Ingrid Bétancourt, une femme libre
La déclaration universelle des Droits de l’Homme (avec un grand "H" qui englobe les femmes et les hommes) et du Citoyen du 26 août 1789 précise, dans son article 1er, et il est bon voire utile de le rappeler : "Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".
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La liberté est la faculté de penser et d’agir selon notre propre volonté, c’est la mise en action de notre libre arbitre vu que nous faisons tous le choix d’être libres. Nul ne peut rêver d’être entravé par des liens physiques ou psychologiques imposés par les autres, pour nous dominer. L’être humain n’appartient à personne d’autre qu’à lui-même. Il est donc, par définition, libre, autonome et indépendant.
Ingrid Bétancourt a été privée de ce droit le plus élémentaire pendant plus de six interminables années.
Rappelons, quand même, qu’elle n’avait plus la liberté d’être elle-même tout simplement, de circuler, de faire des choix et des actions, de manger ce dont elle avait envie, de se laver, de s’habiller selon le temps ou ses goûts.
La seule liberté qu’elle possédait encore, qui était inaliénable et qu’elle pouvait s’octroyer parfois dans ses rêveries éveillées de quelques instants, se trouvait dans ses pensées les plus secrètes ou les plus profondes... dans lesquelles elle pouvait s’échapper, pour aller se réfugier dans cet espoir de ne pas mourir avant d’avoir revu les siens.
Plus de 6 ans, à dormir on ne sait où sous la chaleur étouffante de cette jungle infectée de moustiques et d’autres immondes bestioles qui se nourrissent de votre sang en vous infectant, à boire de l’eau qu’on n’oserait même pas donner à son chien, à avaler des saloperies qui vous tordent le bide et vous font partir en diarrhées et en vomissements, à ne pas pouvoir s’isoler pour se laver intimement et faire ses besoins, à ne pas pouvoir changer régulièrement de sous-vêtements, à n’avoir pas le choix d’adapter ses habits aux conditions climatiques et aux nuits froides ou pluvieuses... toutes ces privations sont les pires atteintes qui soient à la dignité humaine.
Plus de 6 ans à espérer et à douter... une bien longue et angoissante période qui ferait craquer plus d’un être humain.
Ingrid est une Femme Immense... avec un grand "F" et un grans "I", une militante qui a su puiser toute sa force vitale dans son énergie mentale. Ingrid Bétancourt est une combattante de la vie !
Pour tenter de comprendre ou essayer d’approcher ce que cette femme a vécu, il aurait fallu être à sa place durant seulement une semaine. Imaginons ce qu’auraient pu être nos vies sans nos enfants, sans nos parents (son père est mort durant sa captivité), sans nos amis, sans aucun de nos repères habituels, sous la menace armée, la torture mentale, l’humiliation, la violation de nos intimités et autres atteintes à la liberté humaine... alors que nous sommes au seuil de l’enfer.
Aucune créature vivante - mis à part l’être humain soit disant civilisé - aucun animal, même le plus prédateur et meurtrier soit-il pour subsister, ne se comporte en bourreau en retenant une autre créature prisonnière pendant des lustres. Il n’y a bien que dans le cerveau humain où l’on puisse trouver autant de barbarie et de machiavélisme... ce qui prouve que l’animal ne tue que pour se nourrir alors que l’humain ne se nourrit que dans la souffrance de ses congénères, pour mieux l’asservir et se servir de lui comme moyen de pression ou comme monnaie d’échange... c’est de la lâcheté à l’état pur, celle qui nous fait douter de l’existence même d’un Dieu (l’être humain serait fait à son image, ce qui ne semble pas être la meilleure image qu’on puisse donner d’un prétendu Dieu d’Amour !).
Alors, Ma Chère Ingrid, soyez la bienvenue dans votre "Douce France" comme vous l’avez si aimablement déclaré lorsque vous avez enfin pu voir la fin de votre calvaire. Nous aimons tant votre si joli sourire, qui nous ramène dans le monde de l’enfance et de l’innocence dont vous êtes la porte parole et l’icône éternelle ! Soyez assurée d’être la "Citoyenne d’Honneur" de nos coeurs à tout jamais !
