Yann Moix se paye la tête de la Suisse et de ses habitants

Yann Moix se paye la tête de la Suisse et de ses habitants

Voilà une polémique de plus autour de Yann Moix. En voulant faire plaisir à BHL et Roman Polanski, et préparer la promotion de son livre "La meute" publié chez Grasset fin 2010, l’écrivain réalisateur de plus en plus contesté pour ses oeuvres et ses prises de position ambigües se met à dos tout un pays avec un texte excessif, violent et haineux. On ne comprend pas bien ce qui incite Moix à si peu de mesure. A vous de juger.

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L’Ambassade de France critique les props de Yann Moix « Nous relevons avec stupéfaction les assertions portées contre la Suisse (...) Outre les non-sens historiques dont témoignent les extraits déjà parus de cet ouvrage, le ton injurieux adopté par l’auteur disqualifie celui-ci comme ses propos. Nous tenons à exprimer notre sympathie à l’égard de tous ses amis suisses légitimement choqués par un ouvrage dont on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point ».

Le texte ci-dessous est la reproduction intégrale de l’article de Yann Moix paru le 31 janvier 2010 sur le site http://www.laregledujeu.org. et qui a été retiré du site le 2 février 2010.

J’aime Polanski et je hais la Suisse

"Roman Polanski, nous venons de l’apprendre, va passer un an de plus dans sa prison suisse. Je dis bien : « prison ». Une prison, ce n’est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c’est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D’où on ne peut pas s’échapper. Peu importe que la prison soit une cellule ou un chalet, un terrier ou même un immeuble tout entier. On est en prison quand on ne peut pas être ailleurs. Roman Polanski restera emprisonné en Suisse : c’est la Suisse la prison. C’est la Suisse le bourreau. C’est la Suisse la sentence. C’est la Suisse la trahison. C’est la Suisse la haine et la revanche et la vengeance. Parce que la Suisse n’est pas un pays : la Suisse n’est rien. La Suisse n’existe qu’en détruisant. En neutralisant. Ce n’est pas un pays neutre, non : c’est un pays qui neutralise. Très joli pays qui, pendant la guerre, voyant qu’un peu trop de juifs venaient étrangement faire du tourisme en ses montagnes, a demandé à ce que fût apposé sur les passeports le « J » de Juden. La Suisse n’est pas un pays neutre : c’est un non-pays vendu. La Suisse, ce pays des horlogers, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel elle neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, elle guette sa proie : trente-deux ans pour attraper Polanski. La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis.

La Suisse n’est pas un pays neutre : c’est un non-pays vendu. La Suisse, ce pays des horlogers, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel elle neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, elle guette sa proie : trente-deux ans pour attraper Polanski. La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis.

Je hais la Suisse. Sa gentillesse méchante, sa dégueulasserie bonbon, son calme rempli de dagues et de couteaux, sa surface polie mais comme une lame. Nous voudrions que ce pays relâche Roman Polanski, s’excuse, arrête tout. Nous voudrions que la population suisse ait honte, définitivement honte, pour ce qu’elle fait endurer à Polanski. Que des grèves se déclarent à Genève, à Lausanne, à Gstaad, ou des manifestations. Que les gens sortent dans la rue. Crient. Hurlent. Contre leur « gouvernement ». Autrefois, Alfred Jarry disait (c’est dans Ubu Roi) : « la scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part. » Nulle part, ce serait plutôt la Suisse. La Suisse voudrait empêcher que le réalisateur de Chinatown (que je viens de revoir cette nuit et qui est un chef-d’œuvre) continue de nous donner des œuvres d’art. Pourquoi, Suisse, ne laisses-tu pas cet homme partir ? Parce que tu as peur de l’Amérique ? Parce que tu trembles ? Parce que tu suis toute cette meute ignoble, parfaitement aveugle, et qui veut que Polanski représente, pour la nuit des temps, le pédophile par excellence ? Qu’il en soit l’incarnation, le parangon, l’icône ? Suisse, sois digne pour une fois dans ta vie. Suisse, donne-toi une dignité en rendant la sienne à un des grands génies du cinéma qui a suffisamment payé pour quelque chose qui ne s’est pas déroulé comme on le sait, le croit, croit le savoir. Suisse, sois une nation, sois un pays, sois quelqu’un. Sois un homme, Suisse.

