CONFESSIONS D’UNE BABE IDOL/ 8

CONFESSIONS D'UNE BABE IDOL/ 8

Le temps s’était arrêté. Un air de printemps pénétrait la pièce par la
fenêtre entrouverte. Je lui caressais les seins qu’elle avait lourds et
affolants. La sensualité de son baiser malgré ce léger goût de bière
qu’elle avait sur la langue me renseignait sur son aptitude à l’amour
et aux plaisirs de la chair.

Elle avait quelque chose dans la stature d’une muse antique, d’une
vestale romaine. Une taille fine, des hanches larges et pleines, un
teint de lait d’une opacité presque translucide, de grands yeux
noisette légèrement en amande, des cheveux mi longs et soyeux, une
bouche bien dessinée et charnue. Et son visage rappelait vaguement le
célèbre tableau de Léonard de Vinci, un soupçon de mélancolie en plus
et de chasteté en moins. Il est vrai que pour émettre cette dernière
assertion je ne me basais sur rien, excepté mes propres sensations.
Après tout n’étais-je pas un vulgaire séducteur ayant lâchement
profité de la situation ?

J’étais bien mal venu de mettre en doute la vertu d’une jeune fille
qui m’avait ouvert sa porte peut-être sans arrière pensée, par sens
naturel de l’hospitalité, du préjugé favorable et un goût
irréprochable pour la rencontre amicale. Néanmoins la chasteté étant
pour moi loin d’être une vertu aucune mésestime ne pouvait s’esquisser
et puis rien n’indiquait qu’elle irait plus loin. La chaleur de la
pièce était montée de plusieurs degrés. Elle portait un jean fin et
usé qui me permettait d’apprécier tout un itinéraire de contours
allant de la cuisse à la taille.J’étais tout contre elle, bandant et
alors qu’elle cambrait légèrement les reins je passais la main sous
son pull qu’elle avait à même la peau. Nous étions maintenant
agenouillés au centre de la pièce, à même le parquet.

N’écoutant que
mon désir je la basculais sur le dos, me frottant contre elle et
sentant sa bouche se refroidir, son regard s’égarer, son souffle
s’accélérer un peu plus à chacune de mes secousses. Je me mis à
desserrer sa ceinture, dégrafant le premier bouton du jean, puis le
second. Je tirais sur le tissu, tentant de descendre le pantalon quand
sa main m’arrêta. En une fraction de seconde elle s’était
ressaisie, rhabillée.Dans son regard je pouvais lire de la crainte
alors que l’émotion du désir était toujours patente, mais à présent
contenue : "Va-t-en me dit-elle, je veux que tu t’en ailles !".

L’esprit de l’escalier est une expression inventée par Jean-Jacques
Rousseau pour définir les pensées qui nous assaillent lorsque nous
avons raté une entrevue, une réunion,une rencontre. Elle fait allusion
à ce que nous aurions du dire ou faire. C’est une sorte de flashback
au cours duquel nous refaisons le film idéal.Mais mis à part dans la
Machine à remonter le temps le célèbre roman de H.G Wells nous n’avons
pour l’heure aucune possibilité de refaire le film.

On ne peut que se
projeter dans le futur et se demander quel film on fera la prochaine
fois.Remarquez tant mieux, c’est ce qui donne du piment à l’existence.
Alors que je descendais l’escalier le caleçon avantageusement mouillé
et la mine sévèrement froissée je cherchais intérieurement à savoir si
oui non j’avais perdu cette fille définitivement. (A suivre)