Allain Bougrain-Dubourg à Saint-Jouin-Bruneval
Invité par la municipalité, le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) sera le dimanche 23 août à Saint-Jouin-Bruneval pour dénoncer l’amputation de la zone Natura 2000.
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La résistance au projet de construction d’un port méthanier à Saint-Jouin-Bruneval ne désarme pas. Nouveau signe extérieur de la colère locale, un grand panneau en bordure de la route Le Havre-Étretat affiche une œuvre du dessinateur Cabu qui a rallié la cause des écologistes locaux.
Depuis le début de l’été, la municipalité a mis les petits plats dans les grands pour animer la commune. Concerts, ateliers nature, sorties ornithologiques, lectures autour de la cabane-bibliothèque Lire à la plage, balades en poneys, char à voile, activités nautiques, pêche à pied, entre autres animations des Estivités, ont permis et vont encore permettre jusqu’à la fin du mois des rencontres bien agréables.
Malgré le dynamisme de l’équipe municipale dirigée par François Auber, l’été a été un peu plombé par une mauvaise nouvelle. Le 27 juin, l’État a annoncé qu’il éliminait la digue d’Antifer de la zone Natura 2000. Cet espace fragile, situé à cinq kilomètres d’Étretat, devait bénéficier d’une protection écologique européenne... « Cette décision de retrait, prise en catimini dans le bureau du ministre de l’Écologie, est contraire aux engagements de l’État au niveau national et européen », peste le maire de Saint-Jouin-Bruneval. Cette décision aurait-elle un quelconque rapport avec la création d’un port méthanier doublé d’une zone industrielle gazière envisagée par la société Poweo-Gaz de Normandie ?
« Retirer la digue d’Antifer de la zone Natura 2000 de Saint-Jouin-Bruneval, c’est une aberration écologique, un non-sens environnemental, une destruction programmée de la biodiversité, explique François Auber. La directive européenne sur les oiseaux migrateurs impose à tous les États européens de créer des zones de protection spéciales là où sont recensés les oiseaux listés sur son annexe de protection n°1. Les périmètres proposés par le Muséum d’histoire naturelle et validés par les acteurs locaux, notamment les conseils municipaux du littoral, ont donc été modifiés sans véritable raison, ni cohérence scientifique, mais aussi sans aucune concertation. »
Le 14 juillet, Stephan Hessel, ambassadeur de France, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, est venu saluer l’esprit de résistance des élus, des associations et des citoyens de Saint-Jouin-Bruneval. Le soutien d’Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, va être également une aide précieuse pour le collectif des élus locaux qui lutte contre le projet de port méthanier en dénonçant au passage les manœuvres antidémocratiques qui vont laisser sans protection l’un des plus beaux sites migratoires d’Europe. Plus de cent dix espèces d’oiseaux (sternes, mouettes, avocettes, faucons pèlerin, grèbes, plongeons, puffins des Baléares, pingouins, chouettes, hiboux...) sont observées chaque année.
« Nous demandons le rétablissement du périmètre de protection de ce site, car, selon la directive européenne, aucun projet économique ou financier n’est opposable au classement d’une zone de protection spéciale », affirme François Auber en annonçant que plusieurs actions, y compris juridiques, vont être engagées afin que les intérêts généraux de la biodiversité de la digue d’Antifer ne soient pas sacrifiés.
Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez consulter le site de la commune de Saint-Jouin-Bruneval.
