse des retraites, pour l’horizon 2050, si nous ne faisons pas un effort dès maintenant en travaillant toujours plus et plus longtemps pour que nos élus puissent s’engraisser sur le dos des laborieux. Pour un peu il nous ferait culpabiliser, le bougre, en nous racontant que nous sommes des petits privilégiés par rapport aux autres Pays de la Communauté Européenne qui travaillent jusqu’à 66 voire 70 ans, de la naissance jusqu’au cimetière, et qui n’ont pas besoin d’une quelconque pension de retraite vu qu’ils meurent à l’ouvrage ou presque. Mais on se fiche de ce qui se passe dans cette Europe qui veut nous dicter ses lois.
On veut nous faire travailler comme des ânes bâtés, mais lorsque nous allons ruer il est préférable de ne pas être derrière nous, au grand risque de prendre des coups de sabots.
Lorsque Nicolas Sarkozy atteindra l’âge de 60 ans, il pourra prétendre à une confortable retraite mensuelle de 23.250 euros qui se décompose comme suit :

2000 euros pour avoir été Maire de Neuilly, 4000 euros comme Député, 5250 euros en sa qualité d’ancien Président de la République et 12.000 euros pour être Membre de droit du Conseil Constitutionnel, toujours comme ancien Président… c’est cela la République Démocratique de la France, une injustice permanente qui émane de ceux pour qui nous votons et qui se remplissent les poches en vidant les nôtres. On comprend mieux, aujourd’hui, l’augmentation de l’abstention lors des échéances électorales.
Quant à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, qui est une branche de la Sécurité Sociale, on la laisse mourir par une volonté politique de détruire ce régime par répartition. On prétend que la Sécurité Sociale est un vrai gouffre qui a un déficit de 11 milliards d’euros, vu qu’on lui demande sans cesse de liquider des dossiers illicites protégés par certains accords avec des Pays Etrangers dont les ressortissants travaillent chez nous… et cela dure depuis quelques décennies !

En fait, si ces Caisses étaient mutualisées elles n’auraient pas ce déficit de 11 milliards d’euros, mais un excédant de 9 milliards d’euros, donc plus aucun problème pour rembourser les malades et payer les retraites. Pour cela il suffirait qu’on reverse une partie des taxes sur le tabac destinée à la Sécurité Sociale soit 7,8 milliards d’euros, sur l’alcool avec 3,5 milliards non reversés à la Sécu, une partie des primes d’assurances auto destinée à la Sécu soit 1,6 milliards d’euros, la taxe sur les industries polluantes soit 1,2 milliards d’euros, la part de la TVA qu’on lui doit soit 2 milliards d’euros, les retards de paiement à la Sécu pour les contrats aidés soit 2,1 milliards d’euros, les retards de paiement par les entreprises qui s’élèvent à 1,9 milliards d’euros… soit un total de 20 milliards qui ne sont pas dans les Caisses et avec lesquels certains jonglent.
La retraite est l’affaire de tous prétend le slogan, qu’elle soit aussi la vôtre Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs car le Peuple ne vous paie pas pour aller dormir sur vos confortables fauteuils rouges, réagissez, mettez-vous au travail et dénoncez tous ces scandales qui nous pourrissent la vie, alors peut-être reprendrons-nous le chemin des urnes !
N’oubliez jamais que l’Etat c’est nous !

le 16/04/2010
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1 Message

  • 17 avril 2010 14:33

    Bonjour,
    Tout a fait d’accord, et que pensez vous de l’article de François Ruffin qui parlait à cette époque du pouvoir d’achat mais qui peut être transposé aux retraites et à la sécurité sociale......
    ""Partage des richesses, la question taboue
    Afin de « défendre le pouvoir d’achat », le gouvernement français envisage une série de mesures – monétisation des congés non pris, travail le dimanche, implantation plus facile des hypermarchés. Une donnée du problème est presque toujours occultée : en vingt ans, la part des salaires dans le produit intérieur brut français a baissé de 9,3 %, ce qui correspond à plus de 100 milliards d’euros en partie transférés vers le capital. Cet élément central du débat en est devenu le point aveugle. ""
    la suite sur : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507