L’APNEL (association pour la promotion du naturisme en liberté), ne manque pas d’air à l’appel !

L'APNEL (association pour la promotion du naturisme en liberté), ne manque pas d'air à l'appel !

L’autre jour au salon du naturisme, pendant que le Bartos pouffait avec sa collègue Manon, je m’éclipsais et vadrouillais ma bouille à la rencontre d’un appel d’air.
En apnée, je tombe nez à nez sur l’APNEL. Je bois un verre de jus et discute avec Jacques Freeman (au nom prédestiné) qui accepte la parlotte pour le Mague. Je ne pige pas tout de suite les ressorts du naturisme et la liberté, avec cette fichue idée de se montrer nu dans l’en-dehors du décor. Bon, le zigue a des choses à dire. Il est enthousiaste et militant, c’est déjà un bon point à son actif. Ca me changera des vieux croûtons du naturisme propres sur eux, réacs à l’arrachée qui vivent trente ans dans l’antan perdu de leur arrière boutique et me fuient comme le bourdon. Chiche mon pote, que je t’astique l’argumentaire et ton caractère bien trempé.

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La Singette : Qui es tu, à part un homme nu qui est né avec sa peau et ses os, comme la plupart des mortels humanos ? Quel est ton parcours au sein du petit monde très fermé du naturisme ?

Jacques : Pour répondre, sous un certain angle, à la première question, je me qualifierais volontiers d’écorché devenu enjoué et serein à force de blessures et de révoltes.

En effet, comme tous les petits des hommes, j’ai toujours harcelé de "pourquoi" mon entourage (pourquoi la violence, pourquoi le vent, pourquoi l’amour, pourquoi le maillot de bain…). A ces bonnes questions candides, que les mauvaises réponses habituelles. Alors j’ai cherché à comprendre par moi-même (La "vérité"… Cette quête du Graal, pleine d’intérêt et de risque).

Le risque ? Assurément à travers un parcours tourmenté d’aventures et parfois de redoutables séjours "à l’ombre". Ainsi :
- Adhérent à la "ligue d’amitié internationale" et refusant la notion de frontières, je tente de traverser clandestinement le rideau de fer… Peu accueillants, les gardes frontières hongrois et soviétiques voient "rouge"...

- Première semaine de service militaire : à la suite d’un bizutage commis par des gradés, j’organise une grève de protestation. Qualifié (à juste titre) d’insoumis, je suis condamné à trois ans de prison et envoyé en Allemagne. Ce film interdit "Tu ne tueras point" de Claude Autan Lara, qui circulait à l’époque sous le manteau, ne m’avait pas laissé indifférent.
- Mission humanitaire en Angola, je suis fait prisonnier et accusé d’espionnage par les forces gouvernementales…
Bref, ces quelques évocations te permettent probablement de mieux comprendre mon engagement irrépressible à l’encontre, entre autre, de la nudophobie.

Pour en revenir à la deuxième question sur le naturisme, j’ai fréquenté avec ma femme et mes deux filles, il y a presque trente ans, quelques clubs et centres naturistes. Je ne m’y étais pas bien senti à l’aise et j’avais donc fini par opter pour la nudité en liberté.

La Singette : Jacques a dit présent à l’appel de l’APNEL. T’en avais mare de griller tes arpions planqué derrière les palissades officielles du naturisme ? J’ai remarqué une constante, les rares associations naturistes qui ne possèdent pas un mur d’enceinte sont très ouvertes aux changements sociétaux. Tu peux m’expliquer le pourquoi de la chose ?

Jacques : Ces palissades donnent peut-être une impression de légalité et de sécurité mais elles sont une injure à la définition du naturisme. "Le respect de soi"… sans la liberté ? C’est totalement incongru ! Le naturisme, c’est beau, c’est naturel, c’est pacifique. Alors, pourquoi se cacher, pourquoi s’enfermer, pourquoi se taire ?
Le naturisme de ghetto, pour nous, c’est terminé depuis longtemps !

La Singette : L’APNEL, c’est qui, c’est quoi ?

Jacques : L’APNEL (Association pour la Promotion du Naturisme En Liberté) est née de la volonté de sympathiques randonneurs naturistes décidés à s’unir pour agir principalement dans deux directions :
- Promouvoir le "naturisme en liberté" en organisant (ou en participant) à des activités en tenue de peau (cyclo-nue, jardi-nue, rando-nue, nudité artistique etc…).
- Traquer les derniers relents de nudophobie institutionnelle et sociale (aussi inacceptable que le racisme, l’homophobie ou la misogynie) et rester solidaire moralement et financièrement des "nudiens" injustement appréhendés à cause de leur simple nudité.

La Singette, Y’a un truc que je ne pige pas. Sous le règne de Tonton 1er, l’instance officielle du naturisme, la FFN (fédération française de naturisme) a reçu la carotte de la reconnaissance. Ce qui laissait à penser, qu’une certaine liberté fut accordée à la notion même de naturisme, alors que l’APNEL dans sa plaquette en 2008 se définit elle, comme « une association pour la promotion du naturisme en liberté ». N’y aurait-il pas une contradiction patente dans ce qualificatif, ou bien s’agirait d’une liberté surveillée ?

