« Patrick Dewaere sans mensonge » vu par Alexandre Moix

« Patrick Dewaere sans mensonge » vu par Alexandre Moix

Je l’avoue humblement, je ne suis pas un grand fan de Dewaere (ou Devaere) aka Maurin, Bourdaux ou Tétard. J’ai bien vu quelques films de lui, comme tout le monde, mais rien qui n’ait véritablement touché ma corde sensible.
Pas d’admiration particulière donc, tout juste du respect pour une véritable nature et une énergie de comédien incroyables, un acteur hors norme.

Je suis bien le seul à être passé à côté de P.D. comme écrivaient les journalistes en guise de boycotte après qu’il eût agressé l’un des leurs, suite à une trahison.
Apparemment tout le monde l’aimait et l’aime encore et surtout Moix.

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C’est donc avec ces réticences et ces à priori que j’ai visionné en avant première le documentaire de mon ami qui sera diffusé en novembre 2003 sur la chaîne Planète et que ce fou de cinéma a réalisé sur cet acteur disparu physiquement, mais tellement présent dans les mémoires des spectateurs et des cinéphiles.

Hyper complet, fouillé, ce document qui mêle images d’archives et témoignages originaux du présent est une vraie réussite. Une bible même pour un ignare comme moi. On survole 35 ans d’une vie en forme de météore, on comprend mieux les failles, les doutes et les douleurs d’un hypersensible génial pour qui l’existence était devenue trop lourde. Invivable au sens le plus strict de la desespérance.

On regrette simplement l’absence de Claude Lelouch qui a failli être son dernier directeur d’acteur puisqu’il préparait avec Dewaere un film sur l’idylle tragique entre Edith Piaf et Marcel Cerdan. Le silence d’une miou miou aussi, bien évidemment.

Itinéraire court, destin brutal d’un homme au visage émacié et au cheveux rare qui restera sans nulle doute l’archétype de toute une génération, un Gérard Philippe sans concession.
A la fois très professionnel, classique et autodidacte, instinctif, animal, lumineux et mélancolique.
Des mots forts, c’est sans nul doute Yves Boisset qui parle le mieux de son ami et comédien. Jean-Paul Rouve des "Robins des bois" qui avait dédicacé son César à Dewaere raconte combien ce dernier a marqué son travail au cinéma.
Des dizaines de paroles sincères envers celui qui manque tant au cinéma français et à son public. Une note particulière à la joliesse et à la présence de sa fille Lola qui a accepté de dire quelques mots au jeune réalisateur de cette belle hagiographie.

Voilà un documentaire qui redonne envie de redécouvrir Dewaere. Une pièce de choix dans sa mémoire collective. Beau travail d’archiviste, de metteur en scène, bien monté et négocié. Allumez votre poste sur Planète et laissez tourner vos magnétoscopes.

Un trentenaire regarde un trentenaire de manière asynchone et digne, et cela vaut le coup d’oeil !!

"Patrick Dewaere, un enfant du siècle",Viva Productions,
un film d’Alexandre Moix. Diffusé sur Planète. Novembre 2003.

PD sur le net

le 14/10/2003
Impression

1 Message

  • 3 juin 2007 09:04, par Patrick Gosselin

    Mesdames, Messieurs,
    Je m’adresse à vous car je viens de créer un site internet dédié à Patrick Dewaere. Outre le fait de perpétuer le souvenir de cet acteur hélas trop tôt disparu, le concept de cette réalisation va permettre aux internautes de solliciter les membres de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, de façon à ce qu’un César d’honneur lui soit enfin attribué.
    Avant de vous inviter à vous rendre sur ce site, je vais tout d’abord essayer de vous dépeindre les circonstances dans lesquelles j’ai appris son décès il y a déjà vingt cinq ans ! L’adolescent que j’étais à cette époque, lui vouait une admiration indéfectible. Voici donc mon histoire : en cette fin de journée de ce vendredi 16 juillet 1982, je me trouvais alors dans une ambulance qui me conduisait en direction du domicile de mes parents en Normandie.
    Deux jours auparavant, c’est en Angleterre que je me faisais littéralement « casser la figure » par un skinhead dans la commune de Durrington. Voilà l’exemple type d’une bourgade où il ne faisait pas bon être un jeune homme de couleur ! Je filais sur mes quinze ans et mon séjour linguistique au pays natal de Shakespeare touchait prématurément à sa fin.
    Lors de mon rapatriement pour la France, je me souviens que ma charmante accompagnatrice d’Europ Assistance était aussi intarissable que moi quant à sa carrière cinématographique. A bord de l’Airbus qui de l’aéroport de Gatewick nous ramenait à destination de celui de Roissy CDG, nous n’avions de cesse que nous entretenir à ce sujet. Arrivés à destination, c’est au moment où nous nous apprêtions à prendre la route pour le département de l’Eure que nous avons appris par je ne sais plus quelle grande station de radio nationale, la nouvelle… Nous étions complètement médusés !
    Aujourd’hui, il me tient à cœur de vous faire savoir que j’ai pu mesurer auprès de certains de mes proches et autres, la puissance de l’impact que ce grand artiste a encore laissé dans le paysage audiovisuel français. Le verdict est sans appel : LA MAGIE FONCTIONNE TOUJOURS !
    Au-delà de ce phénomène dont je me réjouis, tous néanmoins s’accordent à dire que derrière le personnage public subsistait avant tout, un être humain ! Je forme donc le vœu que la présence d’une telle lucidité soit le prélude à d’autres actions de qualité en faveur de celui que nous ne sommes guère enclins à oublier. A ce titre, je pense également qu’il serait formidable que la Ville de Paris commémore les vingt cinq ans de sa disparition avec l’inauguration d’un théâtre, d’un Centre culturel, d’une avenue, d’une rue, d’une place ou bien d’un monument à sa mémoire.
    En 2007, que peut-on dire de plus sur Patrick Dewaere ? Charismatique et doté d’une sensibilité surprenante, ce comédien était au cinéma l’équivalent de ce que Jim Morrison était à la musique : un personnage en avance sur son temps, un génie ! A l’égal de celui que l’on surnommait « Le Roi Lézard », Patrick Dewaere ce poète des temps modernes, a su tantôt bouleverser, tantôt transcender la vie de son public.
    Si le récit que je vous ai fait de ma passion pour ce monstre sacré du cinéma français vous intéresse, je vous invite à vous la faire partager en vous rendant tout simplement sur mon site : www.uncesardhonneurpourpatrickdewaere.com
    Cordialement.
    Patrick GOSSELIN

    Voir en ligne : UN CESAR D’HONNEUR POUR PATRICK DEWAERE