Nicolas Sarkozy : la haine de soi

Nicolas Sarkozy : la haine de soi

« Tout ce que tu dis parle de toi, singulièrement quand tu parles des autres ».
Paul Valéry
Je ne doute pas que, dans le privé, Nicolas Sarkozy soit un homme charmant. Je lui reconnais du charme, de l’intelligence, de la sensibilité. Je ne doute pas qu’il puisse être un ami délicieux. Je ne doute pas de ses convictions, ni de sa sincérité.

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Mais il y a une chose dont je doute — et ce n’est pas lui faire injure ; je doute de sa capacité à diriger un pays, ce pays, par exemple, qui est la France.

Je doute que Nicolas Sarkozy ait cette humilité de l’ego qui sied à la fonction de chef d’État.

Que Nicolas Sarkozy ait fait un rêve, oui je crois qu’il le fait plus que jamais ce vieux rêve : être président de la République française.
Je crois qu’il veut cela, obstinément, maladivement, je crois qu’il est prêt à tout sacrifier pour ce rêve, ce rêve qui est devenu un absolu. Mais l’absolu c’est la mort ! L’absolu n’existe pas. L’absolu n’est pas un lieu de l’âme où l’on se repose. L’absolu n’est pas humain en ce sens qu’il est indépassable. Être président de la République n’est qu’une étape dans le processus du vivant. Si ce pouvoir n’est pas tenu à distance, s’il est le symbole de l’accomplissement de soi, s’il est un but en soi, il y a danger. Et voilà qui m’inquiète : il semble bien que tel soit le cas pour Nicolas Sarkozy. Aussi devra-t-il aller de plus en plus loin, de plus en plus fort, de plus en plus dangereusement. La voie qu’il a choisie, il ne pourra pas en déroger, il ne pourra pas bifurquer ; il lui faudra, il sera, il deviendra de plus en plus violent, de plus en plus instable.
La violence engendre la violence, tout le monde sait cela. Cette violence, on ne cessera de la lui apporter sur un plateau d’argent. Elle lui collera à la peau. Tout le temps, toujours. Il aura beau invoquer Blum, Jaurès, Camus, plus rien désormais n’y fera. C’est trop tard. L’image est figée. Le tableau est signé de la main du destin. Ce père fouettard-là n’a pas la grande histoire pour l’excuser.

***

Au bout de cela pointe le despostisme. Il pointe déjà, il est déjà là, dans la ligne de mire. Le rapport de force est le fonds de commerce de Nicolas Sarkozy. Rappelons-nous : « Surveiller et punir » (Michel Foucault), et ceci encore : « Ce que vous êtes parle si fort que l’on n’entend plus ce que vous dites. (Jefferson.) Ce qu’est Nicolas Sarkozy, c’est ce qu’il a voulu. Il a voulu cela pour conquérir le pouvoir. Ce pouvoir il l’a. Il l’a eu au prix de la violence. Il l’a voulu au nom de son désir de pouvoir. On voit que ce pouvoir qu’il a aujourd’hui ne lui suffit déjà plus. Celui qu’il pourrait avoir demain (celui de chef d’État) bientôt ne lui suffira pas non plus. Après le pouvoir sur les corps il faut celui des âmes. C’est un refrain connu.

Tout dans ce que Nicolas Sarkozy donne à voir de lui-même confirme cela : que tout doit s’articuler autour de sa seule personne. L’espace autour de lui est saturé de son image. Et cette image, je le crois, j’en suis sûr, j’en suis absolument certain, il ne l’aime pas. Il ne l’aime pas pour les raisons que l’on sait. Alors, alors, je vous prie de bien me lire : cette image il n’aura de cesse de la sublimer, d’en faire une icône. « Le culte du moi » (et je ne fais ici que citer un livre de Barrès), le culte de soi est avant tout la haine de soi.
Et c’est ici le paradoxe suprême : les despotes ne s’aiment pas.

***

Rien ne s’oppose plus radicalement à la fraternité que le pouvoir, le pouvoir vécu comme une victoire. Le pouvoir est une défaite. Le pouvoir est une défaite de l’humain.
C‘est en cela que j’aime Ségolène Royal : ce pouvoir elle n’en veut que pour n’avoir pas à l’exercer, à l’imposer. Le pouvoir qui vise à se nier lui-même n’est pas le pouvoir, tout le pouvoir.
« C’est le fort qui tend la main, dit Nicolas Sarkozy, pas le faible. »
Fort, faible. Ce sont ses mots, oui, ses mots, ses maux. Tout est là. Le fort, le faible. Cela a encore un sens pour lui, et ce sens s’il le sent faiblir il veut le rétablir. La fable du fort et du faible ne devrait pas être autre chose que la fable de l’aveugle et du paralytique.

