Rouillan veut tourner la page sans la déchirer
CQFD vient de mettre en ligne une pétition pour demander la libération de Jann-Marc Rouillan. De janvier 2004 à décembre 2007, l’ex-militant d’Action directe a été l’« envoyé spécial au pénitencier » du mensuel de critique sociale.
Il y a quelques jours, Le Mague publiait la pétition de la revue Marginales qui appelle les artistes, les écrivains, les journalistes, les éditeurs, les libraires… à protester pendant qu’une procédure d’appel est en cours pour contester la révocation du régime de semi-liberté de Jann-Marc Rouillan qui a été prononcée le 16 octobre par le tribunal d’application des peines.
Jean-Jacques Reboux, Hélène Hazera, Tardi, Bernard Noël, Nicolas Grondin, Jean-Bernard Pouy, Georges Labica, Alexandre Dumal, Jean-Pierre Duteuil, MP Aiello, Francis Combes, Jean-Pierre Bastid, Serge Quadruppani, Jean Marbœuf, Eric Hazan, Dominique Grange, la compagnie Jolie Môme… ont répondu à l’appel de Marginales aux côtés de dizaines d’enseignants, d’étudiants, d’ouvriers, d’employés, de fonctionnaires, de travailleurs sociaux, de syndicalistes en quête d’un espace pour exprimer aussi leur colère.
Cet espace existe à présent. Pour élargir la mobilisation, le mensuel CQFD a lancé une pétition « tout public ». Bien que fans inconditionnels de la prose carcérale que Jann-Marc Rouillan a pu produire, entre 2004 et 2007, dans les colonnes de CQFD, les signataires préfèrent voir l’ex-militant d’Action directe en liberté plutôt qu’enfermé dans une cellule.
Voici le texte de la pétition Jann-Marc Rouillan veut tourner la page sans la déchirer :
Jean-Marc Rouillan est à nouveau en prison. Il a rompu le silence pour annoncer qu’il tournait la page de son passé et commenter – brièvement – l’interdiction qui lui est faite de parler d’une stratégie révolutionnaire jugée il y a 22 ans aujourd’hui.
L’État a répondu en révoquant sa semi-liberté. Par cette « Affaire Rouillan », l’État réaffirme aujourd’hui sa volonté de s’attaquer à la liberté de parole. Les interprétations crapuleuses de l’interview accordée à L’Express, attisées par certains médias et soutenues par le tribunal d’application des peines, veulent museler et punir l’expression politique de l’écrivain qu’est Jean-Marc Rouillan. Sa réincarcération « préventive » nous le prouve.
Nous considérons que les conditions de la remise en détention de Jean-Marc Rouillan sont une atteinte au droit de libre expression.
Nous affirmons que Jean-Marc Rouillan n’a pas dérogé aux contraintes qui régissent le régime de semi-liberté accordé en décembre 2007.
Nous affirmons également notre révolte face à cette décision qui relève de l’acharnement et de la volonté de faire taire Jean-Marc Rouillan. Lui aujourd’hui et nous demain.
Nous réclamons donc la libération sans condition de Jean-Marc Rouillan.
Pour lire et signer la pétition sur le site de CQFD
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