Du Pain sur la Planche

Du Pain sur la Planche

La campagne est finie, et ce n’est pas pour autant le moment de partir… à la campagne. Pour moi qui ai pris le parti d’exposer le moins possible de moi-même au fil des vers que je vous sers tous les jours, l’interdiction jusqu’à lundi de parler politique dans le journal Le MAGue est peut-être une occasion que je saisis à contre cœur pour vous dire un mot de ce projet éditorial que Frédéric Vignale a bien voulu accueillir dans les colonnes de son, de votre journal. C’est parce que je l’ai lancé le 29 avril 2005, en plein débat sur le référendum dont le résultat s’est soldé par un coup de massue sur la tête de nos élites, le 5 mai 2007 a valeur de symbole pour ce que j’ai intitulé journal de campagne aux concours littéraires auxquels j’ai participé l’année dernière. À l’ANPE, un agent s’était enthousiasmé, prétendant que le sonnet du jour devait figurer à la Une d’un quotidien. Las ! Pas un rédacteur en chef de la presse nationale ou régionale n’a eu le cran de relever le pari que la poésie pouvait être à même d’illustrer un événement. Vous-mêmes, chers lecteurs, m’avez parfois lancé des traits acérés. Pourquoi ? La nouveauté dérange, dans la mesure où elle heurte les habitudes. J’y suis sensible aussi et je comprends vos réticences. Pour autant, s’y installer n’est pas une bonne idée, et ce n’est même pas une idée. La vie est faite de changements, elle s’en nourrit. Demain soir, la personne qui prendra nos destinées en charge n’aura de cesse de bouleverser la donne… Ségolène Royal a pris son parti à rebrousse-poil avec la démocratie participative, Nicolas Sarkozy a fait hurler le sien en prônant la discrimination positive. Que l’une ou l’autre prenne un bail à l’Élysée, on va tous le sentir passer. En ce qui me concerne, cela fera de la matière, et je l’espère, matière à de beaux vers qu’il vous plaira peut-être de lire, et à mon cœur, le bonheur d’avoir tissé un lien subtil avec vous. Alors bon dimanche, et à lundi…

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S’ils l’ont mise à l’encan, ils se sont bien trompés,
Ceux qui vont près des gens que le destin malmène :
La politique est là, bien là, mais plus humaine,
Plus proche aussi des gens sous de nouveaux aspects.

La puissance est formelle et son regard épais
Ne sait pas bien non plus où tout ça nous emmène,
Sans âme et sans façons les jours de la semaine
Elle est absente, au fond, tant on voit de loupés !

Tout le monde est anxieux, mal à l’aise et perplexe,
C’est vrai : bon an, mal an, le monde est plus complexe
Et que peut faire en somme un pouvoir régalien ?

C’est qu’on attend quelqu’un pour montrer comment faire,
Sa tâche est avant tout de restaurer un lien
Défait, mais sans lequel rien ne fait notre affaire.

le 05/05/2007
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