Jacques : le "naturisme en liberté" est un art de bien vivre ensemble dont le caractère a, pour moi, une vocation universelle. A ce titre, c’est un droit qui se situe au-dessus des partis politiques, au-dessus des religions. Nos seuls "parrains" sont des hommes éclairés et de bonnes volontés.

La Singette : J’ai assisté à un débat passionnant concernant le droit et la nudité en public auquel tu participais en tant qu’orateur. L’APNEL entretient quels rapports avec la FFN, les clubs, les associations de « randonue » et les médias naturistes et comment êtes-vous perçus ?

Jacques : L’APNEL entretient surtout des rapports directs d’amitiés et de confiance avec des responsables intelligents, généreux et ouverts. Heureusement, il y en a un peu partout et les évolutions se font progressivement en synergie avec eux.

La Singette : Vous seriez subventionnés par les descendants du cinéaste Cécile Enpleindanlemille, que ça ne m’étonnerait guère, peu chèvre, quand je lis vos dix commandements du naturisme en liberté. Etonnant non ?

Jacques : Les financements, nécessaires à nos futures confrontations juridiques, viennent et viendront, non seulement des naturistes, mais également de ceux qui se battent pour les libertés. Notre combat est juste. Il participe à l’évolution pacifique de nos sociétés. Séduire pour ne pas crisper… Ce "bon sens" est fédérateur !

La singette : On en vient à l’article qui vous intéresse au premier point. L’article 222-32, qu’est-ce que c’est ?

Jacques : Petit rappel "L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 € d’amende". C’est donc un article du code pénal qui laisse aux juristes toutes les interprétations possibles. Ainsi, selon le degré de nudophobie de la juridiction, notre brave nudien se verra tout bonnement relaxé ou subira les outrances d’une "justice" absurde et liberticide.

La Singette : Au salon, j’ai assisté à un acte de solidarité incroyable d’une audace inoxydable : la remise du chèque à Christian Frydrych. Tu peux nous causer de cette affaire est dans le sac ?

Jacques : Sanctionner un être humain, pour sa simple nudité, est totalement inacceptable. Et lorsqu’une injustice frappe ainsi un citoyen, elle frappe toute "sa communauté" (et même toute l’humanité). A ce titre, la solidarité est un formidable moyen de crier et de marquer notre révolte.
L’existence ne nous accorde qu’environ 25000 jours. On voit bien que la lâcheté, l’égoïsme et l’indifférence n’ont pas leur place. Personnellement, je souhaite que prochainement, comme en Espagne, ce juge réponde devant ses pairs du caractère injuste et nudophobe de sa décision.

La Singette : Parmi les trois photos qui illustrent vote plaquette, j’ai remarqué celle avec la légende explicite : « Cyclonue ? Oh oui… Parce que l’indécence, c’est l’essence ? » Quels rapports vous partagez avec l’association "Cyclonue" et serez-vous présents lors de sa manif le 7 juin à Paname ?

Jacques : La frénésie destructrice de notre "civilisation du pétrole" doit être dénoncée. Consommons moins, aimons plus et ainsi vivons plus… C’est cela aussi le respect de soi, des autres et de la nature. Et cela fait bien parti de la "philosophie naturiste".

La Singette : Ce printemps et cet été, où pourra-t-on vous rencontrer et comment peut-on vous joindre ?

Jacques : des projets à peu près ficelés comme la cyclonue à Londres le 14 juin, comme la traversée des Pyrénées, fin juin, vers l’Espagne, ce nouveau pays des droits de l’homme et de la nudité. Une escapade maritime sur un voilier en Méditerranée au mois d’août… Et bien sur le plus souvent des balades naturistes partout en France car "un jour de randonue, c’est bien huit jours de santé".

La Singette : Ta parole est libre, ne te prive surtout pas de jacter tout ce que tu as envie de dire et de crier et dont on aurait pas encore causé.

Jacques : Si j’ai un peu de temps avant que mon entropie n’augmente définitivement (grâce, peut-être, à un nouveau séjour en prison offert par l’administration), je promets de te régurgiter toutes mes aventures sur papier recyclable.

La Singette : Jacques il est bien gentil, sauf que cézigue il n’a pas grand-chose à m’offrir, à part son sourire, sa joie de vivre et son plein de liberté de se vivre en homme libre. C’est le principal et ça me réchauffe les tripes, de savoir qu’il existe encore aux jours d’aujourd’hui sous l’ère du syndrome de Sarko, des naturistes militants pleine peau qui ne sont pas non plus indifférents à la joie de se vivre nu toutes et tous ensemble dans la nature sans clôture.

