A poil, le guide du naturisme ! (1)
Ce guide très complet affiche ses poils roussis au soleil du naturisme actuel dans les clubs et centres en France, sur les plages et même à l’étranger. Petite histoire au raccourci quant à certaines influences brunes qui sont gommées. A propos du besoin maladif des naturistes sur les plages libres d’appeler le gentil gendarme à la rescousse, sans aucun doute, cette attitude et d’autres encore dont je parle sont à marquer d’un manque de maturité citoyenne et politique.
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Si tu ne vas pas au naturisme, le naturisme ira aux médias textiles, si j’en crois du moins en Gironde, le jeudi 13 août sur France bleu durant une demi-heure l’interview et la discussion fructueuse entre l’auditoire, un président d’une association naturiste et sa compagne. Autre pratique pour dépasser les frontières de l’enfermement du nu, j’ai déjà interviewé l’APNEL (Association de promotion du naturisme en liberté) pour le Mague. On la retrouve dans un article en page 8 de Sud Ouest du 5 août sous le titre : « Non, vraiment, avec les vêtements, j’ai du mal » lors d’une « randonnue » cet été autour du lac d’Hourtin.
C’est tout naturellement que j’ai lu avec attention de quoi il retournait dans le « Guide du naturisme » 2009 du Petit Futé. Je regrette juste de l’avoir reçu plusieurs semaines après ma demande, sans que ne me soit joint le dossier de presse et quelques mots concernant l’auteur et ses collaborateurs !
Où l’on apprend tout de go que l’on compte « plus de deux millions de pratiquants en France » (page 1). En quoi cela consiste ? « Redonner sa juste place au corps, découvrir le plaisir de vivre en harmonie avec la nature, telle est la vérité du naturisme ». (page 1)
Derrière ce langage pour le moins sibyllin de ses disciples, devait se cacher une recherche d’un nirvana dédié à un paradis perdu en dehors des arcanes de la société civile et des maux de la société, qui me faisait inextricablement penser à l’adage des planqués : pour vivre heureux vivons caché. J’ai toujours éprouvé de la méfiance envers la vérité d’un groupe constitué qui pour t’accepter en son sein te teste, te jauge et te juge à ton corps nu défendant.
Que nenni, mon esprit frappeur de grande provocatrice dans la verve des singettes rebelles, j’ai encore tout faux ! « Problèmes de seins trop petits ou trop gros, de pénis pas joli, de cellulite ? Vous en verrez d’autres, en toute décontraction, et vous vous apercevrez que vous êtes tout simplement normal … et que le regard du naturiste n’est pas pesant : l’acceptation des différences est une des qualités du naturisme ». (page 23). Merci docteur Olga von Naturisme pour le droit à la différence et à la mort de la tyrannie des apparences ! C’est Divan le Terrible qui va être content quand il va l’apprendre de ma bouche.
Dans le paragraphe « la poule et l’œuf », on apprend que les naturistes ont du caractère et du tempérament à vendre au plus offrant : « On remarque très souvent que les gens calmes et détendus, discrets, aiment la nature, la nudité fait que la convivialité, la solidarité s’instaurent très vite entre naturistes ». (page 25) Oui en effet, la solidarité entre personnes concernées avec les gens du pays de la Pointe du Médoc, lors de la lutte contre le terminal méthanier au Verdon, le Bartos a pu tester sur place l’inertie du groupe naturiste totalement dépendant des instances dirigeantes du naturisme démocratique affilié au polit bureau !
Pour un petit bouquin de cette envergure, je reconnais à l’équipe de ses auteurs un travail conséquent le plus complet possible sur le sujet jusque dans les recoins actuels de « la loi et le naturisme » sur trois pages. N’étant pas en mesure de pouvoir comparer avec les éditions précédentes, je m’abstiendrai de commentaires de cette nature.
La « petite histoire et sociologie du naturisme » me paraissent assez justes. Des pionniers anarchistes, hygiénistes et spiritualistes de la Belle Epoque jusqu’après « la seconde guerre mondiale (où) va se développer le tourisme de masse sous l’impulsion de personnalités telles Albert Lecocq, le naturisme va lui aussi chercher à gagner l’ensemble de la société française ». (pages 14 / 15)
Et dès lors, souffle le vent du consumérisme actuel que je le déplore pour ma part, en us et égards pour les pionniers, qui se sentaient concernés eux, par un projet de société et se prononçaient politiquement en actes, dans des courants de réforme de la vie où le naturisme collectif pouvait prendre part à l’essor tant intellectuel que physique de l’autonomie des citoyen(ne)s.
