L’Économie informelle en forte Croissance

L'Économie informelle en forte Croissance

Tandis que les experts du Fonds Monétaire International (FMI) prévoient une contraction du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’ordre de 0,3% dans les pays développés, Christine Lagarde se lance dans une grande campagne à propos du laxisme qui régit le crédit à la consommation. L’État s’est lui-même surendetté pour faire face à la crise financière et il fait feu de tout bois pour trouver un peu d’argent frais. Malgré la récession mondiale, tous les secteurs d’activités ne sont pas à la peine, et cette fois-ci, l’économie numérique apparaît désormais comme un moteur de la croissance future.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

1.000 milliards de dollars à peu près ont été investis par les États-Unis pour sauver leur système bancaire, et en Europe, il est plus difficile d’établir la somme exacte des fonds alloués à la relance de l’économie, mais tout le monde s’accorde à dire que l’effort fourni est guère moins important. Éric Woerth a estimé mercredi que le déficit budgétaire qui a été voté aujourd’hui, de l’ordre de 57 milliards d’euros, est un déficit qui passera aux alentours de 70 milliards d’euros après plan de relance, mais qui devrait très vite revenir à l’équilibre des finances publiques dans les années... 2014 !

Lorsqu’on parle de déficit public, c’est bien évidemment le contribuable qui est visé car, au contraire de tout un chacun, les pouvoirs publics n’ont d’autre moyen de financer leurs actions que par l’impôt et par l’emprunt. Comme il est devenu l’aspirateur d’argent principal depuis quelques mois, les crédits deviennent de plus en plus difficiles à obtenir, même pour les plus grandes entreprises… Qu’en sera-t-il pour les particuliers ? La ministre de l’Économie livre un entretien ce jour au journal Le Parisien pour annoncer qu’un projet de loi sera déposé l’an prochain pour lutter contres les abus du crédit renouvelable.

Le crédit à la consommation est nécessaire et utile, puisqu’il finance 10% de la consommation des ménages. Mais il doit être raisonnable et responsable. J’ai demandé un rapport sur le crédit renouvelable, qui vient de m’être remis, déclare Christine Lagarde en dénonçant des excès et des abus dans ce domaine. D’un autre côté, les pouvoirs publics ne cessent d’imaginer de nouvelles taxes pour financer telle ou telle mesure écologique ou pratique… Le transfert de la diffusion de la publicité vers les chaînes de télévision privées est sujet à une ponction fiscale nouvelle, et pour en établir l’assiette, nos énarques ont bien vu où lever l’argent qui reste à prendre…

Les Français passent de plus en plus de temps sur Internet, et particulièrement depuis leur lieu de travail, a-t-on lu mercredi dans toute la presse. Dans trois ans, la structure de la population internaute ressemblera à celle de la population française, affirme Benoît Cassaigne, directeur des mesures d’audience de Médiamétrie, et note que le Web se démocratise de plus en plus ! La France comptait 32 millions d’internautes en septembre 2008 soit 2,5 millions de plus qu’en septembre 2007, a-t-il souligné. Parallèlement, le temps passé sur le réseau mondial ne cesse d’augmenter : les Français y ont passé 32 heures en septembre 2008, soit deux fois plus de temps qu’en septembre 2004. En septembre 2007, les Français avaient consommé 23 heures d’Internet.

Alors que se tient la 5ème édition du Web ‘08 au 104, grande halle culturelle du nord parisien, nouvellement inaugurée rue d’Aubervilliers à Paris, David Glazer, directeur des systèmes de Google, confirme que ses équipes travaillent intensément à trouver les solutions permettant de rentabiliser YouTube : j’ai une conviction : si vous créez de la valeur pour le consommateur, les revenus suivent !
Il explique aussi au magazine Challenge sa vision des prochains développements sur le Web, et donc sur Google :

