A poil, le guide du naturisme (2)

A poil, le guide du naturisme (2)

Toutes les questions trouvent des réponses dans ce guide : qu’est-ce que le naturisme ? / Un mode de vie / sports et loisirs / vacances naturistes / le naturisme pratique / de lieux en lieux…. Sauf que, comme vous me connaissez j’y joins mon groin de sable, histoire aussi d’apporter d’autres alternatives au fric frac intime à bourses déliées des grands centres qui dévoient le naturisme fraternel.

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Une bibliographie est proposée, quoique incomplète. Il manque au moins le premier roman du Bartos édité aux éditions Michel Champendal (hélas décédé cette année) : « Carl et les vies parallèles » avec humour et dérision du milieu naturiste. Il y a aussi le fameux « Nus », collection Fayard Noir de Jean-Bernard Pouy (Grand Prix 2007 de l’Humour Noir) et très libertaire ! Mais aussi « La nudité. Pratiques et significations » de Christophe Colera, éditions Cygne paru en octobre 2008 bien avant le bouclage de ce présent guide !

Des associations dignes de ce nom sont aussi citées. Je ne veux pas parler d’« Imaginat » qui censure délibérément les diatribes du Bartos, sous prétexte qu’il affiche clairement ses analyses et opinions sur le naturisme fraternel et créatif en voie de disparition et qu’il refuse de parler la novlangue naturiste. En fête, il tente en vin de Médoc ! de s’exprimer, sauf que moi, je m’adresse totalement libre sur le Mague à beaucoup plus de personnes que lui, le zombi !

N’y aurait-il pas une corrélation de bourbier nauséabond chez les naturistes, du fait de leur enfermement volontaire dans leurs modes de pensées fermées et à bien des égards réacs de chez les pires réacs ? Alors qu’autour d’eux, le monde bouge et évolue, tandis que les naturistes stagnent pépères et mémères peinard(e)s dans leur sacro sainte soutane familiale héritée du maréchal, voilà Pétain qui radine sa fraise pourrie ! Que nenni, un mot à ce sujet dans ce guide, ça ferait désordre et ne serait pas assez vendeur !

Je pensais surtout, pour ma part, en terme d’association naturiste vivante, à "Nautena" (nautisme et naturisme), dynamique nomade, puisque sans port d’attache, toujours à naviguer à la voile, plonger, nager, voyager, avec Fabrice, son honnête homme président très ouvert d’esprit et très fraternel que j’estime beaucoup et que je salue au passage.

A propos du marché de Montalivet en page 74, que je fréquente en vélo fréquemment puisque j’ai mon amie éditrice Delphine Montalant qui a un stand de livres et dvd tout l’été, dont je conseille vivement la visite. Le guide nous raconte que « La clientèle vient du CHM, il suffit de regarder les vignettes sur les pare-brises de voiture en stationnement pour s’en convaincre » et plus loin… « Il faut compter 15 à 20 minutes de marche pour se rendre au marché de Monta et moins de 5 minutes en vélo ».

N’y aurait pas une certaine contradiction de comportement dans les déplacements entre les deux énoncés ? Et moi qui pensais, naïve, que tous les naturistes avaient la fibre écolo à la mode de chez nous. A moins que les caisseux qui puent soient toutes et tous des estropié(e)s ! Etonnant non ! Idem pour celles et ceux qui viennent d’Euronat ! Comptez le nombre de capteurs solaire et de récupérateurs d’eau de pluie ou de rosée installés sur les chalets et comparez avec le nombre de 4 x 4 en circulation en ces lieux !

Autre curiosité au salon des loufoqueries du CHM de Montalivet, la vente des imperméables transparents ! Plus textile et tactile le plastoc tu meurs ad hoc !

Il est dit aussi en termes de généralités incongrues en page 77 : « Cependant la direction (d’Arna) comme dans tous les grands centres français désormais – promeut désormais avec rigueur – et campagne d’information à l’appui – le respect des règles naturistes qui veulent que lorsque les conditions climatiques le permettent, on sorte exclusivement nu ! » Ce que j’en sais ne me convainc guère de ce discours emphatique. En effet, c’est le tiroir-caisse qui régit les directions des grands centres et non pas un certain esprit naturiste d’égalité face au nu collectif. Engranger le capital fric et après, on s’arrangera bien d’une certaine éthique du nu en collectivité. Amen !

« Faudra-t-il aller jusqu’au gaz au napalm, à l’atomique, à la dégobille bactériologique pour faire comprendre au genre humain que la grosse illusion du monde moderne, c’est le fric ? » (Jean Vautrin in « La Vie badaboum »).

