Nous sommes tous des Obama français

Nous sommes tous des Obama français

Comme il est étrange, cet engouement français pour l’élection présidentielle américaine ! Et comme il est curieux de lire, de voir et d’entendre ces journalistes qui font mine de déplorer qu’il n’y ait pas d’Obama français alors que ce sont eux qui semblent l’avoir décidé en excluant a priori et systématiquement tout Obama potentiel pour exhiber leurs béni-oui-oui habituels, choisis à cause de leurs alliances ou de leur sottise (parfois les deux).

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Regardez un peu ce que nos maîtres censeurs essaient de désigner comme les représentants des « noirs » de France, après avoir tenté de fabriquer de toutes pièces une communauté qui ne peut exister que dans le malheur. On pourrait imaginer qu’un pays comme la France donne au moins l’exemple en rappelant que Barack Obama n’a rien de particulier si ce n’est d’être le meilleur candidat de cette élection, en saluant une démocratie où les partis politiques ne barrent pas la route aux candidats sur la seule considération de la couleur de leur peau. C’est d’ailleurs en jouant cette carte universaliste et, au fond, de tradition française, qu’Obama est là où il est.

Mais c’est tout l’inverse qui se produit. La part la plus nauséabonde de la France, celle qui prétend représenter le pays, parler au nom du pays, sous prétexte qu’elle a le porte-voix, de s’exciter sur cette prétendue couleur d’Obama, comme le colon fantasmait sur le cul de la "négresse", avec d’autant plus de nervosité qu’on sait bien qu’ici un Obama aurait, depuis longtemps, été abattu en plein vol. Depuis des décennies, tous les partis politiques français, de droite, du centre, de gauche, d’extrême gauche, les ont brisés, laminés, ostracisés, nos Obamas. Dès qu’il s’en présentait un, méthodiquement, sournoisement, efficacement, on l’abattait, on le détruisait. Par peur, par bêtise. Voilà où on en est arrivés, à force de vouloir censurer l’histoire. L’Amérique, ancienne colonie esclavagiste, a été obligée d’assumer son passé. En France, on en est encore à se demander s’il est bon d’en parler.

Ce qui se passe en ce moment aux États-Unis met simplement en lumière que la France est gangrenée par le racisme hypocrite de l’élite au pouvoir. Un racisme qui est absolument le même à gauche qu’à droite. Alors, forcément, pendant ce temps, dans les ghettos où se font élire des politiciens corrompus avec des taux d’abstention atteignant parfois les quatre cinquièmes, des jeunes rêvent d’Amérique pour oublier leur quotidien révoltant.

Et pourtant, il y en a des Obamas français. Il y en a même depuis longtemps. En octobre 1795, à une époque où la France savait tirer toutes les conséquences des principes universalistes qui ont fondé la République, c’est le général de division Alexandre Dumas, né esclave à Saint-Domingue, que la Convention appelait à la rescousse, sans s’occuper de la couleur de sa peau. Mais l’essieu de sa voiture se brisa à la patte d‘Oie de Gonesse et c’est un traîne-savate raciste qui lui souffla la place, rétablissant l’esclavage et institutionnalisant un système ouvertement fondé sur des préjugés dont nous ne sommes pas sortis. Puis de deux siècles après, le même pays, en plein Alzheimer, ne se souvient plus de rien. Des vieillards gâteux, arc-boutés sur une prétendue grandeur napoléonienne qui fait rire le monde entier, n’essayant même plus de cacher les fantasmes coloniaux qui rongent leur vieille carcasse, tentent de nous faire avaler leur vomi communautariste, ce que l’Europe a produit de plus abominable.

Non, les « noirs » de France n’ont aucune raison communautaire de se réjouir de l’élection d’Obama. Mais tous les Français auxquels le racisme a un jour barré la route peuvent espérer, peut-être, grâce à cet exemple donné par le pays jusqu’à ce jour le plus puissant du monde, que justement, on arrive à s’intéresser enfin à autre chose qu’à la couleur de leur peau.

le 04/11/2008
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4 Messages

  • 4 novembre 2008 23:14, par Eric Rangon

    A mon avis, la victoire (probable) d’Obama joue favoravblement pout tout le monde. Il ne faut pas en effet oublier qu’Obama est métis, donc à la fois blanc et noir. Certainement, la société américaine n’est pas prête psychologiquement à élire un président 100/% noir ; en outre, voter pour un candidat 100/% blanc serait de moins en moins représentatif de la société américaine dans un pays qui compte - n’oublions pas - mis à part les afros de plus en plus de latinos (qui seront majouritaires dans quelques décennies selon les dernières études).
    Votre article me paraît intéressant mais vous semblez manier des images/ clichés qui me semblent ressortir d’un autre âge "le cul de la négresse comme le colon aimait"... Visiblement vous en êtes restés à l’époque de l’oncle Tom, à moins que cela soit celui de la Guerre de Sécession. A lire votre prose du Mague depuis déjà plusieurs années, vous semblez voir en chaque Blanc yankee mâle un rasciste, un suppot du klux klux Klan. Certes, historiquement je vous donnerai raison dans le sens où les Noirs originellement n’ont rien demandé à personne : pour la culture du sucre, celle du coton... on les a enchaînés, frappés, l’esclavage... la réalité brute, indiscutable.
    En 2008, jouer encore sur ces clichés, c’est déjà au minimum maladroit !!!
    Car Il y a une importante classe moyenne de Noirs aux Etats-Unis qui fonctionnent exactement comme les Blancs. Quant aux petits Noirs (mais il y a aussi et il y en aura de plus en plus ( 10 ans de connerie de Bush !) de pauvres petits Blancs, c’est quand même un peu facile de toujours rendre responsable cette société occicentale, issue des valeurs européennes !!
    Votre article, comme votre prose habituelle, me paraît symptomatique d’un certain discours geignard, hémogénique, plein de rancune cachée et ouvertement antiblanc. une prose de victimisation, de mauvaise conscience hélas omniprésente médiatiquement.
    Mais sachez que la plupart des Noirs probablement ont le désir d’être et de vivre comme tout le monde (ni dans le moule Blanc ni dans le moule Noir). Il me semble qu’inconsciement Obama cristallise ce désir. En cela, je pense, qu’il sera un président symptomatique de cette modernité. Et un très grand président !
  • 5 novembre 2008 11:54

    Justement non, car Barack a été élu plus sur la forme que sur le fond... et c’est bien cela le problème !
  • 5 novembre 2008 19:14, par Jean CEMELI

    Obama français ? : je sais pas si on a les couilles....
  • 20 novembre 2008 04:28, par leonnoel

    OBAMA a réussi dans un pays où la minorité noire ne représente que 20% de la population car il s’est présenté comme un américain soucieux des interêts de son pays et non commme le représentant d’une minorité ( à laquelle par ailleurs il n’appartient pas).
    Pour les etats unis, enfoncés dans les errements de la précédente administration, c’est un beau coup de marketing...
    Quoiqu’il en soit, c’est un nouveau symbole pour un jeunesse en proie aux doutes, particulierement en occident , terre d’immigration, et il est bon que l’on montre que l’intelligence permet de réussir.
    J’espere que les médias en prendront compte et en finiront de nous présenter comme seuls modèles d’intégration les sportifs et autres "artistes".