Slovénie – l’Europe en miniature

Slovénie – l'Europe en miniature

Que savez-vous de la Slovénie (qui vient de quitter la Présidence tournante de l’UE au profit de la France) ? Où se situe-t-elle ? Pourquoi sa capitale baroque, Ljubljana signifie la bien aimée en langue slovène ? Quelle place occupe les forêts sur ce petit territoire enclavé ? Que se passe-t-il en été sur son littoral ? Trop de questions mais toutes les réponses sont dans ce livre. Et bien plus encore …

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La Slovénie est souvent perçue comme une nation lilliputienne, à tort. Et confondue avec la Slovaquie, un comble ! Mais la taille n’a rien à voir avec le critère d’appréciation d’un pays : si la Slovénie est deux fois moins grande que la Suisse, elle est sept fois plus étendue que le Luxembourg, et alors ? Son territoire ne couvre que 20 256 kilomètres carrés et abrite une population qui atteint un peu plus de deux millions d’habitants … Mais l’essentiel est ailleurs.
L’extrême richesse de ce nouvel état est à rechercher dans sa géographie, son climat, sa culture, son histoire ...
Tout juste née le 25 juin 1991, membre de l’UE depuis le 1er mai 2004 et intégrée à la monnaie unique au 1er janvier 2007, la Slovénie offre un paysage d’une rare beauté et d’une grande diversité : du littoral aux sommets enneigés en passant par les vallées escarpées ou les plaines à vignes, tout y est. Suisse, Autriche, Italie ont désormais un concurrent de taille pour le voyageur curieux de paysages à couper le souffle et de douceur de vivre. La Slovénie, retenez ce nom, c’est un petit paradis …

Pour vous en convaincre, ouvrez cet extraordinaire album : tout d’abord vous ne parviendrez pas à lire la moindre ligne, vous serez happé d’entrée par les photographies car, rarement, clichés auront aussi bien rendu une atmosphère, un climat, une ambiance, des couleurs, des reflets, des senteurs, une joie … La beauté célébrée, tout simplement. Oui, il existe encore des coins de sérénité en nos contrées, des enclaves inviolées par la forme basse et névrosée des turpitudes humaines. La Slovénie a su s’extraire du bourbier des Balkans en proclamant son indépendance à temps et en ne subissant qu’une gué-guerre de dix jours qui préserva le pays et sa population.
De cette pirouette politique est née l’un des plus petits et des plus ravissants pays européens …

Après vous être baignés d’images vous reprendrez au commencement : d’une écriture limpide et précise, vous découvrirez – par le texte de Sophie Massalovitch et Jean-Marie Boëlle – que la Slovénie, avec une géographie contrastée – les Alpes occupent la partie septentrionale du pays – et des températures à fortes variations, sans parler des pluies régulières, arbore des paysages à couper le souffle et propose toute sorte d’activité (du ski au bateau). Sans parler de ses forêts de hêtres et de sapins, ses prairies d’anémones, ses gentianes, narcisses, edelweiss … Bref, une flore qui dépasse les neuf cents espèces qu’une nature triomphante affiche à chaque pas dans une lumière pure : heureux randonneur qui ira s’enfoncer dans les neuf kilomètres des champs de fleurs de la vallée Logarska.

De tout temps habité, puisque l’on a retrouvé des traces de l’homme de Neandertal dans le Karst slovène, ce ravissant petits pays, carrefour entre la Hongrie, l’Italie, l’Autriche et les Balkans, a vu passer bien du monde depuis l’époque romaine jusqu’au Francs qui en firent l’une de leurs possessions à partir du VIIIe siècle.
Puis, dès le XIIIe siècle, les Habsbourg commencèrent à asseoir leur pouvoir dans la région, et poussèrent toujours plus au sud afin d’avoir ce fameux débouché sur la mer Adriatique qui leur manque tant. Pomme de discorde qui poussera Napoléon Ier, bien plus tard, à venir s’emparer de ce territoire pour couper l’Autriche d’un accès à la mer et lui imposer son blocus continental …
Toutes ces péripéties n’ont pas empêché la population de revendiquer son appartenance à l’Eglise catholique romaine, refusant d’adhérer aux thèses de Luther malgré que le protestantisme fut enseigné à l’université de Buda.
D’un autre côté, la lutte intestine entre religions chrétiennes imposa à Ferdinand Ier de Habsbourg d’avoir recours à l’imprimerie pour lutter contre les Protestants et, dans le sillage de la religion émergea une véritable culture dont le premier "témoin" est Primoz Trubar, le Christophe Colomb des Slovènes (surnom donné par Kopitar, au XIXe siècle).

