LE MONDE CONTRE SOI - ANTHOLOGIE DES PROPOS CONTRE LES JUIFS, LE JUDAÏSME ET LE SIONISME

LE MONDE CONTRE SOI - ANTHOLOGIE DES PROPOS CONTRE LES JUIFS, LE JUDAÏSME ET LE SIONISME

On croit connaître les principaux acteurs et penseurs de l’antisémitisme, en particulier ceux du XXe siècle, où les nationaux-socialistes sont devenus la conséquence funeste de l’aversion antijuive. Mais à force de concentrer l’attention sur les mêmes personnages, certains ont oublié que l’antisémitisme était un thème qui, traversant les âges et les communautés, remonte à l’origine du peuple juif. Si nombre de canailles et de psychopathes ont été antisémites, des hommes au-dessus de tout soupçon, progressistes et utopistes – certains de confession israélite -, ont été hostiles aux Juifs, au judaïsme, ou encore au sionisme. C’est ce que l’historien Paul-Éric Blanrue, paraphrasant l’expression du philosophe André Glucksmann, nomme "l’énigme antisémite".

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Dans cet ouvrage, l’auteur a entrepris, pour la première fois dans l’histoire, de relever les traces de la judéophobie de façon systématique, en les rendant, tel un anatomiste, visibles pour le grand public. Il a défriché des documents de diverses natures (livres, interviews, films, etc.), cachés, méconnus, lus ou vus trop vite, qui incommodent parfois ceux qui aimeraient mieux ne pas savoir ce que leurs contemporains et prédécesseurs ont déclaré à un moment de leur vie, en public comme en privé.

Cet ouvrage se présente sous la forme d’un dictionnaire classique et actuel (les références contemporaines y sont nombreuses), classant les citations antisémites, antijudaïques et antisionistes selon l’ordre alphabétique du nom de leurs auteurs. Chaque entrée (il y en a plus de 500, de A comme Mahmoud Abbas à Z, comme Émile Zola) est éclairée par une courte présentation et se voit assortie d’un minimum de commentaires, afin de ne pas troubler la réflexion du lecteur.

Aboutissement d’un travail de plus de dix ans, ce projet, qui réserve de grandes surprises, se présente comme une sorte de manuel d’éducation civique non conformiste. L’objectif de l’auteur est "d’ouvrir les yeux de ceux qui veulent savoir d’où ils viennent et à quel type d’humanité ils appartiennent." Car on ne combat que ce que l’on connaît.


Préface de Yann Moix - 320 pages - 28,50 euros - Éditions Blanche - en vente dans les librairies à partir du 11 juin 2007

le 04/06/2007
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9 Messages

  • 5 juin 2007 01:44, par GinoPicky

    Chère Flicaille,
    Cette réclame en faveur d’un professeur de Vertu et rédigée par un autre accusateur invétéré du Mal inhunumain (c.f. lorsqu’il s’agit de lyncher une star du rock français par exemple) ménage donc un énième acte de foi vertueux et rebelle (comme toujours, les deux vont ensemble) mais complètement absurde (n’en déplaise à dix ans de "travail", qui ne sont pas sensés produire de la qualité, que je sache). Le vrai but de ce genre d’ouvrage est sans doute de recréer artificiellement un combat dont l’époque nous prive désespérément. C’est malheureux, contre quoi lutter ? voilà une grande question Mr. Chapuis-flic-des-moeurs. L’antisémitisme de Gérard de Nerval : ça che-mar.
    Prendre l’Histoire sous les lunettes droit-de-l’hommistes, c’est plus que de l’anachronisme, c’est de la falsification, voire de la connerie. Il ne fait aucun doute que tout le monde était antisémite pendant l’Affaire Dreyfus (par exemple), même Emile Zola (comme Desproges a pu dire "Tout le monde sont Juif ! l’Archevêque de Paris est Juif !"). Ce n’était pas le judaïsme de l’officier qui était en question, mais la justice (et encore...). Mais voilà, notre morale insurpassable revient pleine de rage policière, et ce contre des spectres, donc dans un combat vain (et dans le but, soit-disant, d’"ouvrir les yeux" ?? mais sur quoi — du vide ? pourquoi ? afin d’être plus civique mais moins lucide : certainement) ; avec, comme parfum, cet esprit particulièrement français qui consiste à avilir les grands, à abaisser le génie et pourrir ce qui est digne d’être admiré : Zola l’antisémite, voilà qui réjouit Mr. Chapuis-en-mal-de-combat, hein : Emile le gros dégueulasse, tout comme Balzac, Voltaire, Flaubert, Baudelaire, et toute la clique, que vous ne lirez désormais qu’à la lumière de votre putain de Vertu, c’est-à-dire sans lumière aucune), et Lewis Carroll le pédophile ? à quand un "Le pénal dans ma culotte : Anthologie des déclarations des illustres toucheurs de mômes" ?, Virgile battait ses esclaves, Prévert trompait sa femme, La Fontaine crachait sur les paysans, Molière était incontestablement un raciste du dimanche... Qu’en pensez-vous Mr. Chapuis-en-guerre-contre-les-méchants-et-le-génie ? Je pense que ça ferait grandement avancer le schmilblik et qu’il faudrait commettre un autre dictionnaire instructif (que dis-je ? un cycle encyclopédique !) de cet accabit à propos des écarts libertins de nos grands hommes, de fouiller leur petite vie privée, de renifler leurs chaussettes, de de faire des test ADN sur la bite à Clémenceau, bref : faire oeuvre de l’esprit et d’anticonformisme.
    Bien sûr, on ne "trouble pas la réflexion", on prend le lecteur dans le sens du poil, et combien je le comprends ! Ce combat contre des fantômes semble si vide que la note en bas de page doit prendre acte de ce vide, et même préjuger de celui qui habite l’esprit du lecteur. Dénoncer l’antisémitisme est au fond assez commode, c’est tellement inattaquable, mais en même temps si courageux. Mieux vaut ne pas conclure non plus en effet sur ce futur "dictionnaire des idées reçues", sous couvert de bombe d’esprit critique (l’"auteur" de la préface témoigne de l’esprit en question).
    Mr. Chapuis-le-gros-beauf-new-age, eh bien chiez à l’aise, en "public comme en privé", sur le génie, tout antisémite qu’il fut, si ça vous permet d’encenser Patrick Sébastien et de vous croire digne d’être un "résistant culturel".
  • 6 juin 2007 09:57, par BEN GOURION

    Cela faisait longtemps que l’on ne nous avait pas fait le coup de l’amalgame antisémistisme/antisionisme. Ca nous manquait...
  • 7 juin 2007 21:11, par A.nonyme

    Y’a pas d’énigme antisémite. A partir du moment où, de tous temps et en tous lieux, on refuse de s’intégrer, de se mélanger, de se fondre dans la masse et on continue à se penser supérieur, à partir du moment où l’on souhaite se différencier des autres hommes, alors il ne faut pas s’étonner qu’à certains moments de l’histoire la différenciation soit poussé à son paroxysme par le reste de la population, qui ne fait qu’amplifier ce que souhaite le peuple juif : ne surtout pas se mélanger.

    • Oui, et puis la Shoah ça n’est qu’un paroxysme hein, les Juifs l’ont voulue, en fait. À moins qu’elle n’ait jamais eu lieu, bien sûr...
      C’est incroyable que des êtres humains puissent encore tenir un tel discours.
      Quant à ce bouquin, en effet il semble contradictoire de prétendre à la dénonciation et à la révélation tout en ne voulant pas "troubler la réflexion du lecteur"...