Conférence de presse avec John Lydon (Sex Pistols) au festival de Bobital, le 6 juillet 2008

Conférence de presse avec John Lydon (Sex Pistols) au festival de Bobital, le 6 juillet 2008

Aprés un concert fantastique prouvant la vitalité intempestive des Sex Pistols, les journalistes attendent la vedette du festival dans une athmosphère bien excitée. Mais dès son entrée, John Lydon change cette situation immédiatement en vue de ce qu‘il est venu pratiquer - la communication humaine vraie.

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John : Vous devez comprendre que je suis fatigué. Et j’ai soif !
[Le président du festival se met à tenir un discours interminable. John l’interrompt…)

John : Ce que nous allons faire est que nous allons répondre aux questions individuellement… Puisque je suis un être humain. D’accord ?! Et merci d’être venus ! Et n’oubliez pas que je suis ROTTEN ! [Il fait voir l’inscription sur son dos.]

Quelles sont vos sensations de ce concert mythique des 10 ans du festival de Bobital, par vous-mêmes et votre groupe ?

John : La scène était trés désagréable pour moi, car il y avait cette longue passerelle qui coupait l’audience en deux. Je n’aime pas couper une foule en deux. Il était très difficile pour moi de comprendre, où se trouvaient les gens. Du point de vue de la scène, il y avait une énorme masse par ici et un petit groupe par là [l’indiquant par ses gestes]. Je suis ici pour voir tout le monde clairement ! Ainsi était-ce une disposition fort étrange. Dites-moi, pensez-vous que l’audience nous a compris ce soir ?

[Le président intervient à ce moment-là, avant que quiconque puisse répondre…]

John : C’est impossible ! J’ai posé une question et je n’ai toujours pas recu de réponse ! Comment était le concert pour vous ?! [Il tend son oreille.]

[Suit l’expression bien forte d’un enthousisme général, avec des interpellations comme „Tant d’anarchie !! Nous sommes venu spécialement d’Allemagne !!“]

[John se lève et regarde le président.]

John : Je suis venu pour vous parler à vous [les journalistes], non pas pour l’écouter, lui ! Donc, les gens nous ont aimés. C’est cela que nous faisons.

[Regardant encore le président] Assieds-toi, homme !

Nous avons toujours trouvé que l‘audience en France était assez réservée. Nous avons voyagé sur une grande distance ces trois jours passés. Le dernier concert a eu lieu en Pologne, où l’audience a été magnifique ! Et un groupe comme les Sex Pistols… nous sommes de la vraie musique folk !
Oh, oui ! Moi, je suis du peuple. Je suis des plus pauvres des pauvres. Je connais la pauvreté ! Il n’y a pas d’enfants gâtés dans les Sex Pistols ! Et c’est pour cela que notre message est pur et vrai. Mais vous, les Francais, vous êtes trop préoccupés par vos vêtements. Et s’il y a un créateur de mode parmi vous, j‘aimerais avoir un nouveau costume francais ! Car vous faites d‘excellents vêtements !
Concernant le choix du lieu de concert.

John : Plus fort ! [Chantant :] Le soleil brille toujours… !

On ne choisit pas. Il faut prendre ce qui est à notre disposition. Nous sommes toujours en tours actuellement – n’est-ce pas ?! – et nous allons être sur la route environ jusqu’à Noel. Tout ce qui est gérable économiquement, nous allons en faire un arrangement. Nous devons nous arranger et jouer ! Pour moi, s’il y a un public qui vient voir les Sex Pistols, c’est une occasion. Et cela sans montrer la moindre crainte de quoi que ce soit ! Nous devons jouer devant le monde entier, non seulement devant un petit groupe sélectionné. C’est ca, les Sex Pistols ! Nous ne sommes pas une clique ! Nous sommes de la vraie musique folk ! Et la vérité est que je suis un Irlandais. Vous ne pouvez pas enlever cela. Et à cause de mon manque apparent d‘éducation formelle, je suis supposé être stupide. Mais je suis comme tout intellectuel : Je dis la vérité ! Et ici, en France, je vais vous éduquer de la bonne maniére ! J’aime le vrai Johnny Rotten avec amour et affection. Ferme-la ! [Au président…] Car cela vient du fonds de mon coeur. C’est cela ! C’est de l’amour ce que nous faisons ! De l’amour vrai !

Nous avons d’urgence besoin de votre énergie et anarchie en Allemagne ! Quand venez-vous (en Allemagne) ?!

John : C’est ce que ma femme me dit. Elle est de Stuttgart. J’ai épousé une Allemande. C’est ma facon d’arrêter une guerre. Tout dépend. Nous y rajoutons actuellement toutes les dates possibles. Mais, c’est de la folie ! Je n’ai dormi que 2 heures en 10 jours… C’est dur ce que nous faisons ! Mais j’aime cela ! J’aime !