Aux États-Unis, les sites de vidéo ont la cote, au point qu’ils génèrent assez d’argent pour permettre maintenant à leurs promoteurs de rémunérer les auteurs. YouTube conclut désormais des partenariat avec des créateurs qui promettent, mais en France aussi, DayliMotion est en passe de suivre la même voie, en proposant à de jeunes cinéastes de participer à leur promotion, et en les dédommageant pour leurs efforts grâce à des opérations promotionnelles et des concours… YouTube, tout comme Google, est intégralement financé par la publicité. Un internaute américain affirme percevoir 100.000 dollars par an grâce à ce système. Un autre prétend gagner de 17 à 20.000 dollars par mois, la moitié de ses gains provenant de la publicité, et l’autre de partenariats conclus avec des médias classiques.

Google est devenu grâce à un système astucieux un acteur incontournable et mondial dans la publicité. Là aussi, la mondialisation et la déréglementation est la loi du genre… Pas question d’embauche, et chacun se débrouille. Pour traiter directement avec Google en tant que régie publicitaire, il est obligatoire d’être immatriculé aux États-Unis. Inimaginable pour le blogueur français qui souhaite monnayer son audience ! En revanche, les gros agrégateurs de contenu sur Internet fonctionnent en sous-traitance avec d’autres régies dans le monde. Depuis quelques années, les médias traditionnels se sont tournés vers cet outil de communication qui leur offre la possibilité de s’affranchir des contraintes de fabrication traditionnelles… Ainsi, le site Internet du journal Le Monde est-il devenu la vache à lait d’un groupe de presse en déshérence. Mais le point d’équilibre n’est pas encore atteint par les sites d’information indépendants, qui ne peuvent s’adosser aux moyens d’un grand groupe. En revanche, un nouveau public est déjà capté aux dépens de la communication traditionnelle.

Traditionnellement, l’internaute est plus jeune, plus urbain, plus actif que le reste de la population française. Mais on assiste à un phénomène de rattrapage rapide, avec une forte progression des plus de 50 ans et des personnes résidant en province, a souligné de son côté Benoît Cassaigne. 27 millions de Français se servent d’Internet à domicile et y passent en moyenne 21 heures par mois. Plus de 96% d’entre eux utilisent une connexion à haut débit, soit une progression de 18% entre octobre 2007 et octobre 2008. Les internautes au travail sont moins nombreux : 11 millions de personnes par mois. Ils sont cependant particulièrement impliqués : ils passent 38 heures par mois sur la Toile, l’équivalent d’une semaine de travail, ou près de 2 heures par jour ouvré…

À l’heure où les gros fournisseurs de biens de consommation se déclarent au seuil de la faillite, à commencer par l’industrie automobile, une autre économie est en train de naître, et de se tailler des parts de marché. L’activité de demain, à n’en pas douter, est informelle et dématérialisée, tant du point de vue de sa structure, que de celui dont les gens vont s’impliquer… Le rapport remis par Jacques Attali le 23 janvier 2008 au président de la République l’a bien remarqué, mais ce sont surtout les éléments immédiats que l’opinion publique a relevé, touchée par les risques réels que le progrès technologique ont fait peser sur ses modes de vie. Ceux-ci demeurent cependant à réinventer !

 

 


La vie est dure et plus les choix sont difficiles
Quand le pouvoir d’achat est amputé d’autant,
Plus les pouvoirs publics fuiront en présentant
Tous les bienfaits tirés par tous les gens dociles.

Nos sommations du jour sont autant de bacilles
Qui vont pourrir un corps social moins résistant,
Tournons le dos au chœur sans cesse impénitent
De ces braillards avec leurs hauts cris imbéciles !

Tournons-nous droit devant l’écran d’ordinateur
Et convenons qu’il s’ouvre à notre insu l’auteur
D’une autre économie à présent bien plus ferme.

Nous n’aurons pas d’argent en plus en réclamant
Si nous restons dans ce bureau qui nous enferme,
Prenons tous seuls en mains la toile en l’écumant !

 

le 11/12/2008
Impression