Pour en savoir plus :

http://apnel.free.fr
http://www.ffn-naturisme.com
http://fr.groups.yahoo.com/group/rando-nue
http://www.vivrenu.com/

le 03/06/2008
Impression

4 Messages

  • 6 juin 2008 20:29, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

    Quand ce Juge prend sa douche ou son bain... il se fout bien à poil ! Je ne comprends pas qu’on puisse rendre de tels Jugements aussi injustes... où est la Justice. Vivre nu c’est vivre libre et être libre, il n’y a rien de plus beau. Merci petite Singette pour ce joli témoignage naturel. Comme disait Audiart : "Le problème, chez les cons, c’est qu’ils ne se reposent jamais !" Pour arrêter un sans-papier (surnom valable aussi pour les naturistes) il faut en vouloir... cela me rappelle de Funès dans "Le Gendarme et les nudistes" lorsque lui et ses hommes ensèrent les naturistes. De Funès s’approche alors des "amoureux du naturel" et dit : "Vos papiers" ! Il y a encore du boulot pour faire évoluer les mentalités !
  • 15 juin 2008 12:45

    Faut-il rappeler que réduire la liberté à une simple absence de limites, c’est se condamner à n’y voir qu’une illusion ?
    Instaurer des gardes de fou à la liberté d’être nu en tout lieu ne serait qu’une "nudophobie" institutionnelle et sociale au même titre que le racisme et l’homophobie ?!
    Comment est-il possible de posséder de telles certitudes sans réflexions sur la réalité objective des mœurs de nos sociétés occidentales ?
    " Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir." (Henri Poincaré)
    Le naturiste qui attache, exclusivement et à juste titre, une importance capitale à "la pratique de la nudité en commun" serait-il "nudophobe" pour refuser l’émancipation à tout vent d’une caractéristique basée sur la réciprocité, le partage et le respect ?
    Pourquoi ignorer que l’homme n’a en commun que ses différences, qu’il n’existe pas une nature humaine mais des natures humaines ?
    L’APNEL serait-elle sous la gouverne d’un "pape", d’un "prophète" pour promulguer un décalogue humoristique révélateur !?
    Quelle différence entre ce pape qui vous propose d’ôter vos préservatifs et ce "nouveau pape du naturisme en liberté" qui vous propose d’ôter vos vêtements ?

    • Qui a le droit ...?
      Les naturistes en liberté ont-ils le droit, au hasard d’une rencontre, d’imposer la vue de leur nudité aux nudophobes ?
      Les nudophobes ont-ils le droit d’imposer le port de vêtements aux naturistes qui aiment être nus dans la nature ?
      Un partout, la balle au centre.
      Naturistes et nudophobes sont deux minorités. La grande majorité s’en fout. Mais la grande majorité étant habituée depuis l’enfance au vêtement comprend les nudophobes mieux que les naturistes, considérant comme évident que personne ne peut être gêné par l’obligation de porter un vêtement.
      Le problème est que si on considère qu’une minorité gênée a le droit de faire interdire ce qui la gêne on court le risque d’en arriver à la burqa. Alors que rien n’empêche des gens qu’une image gêne d’en détourner leur regard.
      Il me semble donc que, très généralement, la loi ne devrait interdire à chacun que ce qui présente un danger réel pour autrui.

      • Je soulève des interrogations et je me retrouve dans un match "naturistes" versus "nudophobes" aux allures plus féroces que l’euro 2008. Curieuse invitation à l’échange d’idées.
        N’est-il pas possible d’avoir une démarche objective sur les quelques 2000 condamnations par an pour exhibition sexuelle (en moyenne) pour effectuer une analyse rationnelle à l’échelle de la société et qui dépasse son propre microcosme social et son ressenti personnel afin d’accepter le constat objectif d’une législation à la perfectibilité impossible mais indispensable pour la protection de notre société face à de réels dangers et qui ne s’oppose pas foncièrement à la pratique du naturisme ?
        Souhaiter le mieux, n’est-il pas parfois et bien souvent l’ennemi du bien ? A mois que ces 2000 condamnations annuelles pour exhibition sexuelle soient 2000 erreurs judiciaires, mais dans cette hypothèse, tout le monde serait au courant, non ?
        Dans un second temps, il faudrait avoir une réelle réflexion sur ce nouveau néologisme aux intonations démagogiquement suggestifs dont l’utilisation contextuelle révèle plus le fantasme d’un mal être. Je n’évoque pas la philosophie naturiste en elle-même que je respecte mais ce sentiment étrange d’exclusion, de discrimination que ressent cette personne interviewée. Ne s’agit-il pas d’une forme d’hypocondrie fondée sur la peur d’inter agir avec la société et dont la législation (création artificielle humaine présupposée acceptée par cette société) est le réel objet phobogène ?
        Les réponses à cette interview m’évoquent avec sourire la nouvelle mise en scène de cette fabuleuse comédie du malade imaginaire de Molière version naturiste.
        La réalité objective n’empêche personne d’avoir des convictions personnelles, bien au contraire mais cette réalité ne doit pas devenir subjective dans le seul but de déclencher une guerre de conquêtes coloniales irrespectueuse des convictions d’une société.
        Bien à vous.