Autant, si toutes les premières composantes sont évoquées, je regrette seulement que l’influence de la peste brune chez un célèbre naturiste manque à l’appel ! Albert Lecocq (le coq gaulois du naturisme comme le vénère encore une certaine génération), à ses débuts dans le manifeste des clubs du soleil, faisait référence à Alexis Carel, l’un des fumeux penseurs franchouillard de la théorie aryenne en France et qui fut bien entendu collabo sous Vichy ! Pourquoi dans un esprit de la plus grande objectivité possible, le guide omet les erreurs de jeunesse de Lecocq ? Tout comme d’ailleurs, il est très difficile de trouver des traces de la fréquentation des premiers clubs naturistes durant la seconde guerre sous l’occupation. Etonnant non ou pas ? Les naturistes pures souches bien ronflantes ont-ils encore d’autres secrets de famille à cacher ?
Sinon, pour la forme, ce guide est bien fichu et très complet. On y trouve des cartes routières qui correspondant aux lieux des centres naturistes, les conseils pour les béotiens qui veulent tenter le naturisme.
Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans des commentaires hors sujet à propos de la sexualité chez les naturistes, je rappelle à celles et ceux qui auraient tendance à se gourer de guide : « Que vous soyez homo, hétéro, bisexuel vous regarde. Tout ce qu’on vous demande, c’est la discrétion. Laissez votre sexualité à la porte de chez vous – à l’intérieur – , tout le monde s’en portera très bien ». (page 25). Ce qui ne veut pas dire que les naturistes sont des personnes chastes du côté de monsieur le cureton, (bien heureusement non !), seulement, la vie intime chez les naturistes ne se déroule pas dans la sphère du public à la vue de toutes et tous. A bon entendeur les vampires forcenés de la nuit du Cap Drague, salut !
Clin d’œil à la gent féminine pas encore acoquinée d’une charge familial, mes libres frangines, sur la raison qui a fait qu’elles sont devenues naturistes. Tout simplement, elles en avaient ras les guiboles d’être draguées et importunées sur les plages textiles par des machos imbuvables de leur personne.
Puisqu’on en vient au sujet des plages qui n’entrent pas dans le périmètre d’un centre naturiste. Je m’étonne vraiment du conseil donné dans ce guide en page 137, à la question : « Que faire quand sur une plage naturiste, vous voyez ce que vous ne voudriez pas voir ? », sous entendu, sans se voiler la face : un exhibitionniste ou des friand(e)s de parties de jambes en l’air en public. Certes, « réagir est une nécessité », je compatis mais pas dans le sens proposé, à savoir : « Il convient d’appeler la gendarmerie – avec le 112 sur son portable. (…) N’hésitez pas à porter plainte. Si les gendarmes n’interviennent pas, portez plainte directement auprès du Procureur de la République – au Tribunal de Grande Instance du département concerné ».
Se référer à la force officielle en cas de souci, c’est aussi ne pas assumer ses convictions et se révéler passif face à un évènement involontaire de sa volonté. Moi qui suis totalement allergique à tous les uniformes, comme Pépée, l’une des chimpanzés de ce cher Léo Ferré, je pense qu’à plusieurs femmes et hommes, allez à la rencontre de la personne qui dérange et avoir une bonne explication franche avec, lui fera perdre tous ses moyens et fera fuir l’importun(e). Ainsi, on aura résolu la problématique de façon non violente. Encore faut-il avoir l’énergie d’agir et garder une certaine fierté naturiste bien placée !
A suivre dans la seconde partie de mon article : un complément de biographie du guide / Nauténa, association vraiment bath / une analyse du guide à propos du marché de Montalivet / l’entreprise de gros sous du naturisme et au moins une alternative par une approche autogestionnaire : le GCU / un spectacle typique en soirée / quelques propositions d’un autre regard sur la Croatie et Formentera, la critique des publicités dans ce guide qui déforment et orientent forcément les propos des auteurs et enfin je donnerai mon avis général quant à ce guide.
Guide du naturisme Tous les centres et clubs en France, Belgique, Espagne et Croatie, d’Antony Serex avec Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, Chloé Chapalain, le Petit Futé, 180 page, 2009,
Voir en ligne : interview de l’APNEL
