John McCain et Barack Obama ont fumé le Calumet de la Paix

John McCain et Barack Obama ont fumé le Calumet de la Paix

Le 44ème président des États-Unis a rencontré lundi son rival républicain à Chicago. Barack Obama et John McCain ont montré pendant une campagne électorale aux vifs accents leur désir de tourner la page des modes de gouvernement précédents, et notamment de l’ère Bush qui a laissé beaucoup d’amertume au cœur des citoyens américains. Aucun propos de l’échange n’a filtré du 38ème étage du Kluczynski Federal Building, où le futur président démocrate met au point son équipe, mais un communiqué commun a été publié.

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Dès avant son élection à la présidence, Barack Obama n’a pas fait mystère de son souhait de recruter des membres du parti adverse dans son administration. Les 2 dernières semaines de campagne ont vu plusieurs défections au sein de l’équipe du candidat républicain donner le coup de pied de l’âne aux ambitions de celui-ci, mais beau joueur, John McCain a salué la victoire de son rival dans la nuit du 4 au 5 novembre. Le sénateur de l’Arizona est considéré comme un franc-tireur dans son propre parti, il n’a pas hésité à joindre sa voix aux démocrates à plusieurs reprises.


En 1993, il a fait campagne avec John Kerry, lui aussi vétéran du Viêt-Nam, pour la reprise de relations diplomatiques entre Washington et Hanoï et un échange d’ambassadeurs. Lundi soir, interrogé pour savoir s’il comptait aider la prochaine administration démocrate, John McCain a simplement répondu : évidemment ! Le communiqué fait état d’une volonté commune de dépasser les clivages partisans afin de relever les grands défis du monde : nous espérons travailler ensemble dans les jours et les mois à venir sur les enjeux critiques tels que la solution de la crise financière, la réalisation d’une nouvelle économie de l’énergie, et la préservation de notre sécurité nationale.


Les deux hommes ont certes des points de vue convergents sur les sujets brûlants du changement climatique et de l’éthique en politique, et ils sont une nouvelle fois convenus que les Américains de toutes les tendances souhaitent et ont besoin que leurs dirigeants travaillent de concert et changent les mauvaises habitudes en vigueur à Washington, afin de résoudre les problèmes urgents et communs à notre temps. La réunion a eu lieu en présence de Rahm Emanuel, le futur secrétaire général de la Maison-Blanche. L’entretien a bien sûr valeur de symbole, mais il confirme l’esprit d’ouverture du nouveau président et des deux camps.


Barack Obama s’est senti obligé d’adopter une attitude et un comportement consensuels après les primaires démocrates, pendant lesquelles il est parvenu à s’imposer face à Hillary Clinton. Il ne fait pas de doute qu’il a compris tout le bénéfice à prendre en agissant en rassembleur. Les chances pour que John McCain ou Hillary Clinton figurent dans l’équipe gouvernementale de Barack Obama demeurent cependant très faibles. Le choix de Rahm Emanuel comme collaborateur direct demeure toutefois un signe fort du nouveau président envers les caciques du parti démocrate, et il a confirmé son souhait de prendre des républicains dans son équipe. Cet entretien est intervenu exactement 4 jours après celui qu’il a eu avec sa challenger


En revanche, une volonté affirmée de chercher à ratisser large est susceptible de grever l’esprit de réforme que tout le monde attend à Washington. L’acuité dont le candidat a fait preuve dans ses discours de campagne est destinée à s’émousser devant les obstacles, et au contact d’un plus grand nombre de conseils recueillis. Pour financer sa campagne, Barack Obama n’a pas hésité à s’adjoindre les services de Penny Pritzker, dont l’activité s’exerçait auparavant à gérer des fonds hypothécaires, ceux qui justement sont à la source de la crise financière. Laura Tyson, qui l’a conseillé sur les questions économiques, a tenu pendant 10 ans un poste de direction chez Morgan Stanley, l’une des banques les plus touchées par la crise… Celles et ceux qui le rejoindront seront-ils également avisés pour redresser une situation critique ? Il n’est pas certain que l’unanimisme soit de bon aloi, pas plus que le sectarisme.

 

 


Nos rivaux de la veille ont mis un point d’honneur
À mettre un terme aux coups jetés durant leur lice,
Pour travailler ensemble au mieux et sans malice !
Mais de l’entente, on n’en sait pas plus la teneur…


Nous avons pris pour mœurs d’avoir l’esprit crâneur
Qu’un foin nous prend d’en faire un point à la police,
La main tendue est d’un usage au fond moins lisse :
Chez nous, le front commun n’a pas trouvé preneur.


Si nous prenions exemple un jour sur ces complices,
Alors n’aurions-nous plus le choix de nos supplices
Mais la concorde, en place, est un cirque assez vain.


Nous attendons le plus des gros accrocs du nombre,
Quitte à verser sans cesse au creux d’un grand ravin
Pour incarner l’opprobre et le remords d’une ombre.

 

le 18/11/2008
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1 Message

  • 19 novembre 2008 22:58, par J CEMELI

    Un certain ascendant de Barak sur John — me semble-t-il