L’Hôtel du Grand Veneur
Publié à l’initiative du musée de la Chasse et de la Nature, ce livre étonnant est un voyage au pays des mythes. Ou un petit guide fantomatique du dit musée.
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Agrémenté par une douzaine de photographies de Jean-Marie del Moral, il en devient un petit Beau-Livre. D’autant que l’eau-forte d’Erik Desmazières enlumine le frontispice. Puis le lecteur plonge à l’aveugle. Il y sera question d’une sirène. D’un serpent de mer. Du Roi Doré qui donne son nom à une rue. Dans un étrange quartier de Paris. Il y aura des Enfants Rouges dans un hôpital. Et des Filles Bleues dans un couvent, aujourd’hui disparu. Il y a surtout cet étonnant lieu. Cet hôtel particulier si joyeusement excentrique. Cet immeuble discret qui voue son destin à la chasse. Un défi sans fin entre l’homme et l’animal.
Quel est ce lieu mythique ? Quelles sont ces forces qui le hantent ? Sourdes. Si profondément naturelles. Si enclines à célébrer ces bêtes sauvages. Il faudra que notre guide se laisse happer par les salles pour qu’il nous en dépeigne les contours. En explore les recoins. Y découvre les secrets détails. En écrivain curieux de tout il ne tardera pas à se perdre. S’égarer n’est-ce pas la devise de tout homme censé ? D’un écrivain encore plus.
Ainsi, se jouant de la topographie, il croisera d’étranges créatures. Le Sirène des Iles Fidji. Un certain Ndzoo Ndzoo qui vivrait au nord du Mozambique. De la taille d’un cheval. Avec une corne unique (une licorne ?). Mais il est aussi question d’un agneau végétal (kézako ?). Mais surtout, il ira à la rencontre du fantôme des lieux. Ce maître d’hôtel un peu décadent qui lui révélera que les apparences sont souvent trompeuses.
Patrick Mauriès à trois cordes à son arc. Ecrivain. Editeur. Et journaliste. Il a consacré plusieurs ouvrages à différents aspects de l’histoire du goût. Et aussi à des figures oubliées de l’histoire de l’art et de la littérature.
Ici, il nous livre une nouvelle preuve de son talent. Qui se traduit par un plaisir de lecture. Qui attise notre curiosité. Ainsi ce livre unique. Merveilleux. Se lira dans un lieu silencieux. Dans l’obscurité. Pour se jouer des confins du temps. Et ainsi garder toute son attention concentrée. Ne pas perdre une miette de cet inventaire hallucinant !