***

Pour finir, ceci que j’adresse à Nicolas Sarkozy : « Si vous voulez ressentir la paix, devenez la paix », (James F. Twyman). Mais, voulez-vous que je vous dise : je crois qu’il est trop tard.
Moi qui aime la paix, moi qui n’ai pas de pouvoir et qui n’en veux pas, moi qui aime les gens, moi qui ressemble à tant de gens, moi qui n’ai pas peur des femmes, moi qui suis pas beau, moi qui ne suis pas riche, moi qui ne suis plus jeune, moi qui crois en l’humain, j’ai voté, je vote et voterai Ségolène Royal.

le 28/04/2007
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14 Messages

  • 29 avril 2007 08:58, par Philippe Gras

    Cette analyse est pertinente, en ce sens que l’action politique est, me semble-t-il, avant tout un combat pour, et sur soi-même :
    Amis, votez pour moi, pour apprendre à m’aimer !

    Mais je n’ai jamais eu l’impression qu’un chef d’État s’affranchisse du culte de soi, à part lorsqu’il lâche l’affaire : Eltsine en 1999, le 31 décembre, Chirac il y a 2 mois, au sommet européen. Quant à Ségolène Royal, elle est peut-être aussi à même d’assumer ces fonctions parce que justement, elle s’aime trop...
  • 29 avril 2007 21:25, par llenne

    Rien ne paraît plus surprenant à ceux qui contemplent les choses humaines d’un oeil philosophique, que de voir la facilité avec laquelle le grand nombre est gouverné par le petit, et l’humble soumission avec laquelle les hommes sacrifient leurs sentiments et leurs penchants à ceux de leurs chefs. Quelle est la cause de cette merveille ? Ce n’est pas la force ; les sujets sont toujours les plus forts. Ce ne peut donc être que l’opinion. C’est sur l’opinion que tout gouvernement est fondé, le plus despotique et le plus militaire aussi bien que le plus populaire et le plus libre.
    David Hume (26 avril 1711 – 25 août 1776), philosophe, économiste et historien .
    Voici une autre citation pour le plaisir :
    Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
    Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
    Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
    Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
    Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
    citation(s) / poème(s) n° 2700 : Platon [présentation et images], (Athènes, 427 — id., 347 av. J.-C.), philosophe grec
  • 30 avril 2007 12:17, par Claude

    merci monsieur pour cette article d’une belle dignité intellectuelle.
  • 30 avril 2007 18:24, par Bénédicte

    Que dire de plus ? Juste... continues... c’est magnifique
    Amitiés l’ami !
    Bénédicte
  • 1er mai 2007 11:20, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

    Dominique-Emmanuel, tu viens de réaliser un profil psychologique étonnant sur Nicolas Sarkozy et ta magnifique synthèse du personnage nous fait froid dans le dos... c’est la raison pour laquelle, moi aussi, le dimanche 6 mai 2007 je voterai pour Ségolène Royale sans hésiter une seule seconde.
  • 1er mai 2007 12:48, par M.

    Très beau texte qu’on devrait placarder dans les mairies de France et de Navarre
  • 1er mai 2007 13:55

