Les Enfants du soleil

Les Enfants du soleil

Les Enfants du soleil

Comédie combustible de Maxime Gorki – mise en scène : Côme de Bellescize

Quatrième pièce de Maxime Gorki, Les Enfants du soleil nous fait pénétrer dans l’intimité d’artistes, de marginaux, d’intellectuels, réunis autour de Protassov, chimiste réputé, un brin autiste. Côme de Bellescize, dans une mise en scène alerte - voire déjantée - insuffle une gaieté malicieuse à cette pièce de période prérévolutionnaire, qui dégage paradoxalement une légèreté enivrante…

Russie, 1905… L’écrivain Maxime Gorki est incarcéré dans la forteresse Pierre et Paul à la suite de son « Appel à tous les citoyens russes et à l’opinion publique européenne ». Là il rédige Les Enfants du soleil. Dès octobre 1905, la pièce sera jouée dans cet environnement historique et social brûlant. Le célèbre romancier russe a écrit une comédie métaphoriquement politique. Pourtant, c’est tout le côté divertissant – voire drôle – qui donne aux Enfants du soleil cette saveur si particulière. Un détachement gai, nous rappelant parfois les pièces de Tchekhov, qui est particulièrement mis en valeur par la puissante locomotive du metteur en scène Côme de Bellescize.

Cette remuante comédie « combustible », qui se déroule pendant quatre jours et compte seize personnages, amuse et séduit par sa constante interactivité : l’ouvrier, le peintre, le savant, la bonne, le propriétaire, le vétérinaire, tous ces personnages se côtoient, s‘aiment, se querellent, se réconcilient, bref se croquent et se vident comme des fruits en un rythme effarant qui donne au climat général de la pièce une saveur toute provinciale, enrobée d’un fatalisme tatillon.

On est donc en pleine comédie russe, écartelé entre pleurs et joie démesurée. Chacun est bien obligé de vivre ensemble pour le meilleur et le pire, qu’il soit domestique ou propriétaire, savant fou (le chimiste Protassov), peintre obstiné (Vaguine) ou vétérinaire idéaliste (Tchépournoï)… Chacun convoite le statut social de l’autre (Légor, Fima) ou l’être qu’il ne possède pas (Mélania, Eléna), offrant prétexte à d’amusantes digressions sur le tour de passe-passe entre raison et sentiment.

Bouffonnerie implacablement mise en scène par de Bellescize et excellent spectacle permettant de redécouvrir le théâtre de Gorki, Les Enfants du soleil est une pièce jubilatoire pour tout public !

durée du spectacle : 2 h (sans entracte)

Les Enfants du soleil

Du 3 novembre au 13 décembre 2009

Rencontre avec l’équipe artistique, dimanche 29/11/09 à 17 h 45 (entrée libre)
animée par la revue L’Histoire et avec la participation de l’historienne Cécile Vaissié

T h é â t r e 13 – 103A boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris ( métro : Glacière)
représentations le mardi, mercredi, vendredi à 20 h 30, le jeudi et le samedi à 19 h 30, le dimanche à 15 h 30