"Mémoires vives" d’Eric Keslassy et Alexis Rosenbaum

"Mémoires vives" d'Eric Keslassy et Alexis Rosenbaum

Le moins qu’on puisse dire c’est que "Mémoire vives" d’Eric Keslassy et Alexis Rosenbaum est un livre important et terriblement d’actualité qui mérite qu’on s’y arrette.
Cet essai court, mais remarquablement mené par ses deux auteurs, revient sur le thème qu’on pourrait qualifier de "crise" des mémoires ou la volonté qu’éprouvent certains de mettre en concurrence les drames, les génocides du passé.
Il est une réponse explicite à Claude Ribbe et Dieudonné notamment dont les thèses sont analysées, décodées et combattues ici sans volonté de polémiquer mais dans la volonté manifeste et noble d’aider à ouvrir un vrai débat public constructif.

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Présentation de l’éditeur :

Depuis quelques années, la France est secouée par une série de ’crises de mémoire’ : polémique autour de la loi Taubira, affrontements sur les bienfaits de la colonisation, controverse autour des génocides, exigences de commémoration, procès médiatiques, etc.

De nombreux groupes communautaires ont la mémoire à vif, et leur malaise envahit le débat public. Peut-on appréhender avec justesse la dimension identitaire de ces revendications ?

Ne sommes-nous pas entrés de façon irréversible dans une ère de concurrence des mémoires ? Les auteurs analysent ce qui conduit les minorités à instrumentaliser le passé pour reconstruire leur identité et les raisons pour lesquelles ce passé est devenu, en France, un tel objet de convoitise et de compétition.

Extrait :

Nos nouveaux entrepreneurs de mémoire, à l’affût, guettent ces désirs et ces tourments. Ils savent les instrumentaliser. Quoi de mieux qu’une histoire commune, en effet, pour revivifier une identité ? Quoi de plus mobilisateur que de s’unir pour réparer un crime occulté ? De tels accès de nostalgie sont ainsi parfois orientés et exploités par une poignée d’’ethniques professionnels" qui trouvent par ce biais un moyen d’assurer leur propre promotion.

A livre absolument pour ne pas se tromper de combat ou ne voir qu’un côté de choses.
Une vraie réflexion poussée, simple et argumentée qui nous rend plus intelligents.

Une thématique qui ose interroger et débattre sans complaisance au coeur des problèmes de la société actuelle qui si elle veut se reconstruire sur des bases solides doit soigner sa Mémoire, parfois défaillante.

Docteur en sociologie, Eric Keslassy est enseignant. Il a publié plusieurs ouvrages dont De la discrimination positive (Bréal, 2004) et Tous égaux ! Sauf... (avec Martine Véron, Cavalier bleu, 2006).
Agrégé de philosophie et docteur en psychologie, Alexis Rosenbaum est enseignant. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont La Peur de l’infériorité (L’Harmattan, 2005) et L’Antisémitisme (Bréal, 2006).

le 03/07/2007
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3 Messages

  • 3 juillet 2007 16:44, par François Xavier

    Le problème, cher Frédéric, c’est que la seule présentation du quatrième de couverture ne donne pas du tout d’information claire sur le sujet ...
    D’autant plus dérangeant quand on connaît le tristement célèbre Keslassy, son esprit partisan et borné, son emportement et son manque d’honnêteté, dont il a fait preuve, notamment pour son livre "Comprendre le Proche Orient" qui donne la nausée alors qu’il est censé expliquer la guerre qui sévit dans cette région et ne fait que l’apologie du mur de Sharon et justifier l’expulsion des Palestiniens ; nous en avons d’ailleurs longuement parlé ici, sur Le Mague :
    http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=1635
    Rien que pour cela Keslassy est à inscrire aux oubliettes tant son mode de pensée est faux, pervers et immonde ...
    Quant à son essai sur la discrimination positive, nous en avons longuement dit, et prouvé, toute la néfaste quintessence ici :
    http://www.lelitteraire.com/article531.html
    Donc, on oublie bien vite pour passer à autre chose ...
  • 4 juillet 2007 15:54, par Mat

    C’est bizarre ce que dit François Xavier, parce que ce que j’ai lu du bouquin est très modéré. L’auteur montre comment la façon dont l’histoire est enseignée est la première cause du malaise actuel. Ensuite, il faut voir que la compète des mémoires est utilisée par des gens qui se soucient plus de leur carrière perso que de leur soi-disant communauté. C’était exactement comme ça dans d’autres pays avant que ça arrive en France, et ce sera sans doute excatement comme ça dans d’autres pays après la France. Pour une fois que quelqu’un le montre clairement sans se mettre à éructer et sans les habituels sous-entendus racistes ou antisémites, ça fait du bien.