    Mes chers amis, nous voici arrivés au terme de cette campagne.
    J’ai voulu la conduire conformément à l’idée que je me faisais de la fonction présidentielle. Des responsabilités qu’elle implique. Des devoir qu’elle impose. De la dignité qu’elle exige.
    Je n’ai pas été épargné par les attaques personnelles. On a mis en cause ma probité. Mon intégrité. Mon honneur. Ma sincérité. Mon caractère. On a insinué que j’étais dangereux pour les libertés. On m’a soupçonné de vouloir mettre en place un Etat policier. On m’a accusé d’avoir exercé des pressions. On n’a jamais produit la moindre preuve ni le moindre indice, ni quoi que ce soit qui puisse étayer les accusations portées contre moi.
    Je n’ai pas répondu aux attaques. Sauf pour dire, quand ces attaques sont devenues insupportables, que ceux qui les portaient n’avaient pas fait la preuve de tellement de vertus qu’ils puissent se permettre un tel mépris à mon égard.
    Je ne les ai pas rejoints dans la boue où ils auraient voulu m’entraîner.
    Ils n’ont pas changé.
    Ce sont les mêmes que ceux qui en 1958 défilaient contre le Général de Gaulle en hurlant que le fascisme ne passerait pas.
    En 1965, comme aujourd’hui, ils avaient fait au second tour une « coalition des républicains » contre celui qui n’avait jamais mis la République en danger et qui au contraire l’avait sauvée deux fois.
    Je suis allé à Colombey, dans le silence et le calme, loin de ces agitations médiocres.
    Sur le livre d’or du Mémorial de la Croix de Lorraine j’ai écrit :
    « Je suis venu ici pour la première fois il y a 30 ans.
    Rien n’a changé : ni la grande croix de Lorraine, ni l’austère grandeur du paysage ; ni le silence et le recueillement ; ni le sentiment éprouvé devant l’humble tombe du Général de Gaulle, dans le petit cimetière, qu’une grande vie c’est une vie mise au service de quelque chose de plus grand que soi ; ni la conviction qui m’est venue ici pour la première fois et ne m’a plus quitté que la France ne pourra pas disparaître tant que nous serons décidés à la maintenir comme un idéal pour les hommes et prêts à nous battre pour qu’elle vive. »
    Et maintenant je n’ai plus que deux choses à vous dire, qui viennent du fond du cœur :
    Vive la République !
    Vive la France !
    • Quand Nico parle c’est quand même autre chose... 1er mai 2007 14:14, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

      Si vous êtes bien Monsieur Nicolas Sarkozy... ce qui m’étonnerait, sachez que tous vos mots et vos discours (si beaux soient-ils) ne changeront rien à ce que nous connaissons de vous. Lorsqu’on est capable d’abuser des pouvoirs qui vous ont été confiés, en tant que Ministre de l’Intérieur, on est aussi capable d’abuser des pouvoirs qui vous seront peut-être confiés par le Peuple Français. Je connais nombre de Policiers et de Gendarmes qui ont pu servir sous vos ordres... et lorsqu’on se permet d’envoyer un Motard de la Police chercher un jus composé d’oranges fraîches pour son fils cadet, dans un grand hôtel parisien, alors qu’il n’y en a pas sur l’aéroport du Bourget... cela me laisse à penser que la République des privilèges et que l’argent public gaspillé ne prendront pas fin avec votre règne.

