Deux journalistes français condamnés au Pakistan pour défaut de visas. Oui, et alors ?

Que se passe-t-il dans le petit monde feutré de la presse magazine ?

Tout le monde est sous le choc parce que deux d’entre eux furent arrêtés en décembre 2003, au Pakistan, pour défaut de visas, emprisonnés, puis mis en résidence surveillée.

Condamnés à six mois de prison et enfin relaxés avec une « forte amende » : 2700 euros par tête (sic).
De qui se moque-t-on ?

Le travail de journalisme d’investigation comporte des risques, tout le monde le sait. Tout le monde l’accepte (sauf les premiers intéressés ?). Tout le monde se souvient du film « Les hommes du Condor » dans lequel Robert Redford voit sa vie menacée parce qu’il a pris connaissance d’une information sensible.
On se souvient du destin de Daniel Pearl, enlevé puis assassiné par une bande de fous de Dieu, alors qu’il enquêtait au Pakistan sur la piste d’une branche d’al-Qaïda, quelques mois après les attentats du 11 septembre.

L’Express envoie deux journalistes pour enquêter, dans une zone dangereuse, avec pour tout bagage un visa restrictif, ce qui signifie que les deux sieurs ne sont pas autorisés à aller fouiner n’importe où.
Que font-ils ?
Ils s’empressent d’aller là où il ne faut pas. C’est le jeu. C’est leur métier. C’est un acte réfléchi, volontaire. Ils se font prendre. Ils sont donc enclins à suivre la procédure judiciaire du pays souverain dans lequel ils viennent de commettre un délit.
Et pourquoi non ?
Tout simplement parce qu’ils sont blancs, occidentaux, journalistes. Et que lorsqu’on est blanc, occidental et journaliste on est au-dessus des lois. Surtout quand on fait le malin chez les bougnoules. Encore et toujours cette morgue que l’on affiche face aux autres. Imaginez un pakistanais qui se fait prendre près de La Hague, ou aux abords d’un centre d’entraînement de l’armée, il ira au cachot d’office et sans remous. Mais ici, l’homme blanc n’a que faire des lois du Pakistan, pays ami selon certains, mais repère de fondamentalistes pour d’autres. Que ce pays soit la résultante d’une énième perfidie de l’Angleterre qui a découpé l’Inde historique avant de partir de manière à ce qu’il y ait plus de musulmans en Inde qu’au Pakistan même, et que les deux pays soient voués à une lutte intestine sans fin du fait même de ses frontières absurdes, tout le monde l’a oublié, ou ne l’a jamais su. La seule question qui demeure est : de quel droit garder prisonnier de si gentils blancs, occidentaux et journalistes ?

On les relâche donc après un épisode judiciaire rocambolesque, digne des mauvaises séries B, avec intervention du Quai d’Orsay, de Chirac et de tout ce que la France compte comme moyens de pressions pour deux imbéciles qui se sont faits pincer la main dans le sac.

Mais quid du chauffeur qui les accompagnait ?
Qui se soucie de ce lampiste qui va payer pour les deux imbéciles blancs, occidentaux et journalistes ?
Qui sait ce qu’un lampiste doit subir dans ce pays ? Personne !
Ce n’est qu’un musulman, pakistanais, chauffeur … Il n’a que ce qu’il mérite, il n’avait qu’à pas aller circuler dans les zones interdites avec des occidentaux démunis d’autorisations. Il le savait, le bougre, qu’il commettait une infraction. Qu’il paye maintenant dans son pays pourri et gangréné par les fous de Dieu … On s’en fout, nous autres occidentaux, on a récupéré nos héros, nos journalistes blancs.