Il en va de même avec la culture de masse tirée d’une émission de TF1. Entre la tournée des cirques, vous avez aussi des clowns tristes. Exemple d’une soirée typique au mois d’août. Un zigue la soixantaine retapée, vêtu en costume blanc avec des pompes de macro, arpentait une scène en plein air devant un public entièrement sapé de pied en cape sous une température d’au moins 25 °. Il chantait du Jo Dassin et Michel Delpech, mon galérien, accompagné d’une bande son. Tout autour sur la place du centre commercial, des tubes digestifs se sustentaient la panse en dépenses, rots et gargarismes en tapant le rythme avec leur fourchette. Je parie que cette scène de la société du spectacle se répète également n’importe où dans n’importe quel centre naturiste.

Quand on sait également que le valeureux chanteur écume tous les campings textiles de la région, j’en suis encore à me demander qu’est-ce qui distingue un naturiste le soir d’un textile dans son attitude ? Et dans la journée, si ça tombe les campeurs naturistes ressemblent aux campeurs beaufs et textiles du film « Camping », sauf qu’ils sont calcifiés. C’est consternant de médiocrité, d’autant que ce guide vend la « grande cordialité » naturiste, la tête vide, les neurones au repos.

Ne sont-ils pas eux aussi les dignes représentants « d’une société technocratique et néo-barbare formatée à l’efficacité, le rendement, le marchandising » ? (Jean Vautrin in « La Vie Badaboum »).

Pour répondre de façon concrète et brève, a ce hold-up organisé de main de maître, il existe déjà quelques alternatives expérimentées dont une qui date des grands parents du Bartos qui étaient profs et membres du GCU (groupement des campeurs universitaires). La mafia enseignante organisée, nantie de ses deux mois de vacances et payée au lance pierre s’est investie au sein de sa mutuelle d’assurance pour acheter des terrains en France et les ouvrir aux campeurs.

Il existe un terrain de camping naturiste autogéré à Port Leucate. Chaque semaine, un conseil de camp se réunit avec tous les campeurs, dans le style de la pédagogie Freinet, pour gérer les conflits et prendre toutes les décisions en commun. Le prix de séjour est très attractif, puisque tous les vacanciers participent à la gestion et à l’entretien du camp et donc s’impliquent et sont concernés au quotidien de leur espace qu’ils souhaitent voir perdurer le plus libre possible.

Enfin, très bien dans ce guide, l’ouverture à d’autres pays que celui de franchouille : (Belgique, Espagne, Croatie, Cuba, Hongrie, Suisse, Luxembourg). Pour les plages naturistes à l’île de Formentera (Baléares), je conseille à l’auteur de joindre de ma part sur son blog, mon amie Fred Romano qui y vit à l’année et nage nue.

Quand aux plages d’Istrie en Croatie, si mes souvenirs sont exacts, il s’agissait de béton. Macaque bonobo le sable sur la côte de l’Adriatique à part autrefois avant la guerre de Yougoslavie, un lieu naturiste de sable gris en dessous d’Ulcinj à la frontière de l’Albanie. Le Bartos y a séjourné durant six semaines et en garde un souvenir impérissable avec de multiples rencontres des quatre coins d’Europe de l’Est à l’Ouest, et beaucoup de choses nouvelles. Dommage aussi que pour la Hongrie, il manque les liens avec les lieux proposés.

Les publicités, (pléonasme flasque), dans le guide sont redondantes avec les propos tenus par les auteurs. Elles interrogent sur l’impartiale objectivité du même tonneau que les revues naturistes qui participent elles aussi à ce phénomène de carnation de l’information !

Je préconise néanmoins ce guide à votre sagacité et votre curiosité. J’espère, seulement si je reçois la prochaine mouture 2010, qu’il tiendra compte de mes critiques et celles de ses lectrices et lecteurs, afin de l’agrémenter davantage et le rendre le plus plausible possible, en termes de lisibilité concrète et réelle du naturisme actuel, principalement basé sur l’achat et la vente de service à la petite tenue.

Qu’il s’ouvre sur d’autres alternatives au capitalisme moribond rampant et qu’il redonne la parole en actes à ses militants d’hier et d’aujourd’hui, afin qu’il se prononce sur un autre projet de société démocratique plus fraternel, culturel et festif. Enfin, qu’il se défroque de ses loques des temps révolus et tombe le mur dans sa tête en même temps que le paré haut et autres parades à tous ses tocs.

« Guide du naturisme Tous les centres et clubs en France, Belgique, Espagne et Croatie, d’Antony Serex avec Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, Chloé Chapalain, le Petit Futé, 180 page, 2009, 9 euros

Voir en ligne : NAUTENA

le 10/09/2009
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