      • "... Et puis il y a la gauche qui ne croit plus à la politique, ne croit plus à la nation, ne croit plus à la République, ne croit plus à l’Etat.
        La gauche qui ne croit plus que la politique puisse changer le monde ni même qu’elle puisse permettre d’atteindre le plein emploi.
        La gauche qui n’a plus d’autre programme que la défense des droits acquis, des rentes de situation et du statu quo.
        La gauche qui est dans la politique, dans les médias, dans l’administration, dans l’économie,
        cette gauche qui a pris goût au pouvoir, aux privilèges, cette gauche qui n’aime pas la nation parce qu’elle ne veut plus rien partager,
        cette gauche qui n’aime pas la République parce qu’elle n’aime pas l’égalité,
        cette gauche qui prétend défendre les services publics mais qui ne prend jamais les transports en commun,
        cette gauche qui aime tellement l’école publique qu’elle n’y met pas ses enfants,
        cette gauche qui adore la banlieue mais qui se garde bien d’aller y habiter,
        cette gauche qui trouve toujours des excuses aux voyous à condition qu’ils restent dans des quartiers où elle ne va jamais,
        cette gauche qui fait des grands discours sur l’intérêt général mais qui s’enferme dans le clientélisme et dans le corporatisme,
        cette gauche qui signe des pétitions quand on expulse des squatters mais qui n’accepterait pas que l’on s’installe chez elle,
        cette gauche qui passe son temps à faire la morale aux autres sans être capable de se l’appliquer à elle-même,
        cette gauche qui entre Jules Ferry et mai 68 a choisi mai 68,
        cette gauche condamne la France à un immobilisme dont les travailleurs, dont les plus modestes, les plus pauvres, ceux qui souffrent déjà seraient les principales victimes.
        Cette gauche condamne la France à un assistanat et à un égalitarisme généralisés qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine et qui portent en germe la régression sociale.
        Cette gauche de la bonne conscience est dangereuse parce qu’elle ne veut jamais mesurer les conséquences de ce qu’elle prône.
        Elle ne veut pas voir les conséquences de l’impunité du voyou qui revient en héros dans sa cité.
        Elle ne veut pas voir les conséquences du laxisme face à l’immigration clandestine.
        Elle ne veut pas voir l’exploitation des clandestins dans le travail au noir qui ruine les patrons et les ouvriers qui déclarent tout et qui payent toutes leurs charges.
        Elle ne veut pas voir le lien entre l’immigration non maîtrisée et les familles que l’on est obligé d’entasser dans des hôtels sordides et dangereux.
        Elle ne veut pas voir l’impossibilité d’accueillir dignement toute la misère du monde.
        Elle ne veut pas voir l’appel d’air que constituerait une régularisation massive et automatique des sans papiers et elle se moque des conséquences.
        La bonne conscience de gauche dit que pour diminuer la fraude, il n’y a qu’à donner la gratuité aux Rmistes. Elle ne veut pas voir qu’ainsi, elle les enferme dans l’assistance. Pensez-donc s’ils retrouvent un travail il perdront le bénéfice de la gratuité c’est sans doute pour les socialistes ce que l’on appelle encourager le travail ! Les socialistes veulent toujours la gratuité comme réponse à la pauvreté. Moi je veux que les pauvres puissent gagner leur vie.
        Voilà la coalition hétéroclite qui ne veut absolument pas que je sois élu. Qui est prête à tout pour faire barrage à ma candidature. Qui est prête à tout pour empêcher le débat. Qui est prête à tout pour discréditer, à tous les mensonges, à toutes les caricatures. Les insinuations, les procès d’intention, j’ai été étonné qu’on puisse en inventer autant me concernant. Les Français ne sont pas dupes de tels comportements, de telles pratiques.
        L’important n’est pas là, il est dans la rencontre d’un homme et d’un peuple, dans ce miracle de l’élection présidentielle par lequel un homme cesse d’être l’homme d’un parti pour devenir l’homme de la nation, et qui est le fruit d’une exigence, d’une exigence humaine, d’une exigence morale davantage que d’une exigence politique.
        La rencontre d’un homme et d’un peuple, pour y parvenir il faut ouvrir son âme et son cœur et rester sourd aux attaques, indifférent aux coups bas, aux manœuvres. Je ne dévierai pas de cette ligne de conduite.
        Je ne veux me consacrer qu’à une seule chose : rassembler le peuple français autour d’un nouveau rêve français, celui d’une République fraternelle où chacun trouve sa place, où personne n’a plus peur de l’autre, où la diversité est vécue non comme une menace mais comme une richesse.
        Ce rêve je sais qu’il est aussi le vôtre. Ce rêve je voudrais que nous le fassions partager à tous les Français quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leur parti.
        Ce rêve, je voudrais le faire partager à tous ceux qui aiment la France et qui pensent que c’est le bien le plus précieux qu’ils ont à transmettre à leurs enfants..."
  • 2 mai 2007 00:11, par "Nicolas Sarkozy"

