Le 17 mai et les autres jours : luttons contre l’homophobie !

Le 17 mai et les autres jours : luttons contre l'homophobie !

En 2005, le 17 mai a été proclamé Journée internationale de lutte contre l’homophobie. « On ne choisit pas son orientation sexuelle » est le thème choisi pour cette campagne 2007.

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L’homosexualité est plus visible qu’avant, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma… Elle est même acceptée dans plusieurs pays, avec les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe. Cependant, la discrimination et l’homophobie existent bel et bien. Dans 80 états au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Liban, Nicaragua, Bosnie...) et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite...).

Afin de sensibiliser l’opinion publique, la Journée internationale de lutte contre l’homophobie a été créée, le 17 mai. Elle a lieu dans une quarantaine de pays, en souvenir du 17 mai 1990, date à laquelle l’Organisation mondiale de la santé a décidé de supprimer l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

À l’occasion de cette troisième Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, SOS homophobie, association nationale de soutien aux victimes, a rendu public son 11ème Rapport annuel sur l’homophobie en France. D’après ce rapport, le nombre des agressions physiques signalées est en augmentation inquiétante de 17% par rapport à 2005. Cela correspond à trois témoignages d’agressions physiques par semaine. Le milieu professionnel (16% des témoignages) et la famille (11% des témoignages) restent encore en 2006 des bastions de l’homophobie en France.

Dans une lettre ouverte (toujours à l’occasion de cette Journée internationale contre l’homophobie), dix-neuf organisations d’homosexuels, lesbiens, bisexuels et transsexuels, et de l’Education, estiment que l’école doit jouer son rôle dans le combat contre l’homophobie et proposent des pistes d’actions dans les établissements scolaires. Parmi les suggestions, on trouve entre autres : la formation des personnels, l’introduction du refus de cette discrimination dans les règlements intérieurs, la mise à disposition dans les CDI d’ouvrages de littérature jeunesse traitant de la question de l’homosexualité ou de la transsexualité. Interrogé sur la lutte contre l’homophobie, le Président de la République nouvellement élu, Nicolas Sarkozy, s’est prononcé dans ce sens dans une interview au mensuel Têtu en avril 2007 : « Tout ce qui peut être fait à l’école pour expliquer que la différence est une richesse et pas un risque, je le favoriserai ». Les associations LGBT veilleront à ce que cet engagement soit tenu.

Au quotidien, de nombreuses associations de lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) luttent contre les discriminations et l’homophobie. Par le biais d’actions visibles, comme la marche des fiertés, elles font entendre leurs voix, pour demander l’égalité des droits des homosexuels. Plusieurs marches des fiertés ont lieu en mai et juin dans plusieurs villes françaises : le 19 mai à Tours, le 2 juin à Lille, Bordeaux, Nantes et Nancy, le 9 juin à Montpellier, le 16 juin à Rennes, Strasbourg, Biarritz, Toulouse, le 23 juin à Rouen, Marseille, Lyon et le 30 juin à Paris. N’hésitez pas à venir manifester votre soutien…

Quelques actions menées dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie

Pour aller plus loin :

www.homophobie.org

www.sos-homophobie.org

www.interpride-France.com

le 16/05/2007
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1 Message

  • 18 mai 2007 09:43, par Sapho

    Tout a fait d’accord. Juste deux remarques :
    D’abord, le même Sarkozy qui veut, paraît-il, faire apprendre aux écoliers que la différence est une richesse et non pas un risque, a osé affirmer à Michel Onfray que l’homosexualité "comme, la pédophilie c’était génétique" (en précisant quand même qu’il ne confondait pas homosexualité et pédophilie). Cela faisait un sacré bail que l’on n’avait pas tenu de pareils propos !
    Ensuite, il faut que la communauté homo arrête de faire les mêmes conneries que (pour ne prendre que cet exemple) la communauté noire des USA à la fin des années 60, avec le black power ("Black is beautiful" etc.).
    Manifester pour revendiquer ses droits, oui. J’applaudis des deux mains ! Mais les "marches de la fierté" ne veulent rien dire. Il n’y a pas à être fier (comme il n’y a pas à être honteux !) d’être homosexuel, noir, juif, bébé phoque ou tétraplégique.
    Si le rejet, voire la persécution, de la communauté homosexuelle est bien réel, le discours de la victimisation entraîne parfois des comportements aberrants (les cris de "morts aux hétéros" entendus dans certaines gay prides). Mais il y a eu pire.
    Au début des années 80, en réponse à la connerie de ceux qui l’avaient appelé le "cancer des homosexuels", il y a eu une non-réaction (et donc une non-prévention) des milieux gays lors des débuts de l’épidémie de sida. S’il faut en croire Frédéric Martel, auteur du "Le rose et le noir" (une histoire des homosexuels en France depuis 68) :
    "Les patrons des boîtes de nuit, les responsables de la presse homosexuelle riaient au nez des médecins qui tentaient de les alerter (...) ce combat ne pouvait pas être le leur. Eux s’étaient battus avec acharnement dans les années 70 pour la reconnaissance des droits des homosexuels*" (Impact Médecin hebdo du 5 avril 96).
    Dans ces années là, Jean Boyer alla jusqu’à écrire qu’il préférait "mourir du sida que d’ennui !" (in la revue "Masque", hiver 84-85).
    Ce n’est qu’en 1985 qu’il y eut une véritable prise de conscience.
    "la mort en rose" ?
    Ah la la, quelle chienne de vie...
    Rien n’Y est simple.
    * Les sevenies furent en particulier l’époque du FHAR, Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire)"