On va aussi annoncer 2.700 créations de postes d’auxiliaires de vie scolaire pour s’occuper des enfants handicapés, a déclaré sur les écrans de France2 Xavier Bertrand, ministre du Travail, à propos des suppressions de postes, annoncées par son collègue de l’Éducation nationale. 11.200 à retrancher de 2.700, la ficelle est grosse, mais il faut bien trouver un truc en catastrophe pour arrondir les angles… Quoi qu’il prévoie, le gouvernement s’expose à la colère de toute une partie du corps social, les pouvoirs publics ne sont pas sans risque le premier employeur en France ! La crise boursière a jeté un froid avant la rentrée, aussi tout le monde s’interroge sur un avenir incertain, quoi qu’en dise le chef de l’État qui prétend avoir les choses en main, et maintient l’objectif de croissance du produit intérieur brut à 2,25% en 2007, 2,50% l’année prochaine. Du SNES-FSU qui dénonce une véritable agression contre l’Éducation nationale au Parti socialiste, pour qui la décision poursuit et amplifie la démolition du service public d’éducation déjà amputé durant les cinq années précédentes, chacun s’effraie, non pas des bureaux non pourvus prochainement, mais d’un service public qui n’offre plus un ultime exutoire au chômage… De fait, les Français ont toujours entretenu cette relation ambivalente avec leurs fonctionnaires, accusés de paresse et chargés de mépris, mais enviés, adulés, courtisés lorsqu’ils accèdent à une fonction notable. Le biographe de Georges Mandel devrait le savoir, le ministre des Postes de 1934 à 1936 se rendait incognito dans un bureau dès potron-minet pour vérifier s’il ouvrait à l’heure et si le service était conforme aux directives ; son directeur était immédiatement renvoyé s’il ne donnait pas satisfaction. Autres temps, autres mœurs !