"Sur-vivre" d’Aaron Coulibali
Qui se cache derrière le pseudonyme d’Aaron Coulibali ? Personne ne le sait réellement sauf l’éditeur Arhsens, mais il refuse de le réveler par loyauté envers son auteur .
Toujours est-il que ce roman a un parfum de mystère et d’étrangeté, dérangeant, il raconte la descente en enfer d’un homme après une rupture amoureuse dans un univers médiatique où se croisent les stars de la télé, du show business et du cinéma.
La perte de l’autre, l’obsession perpétuelle de son image, la solitude, le désoeuvrement affectif, on assiste comme par le prisme d’une caméra subjective à la déambulation urbaine et cérébrale d’un homme largué dans tous les sens du terme.
Un premier roman qui a le drôle de goût de l’époque, entre amour fou et désillusion. Des thématiques judéo-chrétiennes fin de siècle en quête d’un sens perdu. La culpabilité, le doute et l’épreuve que connaissent un jour tous les épicuriens, voilà quelques ingrédients de ce roman sans concessions au style nerveux. On est piqué au vif.
Une curiosité, hors norme, à lire d’urgence.
Présentation de l’Editeur
« Peut-être qu’inconsciemment je me préparais à ce jour. Celui où je serais seul, où je devrais tragiquement faire face à la solitude, du matin au soir, la nuit, faire l’intime expérience de l’exclusion sociale, de la cure d’ennui perpétuel. »
Issu d’une banlieue favorisée, exerçant sur les plateaux télé un métier qui lui procure les plaisirs faciles que permet l’argent, marié à la femme qu’il aime mais toujours à l’affût d’une aventure, Aaron Coulibali s’est confortablement installé dans une vie de “marginal mondain”. Pourtant, le jour où sa femme le quitte, sa vie s’arrête. Cette rupture le laisse seul face à la vacuité de sa vie, dans un état de manque affectif qui le ronge.
Hypnotisé par l’image obsessionnelle de cet amour perdu, désespéré de n’avoir pas su simplement vivre son bonheur, il trompe son angoisse d’être seul par la fréquentation des paradis artificiels.
Dans ce roman poignant de sincérité qui nous entraîne au rythme de phrases syncopées, dictées par la fièvre des drogues dont il abuse, Aaron Coulibali met en scène sa propre déroute. Il dresse le portrait sans concession d’un jouisseur acharné qui découvre trop tard sa raison d’être, et au-delà d’un vécu personnel, c’est l’histoire universelle de la passion qu’il nous raconte avec la profusion d’un Kerouac.
"Sur-vivre" d’Aaron Coulibali, Editions Arhsens 192 pages ; ISBN : 978-2-916236-05-6