    "Pourquoi tant de haine ? Parce que je parle de la France ? De son identité ? De ses valeurs ? Parce que ce sont devenus des gros mots ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que dans l’identité française il y a des valeurs qui ne sont pas négociables ? Parce que je dis que l’égalité de la femme et de l’homme ce n’est pas négociable ? Parce que je dis que la laïcité ce n’est pas négociable ? Parce que je dis que la liberté de conscience ce n’est pas négociable ? Parce que je dis que le refus de la polygamie, de l’excision, du mariage forcé ce n’est pas négociable ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les Français n’étaient pas pétainistes ? Que des mères ont caché des enfants juifs au milieu de leurs propres enfants ? Que des résistants sont morts dans les maquis ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les colons n’étaient pas des exploiteurs, que beaucoup d’entre eux avaient passé leur vie à bâtir, à soigner, à éduquer, à cultiver un morceau de terre aride pour en tirer de quoi faire vivre leur famille et parce que je dis qu’ils étaient respectables ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que si la France a une dette morale c’est envers eux, auxquels un jour on n’a donné le choix qu’entre la valise et le cercueil et qui ont tout perdu ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que si la France doit une compensation, c’est aux supplétifs d’Indochine et aux harkis qu’elle la doit, eux qui ont tout perdu pour l’avoir servie ? Parce que je dis que cette dette de la France à leur égard est une dette d’honneur ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis cette vérité d’évidence que pour un Français haïr la France c’est se haïr lui-même ? Parce que je dis que ce que nous avons à offrir à ceux qui veulent devenir Français c’est la fierté d’être Français et de prendre en partage l’identité française ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que la France ne demande qu’une seule chose à ceux qu’elle accueille, c’est qu’on l’aime et qu’on la respecte, ce qui est bien la moindre des choses ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas, que si l’on n’aime pas la France on n’est pas obligé d’y venir et on n’est pas obligé d’y rester, mais que lorsque l’on y reste on est tenu de respecter ses lois, ses valeurs et ses mœurs ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que les régularisations massives et les régularisations automatiques pour les sans papiers ont des conséquences dramatiques ? Parce que je refuse ces régularisations qui constituent un formidable appel d’air pour l’immigration clandestine ? Parce que je dis que ceux qui ont été expulsés ne doivent pas obtenir de visa pendant les cinq années suivantes ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que le regroupement familial ne doit être possible que si l’on est en mesure de faire vivre sa famille avec les revenus de son travail et pas seulement avec les revenus de l’assistance ? Parce que je dis que si l’on veut venir vivre en France il faut faire l’effort d’apprendre le Français avant de s’installer en France ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je ne veux pas laisser croire que la France pourrait accueillir toute la misère du monde ? Parce que je veux une immigration choisie, négociée avec les pays d’origine ? Parce que je veux que l’immigration soit suffisamment maîtrisée pour que les immigrés puissent être accueillis dignement ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que le communautarisme qui enferme tout le monde dans ses origines n’est pas compatible avec la République et que le refus du communautarisme n’est pas négociable ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que la laïcité ce n’est pas la haine de toues les religions mais le respect de toutes les croyances ? Parce que je dis que j’admire Jean-Paul II pour son courage, pour sa fermeté, pour le rôle qu’il a joué dans la fin du communisme en Europe, pour sa profonde spiritualité ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis cette vérité que nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté dont les valeurs ont été incorporées dans notre morale laïque ? Parce que je suis prêt à dire comme Jaurès : « le mot Dieu ne me fait pas peur » ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que je veux tourner la page de mai 68 ? Parce que je dis que je veux en finir avec l’héritage de mai 68, avec le relativisme intellectuel et moral de mai 68 ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas que l’élève soit l’égal du maître ? Parce que je n’accepte pas que l’on confonde la démocratisation de l’enseignement avec l’abaissement du niveau d’exigence scolaire ? Parce que je n’accepte pas que l’école ne soit plus capable de faire accéder le plus grand nombre d’enfants aux plus grandes œuvres de l’esprit humain ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis la vérité sur l’école qui est défaillante, qui ne remplit plus son rôle, qui aggrave les inégalités sociales au lieu de les compenser, qui n’assure plus la promotion sociale, qui ne transmet plus une culture commune et une morale partagée ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis cette vérité que sans une culture commune et une morale partagée, notre capacité à vivre ensemble, à nous comprendre et même à nous supporter se trouve peu à peu remise en cause ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que je veux l’école de l’excellence qui tire les enfants vers le haut, qui tourne le dos à l’égalitarisme, qui permet aux enfants des milieux modestes d’accéder à la promotion sociale, qui aide les enfants à devenir adultes et non à demeurer de grands enfants ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je souhaite une école du respect où les enfants se lèvent quand le professeur entre dans la classe ? Mais où l’enfant apprendra-t-il le respect s’il ne l’apprend pas à l’école ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis qu’il faut nous donner les moyens de supprimer la carte