Quand il y a la guerre, Suisse, tu te carapates. Tu regardes tes chaussures. Tu vas tranquillement te promener en montagne. Tu respires le bon air parmi les gentils (petits) oiseaux. Rien n’est ton problème, Suisse. Tu n’es jamais concernée. Tu n’es jamais impliquée. Tu n’es jamais inquiétée. Tu n’es jamais là quand on a besoin de toi. Tu es toujours là, sur la planète, mais tu ne sers à rien : tu arrêtes les artistes et tu enrichis les enrichis. Tu ne sais rien faire, sauf pitié. Je te hais, Suisse. Je te demande de m’arrêter, moi, aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde."

Yann Moix

ps : mot laissé par la Rédaction de "la Règle du Jeu" suite au retrait de ce texte du dit site.

"En réponse aux lecteurs et amis suisses de La Règle du jeu qui nous ont fait part de leur étonnement quant au retrait du texte de Yann Moix publié le 1er février 2010 et intitulé “J’aime Polanski et je hais la Suisse”, la Rédaction précise que ce retrait a été effectué à la demande de l’auteur. Nous vous invitons à lire la version longue de ce texte, très controversé, dans son livre La Meute, à paraître chez Grasset le 24 février prochain.
La Rédaction."

le 02/02/2010
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13 Messages

  • 2 février 2010 20:01, par PeterPan

    Madame Bronstein,
    ecoutez madame,j’ai travaillé longtemps en Suisse et ce texte de Moix m’a fait du bien ,je me sens mieux depuis.Vous n’imaginez pas la xenophobie de ces gens.dans ma boite ,il y avait de temps en temps des "pots" ou ,nous, les français etions invités mais parqués à une table avec interdiction de nous melanger aux autres. on nous disait : Vous les frouzes (français) ,mettez vous là.Mais ce n’est pas specifique aux français ils en ont autant pour les allemands et les italiens.Essayez par exemple de poster deux lignes sur un forum de la presse suisse ,vous serez rejeté parce que les adresses IP autre que Suisse sont écartés.

    • J’ai de la peine à comprendre le post de "peterpan"... J’habite le 74 et je travaille à Genève, entouré d’amis suisses qui m’invitent souvent à boire avec eux et nos amis italiens, espagnols, portugais ou autres.
      D’autre part, je poste souvent des messages sur les sites de la Tribune de Genève, malgré mon IP française.
    • Yann Moix se paye la tête de la Suisse et de ses habitants 3 février 2010 11:13, par PrenomFictif

      N’importe quoi, Peter Pan.. si vous avez des problèmes pour socialiser, il ne faut pas tout mélanger. Ce texte est raciste et xénophobe, point barre. Si vous êtes d’accord, vous ne valez pas mieux. Quand on est Français, on n’a le droit de critiquer personne en rapport avec l’histoire et particulièrement avec la 2ème guerre mondiale...

    • La pute respectable méprise toujours ceux qui profitent de ses largesses. Si ça vous insupporte, il ne faut pas y aller.
  • 2 février 2010 23:49, par s2i2

    Je suis français habitant en Suisse, et j’ai eu l’occasion d’habiter dans bien 6 pays jusque là. La Suisse n’est ni plus ni moins xénophobe que tous les autres. Bien sûr, lorsque certains français ou autres débarquent ici avec un sentiment puant de supériorité, il est clair que les autochtones ne vont pas forcément apprécier. Faut savoir vivre à l’étranger, alors tout se passe très bien. La Suisse est sûrement un peu différente de beaucoup de pays ; ce pays ne pousse pas à rechercher la gloire par l’oppression ni par des faits d’armes mémorables. La gloire en Suisse, c’est de pouvoir trouver les conditions qui font que ce pays puisse vivre depuis si longtemps dans une entente intelligente entre des peuples de langues et de références si différentes. Pauvre Peter Pan qui n’a pas sû se faire une petite place en Suisse. Certes, la Suisse n’est pas le royaume de l’assistanat...
  • 3 février 2010 10:59, par Béa

    Les Suiisses aiment les étrangers... quand ils sont riches et mettent leur argent dans les banques suisses !
    • Yann Moix se paye la tête de la Suisse et de ses habitants 3 février 2010 13:48, par affreujojo

      Il est clair que le million d’étrangers que nous accueillons avec plaisir en Suisse sont tous au minimum multimillionnaires !!!!! Hihihihi ......