En Slovénie, plus qu’ailleurs, les écrivains appartiennent vraiment au patrimoine car ils furent les premiers à incarner la conscience nationale. Et les Slovènes le leur rendent bien : des rues portent leurs noms, leurs maisons sont transformées en musées, les enfants récitent leurs vers …
Longtemps malmenée par les soubresauts de l’Histoire, la Slovénie vit l’art contribuer à forger la conscience nationale. Si les styles roman et gothique s’illustrent dans les monastères, la Renaissance fut mise de côté sous la pression ottomane – on songeait d’abord à fortifier plutôt qu’à embellir – l’art baroque, lui, s’est épanoui dès le XVIIe siècle. Cela nous donne de magnifiques réalisations architecturales que l’on visitera aujourd’hui avec délice …

Ce bastion de la chrétienté dont Ljubljana, la capitale, joyau aux pimpantes façades dans son écrin, traversée de canaux romantiques, incarne le charme infini de cette région, offre encore mille trésors : des cimes et lacs de contes et légendes, une race de chevaux unique au monde (le lipizzan), un vignoble recherché, des salines d’une rare richesse, des stations de ski exceptionnelles qui accueillent des épreuves de la Coupe du monde de ski alpin presque tous les ans (Maribor, Kranjka Gora), des milliers de grottes, un cite thermale renommé, des dizaines de châteaux dont celui de Postojna creusé dans la roche … Bref, un véritable petit paradis terrestre …
Pour vous, je ne sais pas, mais pour moi, après avoir parcouru ce magnifique livre qui est un voyage, un périple au pays de la beauté et de la quiétude préservées, un trésor de papier aux pages luxuriantes qui enchanteront tous les amoureux du patrimoine et de la nature … c’est dit, je boucle mes bagages. Direction : la Slovénie !

Sophie Massalovitch & Jean-Marie Boëlle, Slovénie – l’Europe en miniature, photographies de Matevz Lenarcic et Bogdan Kladnik, 245 x 275, relié, couverture couleurs sous jaquette, Thalia Edition, avril 2008, 175 p. – 39,00 €

le 01/07/2008
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2 Messages

  • 2 juillet 2008 14:35, par Deneb

    Ljubljana ne veut pas dire "bien aimée", le mot est "ljubljena" et l’origine du nom de la ville, bien que ressemblant à ce mot n’a en fait rien à voir. De plus, les deux mots ne se ressemblent pas du tout en prononciation, en effet l’accent n’est pas placé au même endroit, chose que les français ont du mal à comprendre, en français tous les mots ont l’accent à la dernière syllabe.
    Kranjka Gora - correctement Kranjska gora, traduction : Mont Carniole.
    Slovénie, bastion de la chrétienté ? Pas vraiment. La Slovénie est laïque et la majorité des slovènes est athée. Il y a en effet eu une recrudescence de fréquentation des eglises après la chute du communisme. Les notables communistes, qui ont jadis expulsé la religion de la vie publique se sont soudainement decouvert des sentiments religieux après l’independance, par pur opportunisme. Heureusement les slovenes ne sont pas dupes, et leur petit jeu n’a trompé personne. Le slovène moyen aurait plutôt tendance à mettre le clergé et les anciens dictateurs communistes dans le même panier demagogique.
    • Slovénie – l’Europe en miniature 10 juillet 2008 00:09, par Ciril

      Je suis Slovene, et je doit dire que Deneb politise le sujet.
      Pour Ljubljana, Ljubljana vient de "Ljubi Ana", Anne la bien aime. On a bien le mot amour dans Ljubljana comme LOVE dans SLOVEnie. Cependant Pour ce qui est du Christianisme, Deneb desolai mais les sondages sont les suivants :
      http://www.slovenia.info/?general_information=0&lng=5
      Nombre d’habitants :........1,964.036 (au 30 juin 2002)
      Composition par nationalité :.....Slovènes (83,06%), Italiens (0,16%), Hongrois (0,43%), autres (11,57%)
      Langue officielle :.................slovène
      Religion :......................chrétienne (82%)
      Les premiers textes connus en langue slovène sont les Feuillets de Freising (Brižinski spomeniki), écrits entre 972 et 1039 pour des besoins d’évangélisation. La langue est alors utilisée par les couches les plus basses de la société (même si les bourgeois et la petite noblesse la connaissaient), ainsi que par le clergé.
      Avec le luthéranisme, le slovène entame sa carrière de langue littéraire. Les idées de la Réforme se répandent bien en Slovénie. On doit mentionner Primož Trubar (1508-1586) qui, imprégné des idées nouvelles, hésite toutefois à rompre avec Rome. Ses prêches en slovène dans la cathédrale de Ljubljana attirent les foules.
      voir
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Slov%C3%A9nie
      Bravo pour le livre !
      Ciril