Nous avons été souvent en Allemagne – pour la plupart du temps avec Public Image Limited, ce qui est une affaire bien plus appréciable. Je vois que les Allemands sont capables d’apprendre l’Anglais. [Aux Francais :] C’est à cause de votre système d’éducation que vous ne parlez pas mieux anglais. Il y a une chose que vous devez retenir : N’apprenez pas à être snobiste ! Ca ne fait du bien à personne ! Je suis ROTTEN et je ne regarde personne d’en haut ! Vous êtes mes amis, et soyez bien bêtes de vouloir prouver que vous êtes mes ennemis ! [John se met debout levant son verre]

Comme vous savez, je suis un très mauvais ennemi. Il y a une chose que j’ai réussi à achever en trente ans, c’est d‘avoir offensé chaque gouvernement sur cette terre individuellement. Le couronnement de cela était d’avoir été interdit à mes débuts et en Union Soviétique et à l’Ouest en même temps ! Et mon message est clair : Ne blesse personne ! Plus de guerre ! Plus de politiciens ! Les politiciens sont nos ennemis ! Tous !
Quoi de plus ?!

Avec quelle intention as-tu montré ton derriére déculotté pendant le concert ??!!

John : Il faut que tu répètes la question !... Je n’ai aucune honte de ce que je fais et je viens ici pour parler et communiquer. Il y a une chose qui manque dans l’industrie musicale, c’est la communication. Les vedettes prennent de la distance par rapport aux êtres humains. Et ca, ce n’est pas mon chemin ! Et j’ai ces cicatrices-ci pour le prouver ! [I les fait voir.] Une cicatrice, ca relève de la dignité !

La réaction de l’audience était très enthousiaste : Tout le monde dansait, des familles entiéres, jeunes et vieux !!! Et puis, pour quand le nouvel album ?!

John : Merci pour ton observation ! Puisque c’est vrai ! C’est là que nous brisons toutes les barriéres, tous les préjugés ! Pourquoi n’est-ce pas l’ambition commune de tous les musiciens ?! Parce qu’ils sont des vedettes avides et égoistes. C’est pour cela que je méprise l’industrie du disque. Je fais bien.

[Quant à l’album :] Quand nous trouverons le temps pour le faire. Nous ne subissons aucune pression de nulle part. Si nous sortons un enregistrement, cela va se faire à notre propre facon, non pas dans les conditions d‘un contrat habituel. Car il ne s’agit pas juste de sortir un projet commercial, mais il s’agit de la communication sur une base quotidienne avec des êtres humains. Et c‘est exactement ce que je suis en train de faire en ce moment même : C‘est beaucoup plus précieux que de sortir un enregistrement. Vous ne voyez pas de skinheads ni de racistes autour de nous. Nous sommes des êtres humains ! Comprenez-vous ?!

[John regarde Rambo :] Et voici mon très bon ami et manager Mister Rambo Stevens ! Dis „allô !“, Rambo !

Rambo : Allô, tout le monde !

Une question par rapport aux mesures de sécurité que les Sex Pistols prennent.

John : Tout ca, c’est de la connerie, c’est dire des conneries ! Il n’y a pas d’entreprise de sécurité autour de nous, juste comme en ce moment. Sauf mon armée „une personne“, Rambo… Et nous n’avons besoin d’aucun autre garde du corps ! Car nous sommes nous-mêmes des gars. Arsénal ! Nous aimons Arsénal ! Toute ma vie : Arsénal – l’Arsénal ! Nous l’aimons !

Dernière question : Quoi de neuf par rapport à PIL et aux p5rojets personnels ?!

John : Oui, ma carrière de soliste, PIL, un tas de programmes par rapport à la nature… J’aime vraiment beaucoup la TV sur la nature. La TV naturaliste – c’est un chemin en soi… Pour l’instant, quand je vais dans la jungle an Afrique pour y rencontrer des gorilles – ce que j’ai fait, j’y vais pour me faire des amis. Quand je vais dans l‘océan nager avec de grands requins blancs – ce que j’ai fait, je chante des „sentiments“ [il chante „feeeeelings“…].

Vous comprenez ?! Ma vue sur la nature est différente de tout ce qui s’est fait dans le passé. Je veux ouvrir le monde aux enfants. Les enfants sont les amis des animaux. Une grenouille est une grenouille, non pas un nom latin. Souvenez-vous, la seule chose que je n’aime pas dans la nature, c’est la terminologie latine. Le latin est une langue morte. Les Romains sont partis ! Les Romains n’ont conquis personne parmi nous. Ils sont venus, ils ont construits ces quelques routes, et nous nous en sommes débarrassés.

Je pense que cela suffit maintenant …

[Fin de la conférence]

Traduction/Copyright : Jorinde Reznikoff/ Enregistrement : Klaus-Peter Flügel

le 22/07/2008
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