Paradors – Des châteaux en Espagne

Paradors – Des châteaux en Espagne

Vous en rêviez ? Jesús Ávila Granados l’a fait : voici de quoi concrétiser vos rêves de châteaux en Espagne. Mis au pied du mur, l’adage dévoile ses plus beaux atours. Et comme l’époque actuelle a su trouver un moyen agréable de préserver les monuments historiques en les métamorphosant en hôtels de grand luxe, vous n’avez plus qu’à casser votre tirelire pour aller y passer quelques jours enchanteurs. Mais avant, histoire de savoir de quoi on parle, et surtout où aller, et à quelle saison, inscrivez donc en tête de liste pour le Père Noël ce livre-là !

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La légende des Paradors n’est plus à conter, ces châteaux mythiques de l’Espagne d’antan désormais palaces ont la particularité d’être situés dans des lieux chargés d’histoire, des paysages uniques, des à-pic vertigineux, des monastères médiévaux, des palais royaux … bref, tout un monde de légendes à portée de mains, à quelques heures de vol de chez vous. Une aventure au coin de la rue, en quelque sorte ; alors, voulez-vous, franchissons le pas avec Jesús Ávila Granados, spécialiste du patrimoine historique et touristique de l’ Espagne.

Pour découvrir les charmes cachés espagnols, la ballade est classée par ordre alphabétique, de l’Andalousie à la communauté de Valence, en passant par les Asturies, les Canaries, la Galice, la Catalogne ou encore le Pays Basque sans oublier la Navarre ou la province de Murcie et bien d’autres …
En tout, un peu plus de cent châteaux hôtels sont présentés sous leur plus bel habit d’apparat, avec des photographies qui vous envoûtent dès que vous y aurez poser un œil, puis l’autre, au point de vouloir vous y fondre afin de tenter d’y puiser l’harmonie et le silence qui s’en dégagent. Isolés, tapis dans les plus beaux sites d’Espagne, ces Paradors invitent au rêve et au calme …

Très habillement construit, ce guide qui n’en est pas un, est d’abord un très beau livre d’histoire, un traité gastronomique et le compagnon idéal pour choisir vos prochaines vacances. Remettant à chaque fois le site dans son contexte temporelle et politique, offrant ainsi une lecture intelligente et érudite, allant jusqu’à présenter tels détails liés au nom de la région, de la ville ou du château, l’auteur nous plonge avec gourmandise dans les méandres des influences passées qui ont si bien ciselé la culture espagnole au point de la présenter comme l’exemple d’une mixité possible entre les peuples. Tantôt chrétienne, tantôt musulmane ; mais bien avant phénicienne et romaine, cette terre si souvent foulée par l’étranger a su si bien s’imprégner des différences affichées qu’elle a pu en conserver l’essence première et la restituer dans son architecture unique au monde.

On n’échappera pas à la petite note présentgant les multiples possibilités offertes de visites au départ de l’hôtel. Petit plus d’importance : chaque référence contient sa date personnelle en rapport avec la plus importante manifestation locale (fête annuelle, festival, procession religieuses, etc.)
On regrettera, à l’heure d’Internet, l’absence d’adresses web, d’autant que certaines homonymies et la méconnaissance de tous les sites peuvent pousser à l’erreur dans la recherche …

Car vous avez l’embarras du choix : de l’Alcázar del Rey don Pedro (à Carmona, près de Séville) surplombant la plaine andalouse qui s’étend sur tout le bassin inférieur du Guadalquivir, où l’on se doit de déguster la chartreuse de perdrix, accompagnée de courgettes et de carottes ; au Château de Sainte-Catherine, sis à Jaén, haut lieu du Moyen Age, connu par les Maures sous le nom de Chayán (carrefour), et par les Hébreux sous celui de Yayán, alors que les Arabes nommaient la ville Chayán al-Hair (ville de soie), pour la richesse de sa sériciculture, qui nous offre un site unique, château fort tout en longueur accroché à une crête, dominant les cimes et la ville, où la gastronomie locale vous invitera à goûter la traditionnelle pipirrana ; en passant par le Cristóbal Colón niché dans une réserve naturelle aux plages paradisiaques (parador de Mazagón, sis à Huelva), le Château de Gibralfaro (parador de Málaga Gibralfaro), agréable belvédère s’élevant sur la côte ; ou bien le San Francisco (parador de Grenade) avec une vue imprenable sur ce bijou qu’est le palais de l’Alhambra ; ou encore le Parador d’Almagro, ville historique de la Mancha, sis dans l’ancien couvent de San Francisco construit à la fin du XVIème siècle, à qui l’on doit la photo de couverture de ce livre ; voire le Parador de Ségovie, baigné par les eaux limpides de l’Eresma, à quelques encablures des gorges du Duratón.

Délices aussi que ces pages qui suivent la présentation du palace puisqu’elles vous ouvrent en pleines pages les plus belles images de la région concernée, de la ville à visiter, du monument historique à découvrir …

Pour ma part, pour finir l’année en beauté, j’ai jeté mon dévolu sur le Parador de Santo Domingo de la Calzada, sis à Logroño, dans la région de La Rioja : il s’agit du premier hôpital construit pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, d’une rare beauté, de style royal, restauré avec noblesse et bon goût, ce qui plonge le voyageur dans la splendeur que cette ville calceatense a connue au Moyen Age, grâce aux pèlerins. Les chambres, aux prédominances des tons bleus et blancs sont pourvues de lits à baldaquins. J’y dormirai du sommeil du juste après avoir dégusté le rôti de la sierra de Cameros, arrosé d’un des vins de la région en pensant à vous.
Joyeux Noël en perspective !

Jesús Ávila Granados, Paradors – Des châteaux en Espagne, traduit de l’espagnol par Laurence Tissot, photographies de Dmi Mora et Ramon Manent (pour l’essentiel), relié sous jaquette couleurs, 270 x 320, Actes Sud, octobre 2007, 69,00 €

le 12/11/2007
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