    • cent mille francais qui viennent manger le pain d une Suisse prostituee,molle
      une pute une salope et qui ecarte ses cuisses au plus offrant...ils doivent aussi ecarter les leurs ...et que dire de vos compatriotes qui vivent des
      largesses d une salope...
      yann moisissure et autres moix...elevez vous contre ce qui se passe dans votre pays ,achetez un miroir et admirez votre reflet !..
      Pas de lecon à donner à quiconque venant d une nation de negriers ,de colonisateurs et de mercenaires vos mains sont taches de sang.

      • Complètement d’accord avec Alexandre.
        De plus, les Français avec leur superbe complexe de supériorité devraient balayer devant leur porte. La France, pays des droits de l’homme se paye le luxe de ne pas soutenir la Suisse pendant l’affaire du fils Kadhafi, fils de terroriste reconnu et maltraitant ces employés ; en-effet la France a trop besoin de pétrole lybien et rêve de vendre des Rafales au colonel. Gardez vos critiques pour vous et rapatriez tous vos concitoyens qui nous envahissent par milliers !!!
  • 3 février 2010 14:11, par lana86

    Je suis Suissesse, fière de mon pays et écœurée par la haine de certaines personnes. Si vous n’aimez pas la Suisse vous n’avez rien à y faire et si vous la respecter il n’y a pas de problème notre pays est ouvert, il y a énormément de Français qui travaillent en Suisse et pas seulement des Français, bien d’autres pays. Si on accueillait que les personnes riches tout le monde aurait du travail mais il y a énormément de chômage. Et le bourreau, ça me fait bien rire, c’est Polanski qui a tout fait pour rester en Suisse, vous penser que si ça ne serait pas Polanski ou quelqu’un de connu, on en aurait parler. Si il a échappé à la police avant c’est que les autres pays le protégeait. Il se cachait. Et pour la seconde guerre mondiale on ne va pas voir qui a fait quoi parce que personne n’est innocent la France non plus il a du l’oublier.
  • 3 février 2010 21:01

    honte à vous de publier pareilles insanités racistes et xénophobes !
    Monsieur MOAAAAX mérite d’être traduit en justice pour de tels propos
    Demandez-lui quel est son domicile fiscal ???
  • 4 février 2010 12:48, par suisse

    Depuis la Suisse :
    Yann Moix c’est qui ? Je connais un ou deux bouquins pas top, deux films vraiment pas top...
    Un historien ? Un philosophe ? Non...
    Si j’écris un texte enflammant la France ou la Suisse, qui va s’en intéresser ?
    Il n’a aucune légitimité pour parler de ces sujets. C’est personne ce type....
    Ce sont les médias qui relayent ce texte qui lui donne une crédibilité.
    Je pense que ce n’est que du mauvais marketing viral pour la promo de son prochain livre. Et quand on voit les résultats de Cinéman, on comprend que ce petit bonhomme aie besoin de promo :)
  • 6 février 2010 05:37, par joliesenior

    M. Yann Moix insulte la Suisse. Il prétend que M. Polanski a été arrêté à tort. Je suis suissesse et j’ai été outrée qu’on arrête le grand cinéaste, non pas parce qu’il a fait une "grosse bêtise" il y a fort longtemps, mais par le fait qu’il venait souvent dans notre pays. Et nous n’avons pas attendu, contrairement à tout ce que dit M. Moix, de s’insurger de tout cela. J’ai écrit personnellement à M. Polanski, qui ne veut vivre cela dans la discrétion (il est servi avec Moix...) qui m’a répondu et remercié pour mon soutien. Il s’agit d’un employé zélé qui a vu dans ses dossiers que les States recherchait toujours M. Polanski et qui a fait son boulot... Quant aux propos racistes et diffamatoires, rien de ce qu’il dit est précis. Nous avons nous aussi fait, lors d’émissions télévisée, notre mea culpa sur certaines choses commises pendant la guerre, mais nous avons sans doute fait moins de mal que les autres pays. Nous avons accueilli des juifs (nous avons aussi nos Justes), peut être pas assez, mais de là à nous salir, c’est trop