Le dernier combat...

Le dernier combat...

Allez, en vrac, je vous livre mon dernier acte de militantisme avant l’élection... La plupart d’entre vous ne le découvriront sans doute qu’après... Souhaitons que ce ne soit pas trop tard...

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D’abord, phénomène rare, la Ligue des Droits de l’Homme, habituellement neutre, s’est fendue d’un petit communiqué. Tardif, certes, mais révélateur que l’angoisse monte. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de ces grands défenseurs des libertés élémentaires (www.ldh-france.org).

Ensuite, voici un ultime exemple de mensonge officiel : On apprend qu’un important dispositif policier sera mis en place pour dimanche soir, pour prévenir d’éventuelles émeutes. L’idée ce ce dispositif n’est pas une surprise dans un état qui risque de devenir de plus en plus policier. Et celle de contester une élection démocratique par d’éventuelles émeutes le jour même du résultat n’est pas une solution très intelligente non plus. Les motifs de contestation devraient apparaître bien assez tôt pour ne pas tomber immédiatement dans un déni de démocratie qui permettra à qui vous savez de jouer la carte de la victimisation, et de stigmatiser à nouveau certaines franges de population.

Ce qui est intéressant et étonnant là-dedans, et qui témoigne déjà de méthodes douteuses et de mensonge d’état, c’est que les communiqués policiers insistent lourdement sur l’importance du dispositif ("sécurité, sécurité, vous êtes en sécurité"), mais aussi sur le fait qu’aucune émeute n’est prévue. Car avouer le contraire, ça serait bien évidemment admettre que l’un des deux candidats cristallise un ressentiment et une insécurité sociale qui rendent son élection dangereuse. Le Ministère de l’Intérieur le sait, prévoit un dispositif en conséquence, mais refuse de l’admettre pour ne pas dévoiler cette triste conséquence de l’élection de Monsieur Sarkozy.

philosophie de bas-étage

Je termine le petit combat que j’ai tenté de mener à ma modeste échelle par deux ou trois petites idées de philosophie de bas-étage.

Si la vie, soyons ludique, doit rester un jeu, alors la politique en est sans doute la règle. Oui, égoïstement, au moment de jouer, on peut choisir ses meilleures cartes, ses intérêts personnels. Au moment de voter, on a le droit d’être un peu plus objectif et honnête, et de choisir l’intérêt collectif plutôt que l’intérêt individuel. Les courants politiques se nourrissent d’utopie : à droite, on pense qu’on a tous les moyens de s’en sortir, que c’est affaire de volonté, de travail. Que la somme des intérêts individuels constitue l’intérêt collectif. A gauche, on considère que non, que les conditions de la naissance ou les accidents de parcours font partie des inégalités que la société doit aider à surmonter. Que l’intérêt collectif est au-dessus des intérêts individuels. Et qu’améliorer l’intérêt collectif est le meilleur moyen d’améliorer les intérêts individuels.

Si sincèrement, en regardant l’état du monde en général, et celui de la France en particulier, il vous semble que les hommes naissent égaux en droit, qu’ils ont les mêmes chances devant la vie. Alors n’hésitez pas, votez à droite toute...

Si au contraire, il vous semble que les données de départ sont très différentes. S’il vous apparaît une seule seconde que le fossé des inégalités semble doucement se creuser, alors n’hésitez pas, votez à gauche...

Et pour ceux qui veulent s’abstenir, ce n’est qu’une façon de laisser les autres choisir, c’est voter à 50/50 pour les deux candidats. Alors abstenez-vous de vous abstenir !

A lundi peut-être...

le 06/05/2007
Impression

2 Messages

  • 6 mai 2007 11:12, par "Nicolas Sarkozy"

    J’appelle tous les Français de bonne volonté, tous les Français qui aiment la France et ce qu’elle représente pour les hommes, qui aiment la République et qui se font une haute idée de l’Etat, à s’unir à moi pour construire avant qu’il ne soit trop tard une République fraternelle, une République où chacun, même le plus humble, le plus fragile, le plus blessé par la vie, le plus dépendant, le plus souffrant trouvera sa place, une République où chacun quelle que soit sa situation, quelle que soit sa fragilité, quelle que soit sa faiblesse sera reconnu comme un citoyen à part entière. Où la personne dépendante, où la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, où le malade, où celui qui est frappé par la dépression, où celui qui a tout perdu, où la femme martyrisée, où la mère qui élève seule ses enfants, où le fils d’immigré, où celui qui habite un quartier dit défavorisé, où celui qui habite dans un canton rural éloigné de tout, où tous pourront jouir d’une pleine citoyenneté, où tous auront droit à la considération et au respect qui est dû, ou qui devrait être dû aux citoyens d’une République comme la nôtre, dans un pays comme le nôtre, qui en mettant la fraternité au même rang que la liberté et l’égalité a osé dire au monde, comme Antigone : « Je suis née pour partager l’amour, non pour partager la haine ».
    • Le dernier combat... 7 mai 2007 13:49, par arno.v

      Je réponds au message signé "Nicolas Sarkozy". Comme tout le monde, j’aimerais y croire. Et comme tant de jolis discours policés par des hommes politiques brillants et bien entourés, on peut difficilement aller à l’encontre d’une si belle déclaration d’intention.
      Hélas, je ne suis pas persuadé que la réalité du personnage, ni surtout celle de la France de demain, soit celle de ces belles déclarations.
      J’aimerais tellement me tromper...