scolaire, qui n’est pas un moyen de lutter contre la ségrégation mais qui contribue au contraire à renforcer la ségrégation ? Parce que je veux rendre la liberté de choix aux familles les plus modestes qui sont aujourd’hui les seules à ne pas avoir les moyens de contourner la carte scolaire ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux une école qui donne aux enfants le goût de l’effort intellectuel et du travail ? Mais si l’enfant n’apprend pas le sens de l’effort à l’école, où l’apprendra-t-il ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je parle d’autorité ? Parce que je dis que tout ne se vaut pas ? Parce que je dis que le désordre est d’abord néfaste pour les plus modestes, les plus vulnérables ? Parce que je dis qu’il n’y a pas de société possible sans autorité ? Parce que je dis que lorsque l’autorité de l’Etat n’est plus respectée, c’est la loi du plus fort qui s’impose à sa place ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je souhaite que l’on enseigne le civisme à l’école et parce que je dis que la crise française est d’abord une crise morale, une crise des valeurs, une crise d’identité ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux que la police fasse son métier ? Qu’elle arrête les délinquants et les fraudeurs ? Qu’elle poursuive les voyous ? Parce que je dis que la victime vaut plus à mes yeux que le délinquant ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que j’appelle voyou un voyou ? Parce qu’un jour j’ai traité des voyous de racailles ? Mais quels éducateurs serons-nous pour nos enfants si même cela nous n’avons pas le courage de le dire ? Si tout est excusable ? Si le délinquant s’en tire toujours ? Si le petit caïd reste impuni ? Si le multirécidiviste n’est pas plus lourdement sanctionné que celui qui commet un délit pour la première fois ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que les juges aussi doivent être responsables de leurs actes et doivent être sanctionnés quand ils commettent des fautes ? Parce que je dis qu’il est scandaleux que l’affaire d’Outreau n’ait aucune conséquence sur la carrière de ceux qui sont responsables de ce désastre judiciaire ? Parce que je dis que dans la République nul ne peut échapper à ses responsabilités ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que je veux réhabiliter la valeur travail ? Parce que je dis que promettre de gagner plus en travaillant moins c’est mentir aux Français ? Parce que je dis que les 35 heures ont freiné la hausse des salaires ? Parce que je dis qu’elles contribuent à détruire l’emploi et qu’elles ont désorganisé le service public, notamment à l’hôpital ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux permettre à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de pouvoir le faire ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que l’assistanat est dégradant pour la personne humaine ? Parce que je souhaite que plus aucun revenu d’assistance ne soit versé à quelqu’un qui peut travailler sans qu’il soit exigé de lui en contrepartie une activité d’intérêt général ? Parce que je dis qu’aucun revenu d’assistance ne doit être supérieur au revenu du travail ? Parce que je dis qu’en payant mieux le non travail que le travail on démoralise la France qui travaille ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux augmenter le pouvoir d’achat des salaires ? Parce que je ne veux plus qu’il y ait de travailleurs pauvres qui ne peuvent pas vivre du fruit de leur travail ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que je veux prendre à bras-le-corps le problème des conditions de travail qui amènent tant de travailleurs à la dépression ou au suicide ? Parce que je veux protéger les travailleurs contre les délocalisations ? Parce que je veux une préférence communautaire ? Parce que je veux lutter contre les dumpings et contre la concurrence déloyale ? Parce que je veux que l’entreprise qui délocalise rembourse les aides publiques qu’elle a reçues ? Parce que je veux que l’impôt sur les sociétés soit plus élevé pour les entreprises qui détruisent des emplois et qui délocalisent et que les entreprises qui créent des emplois et qui investissent payent moins d’impôt sur les sociétés ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que j’ai dit que l’euro avait fait monter les prix ? Que l’euro surévalué pénalisait notre industrie et accélérait les délocalisations ? Que la taxation du travail était trop élevée ? Que si l’on taxait davantage le travail, les emplois partiraient ? Que si l’on taxait davantage le capital, le capital s’en irait ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que j’ai dit que puisque l’on ne pouvait plus taxer le travail ni le capital, pour lutter contre les délocalisations il n’y avait pas d’autre moyen que de taxer moins le travail et plus la pollution et la consommation, qu’il fallait taxer moins le travailleur et plus le pollueur et le consommateur, moins la production de richesse que la richesse produite ?
    Pourquoi tant de haine ? Parce que cette vérité, c’est la gauche qui aurait dû la dire et qu’elle ne l’a pas dite !"
    • Pourquoi tant de haine ? 4 mai 2007 19:15, par ln ou une française moyenne qui veut croire que la France peut changer (...)

      ce texte de Nicolas est à mon sens le reflet de ce que pense le peuple français qui veut régler une bonne fois pour toutes les problèmes de notre pays et si Nicolas "fait peur" c’est qu’il est le seul à vouloir faire bouger l’immobilisme qui règne dans ce pays et à oser "un grand coup de pied dans la fourmilière des parasites" de tous ceux qui avilissent la grandeur de notre nation.Qui a peur du gendarme certainement pas celui qui a la conscience tranquille et qui reconnait son utilité ! de la même manière celui qui a pour valeur celles de la république : liberté égalité fraternité n’aura et ne doit pas avoir peur des mesures de ce candidat "différent" et noble...
      • Pourquoi tant de haine ? 5 mai 2007 00:35, par "Nicolas Sarkozy"

        L’idéologie de mai 68 sera morte le jour où dans la société on osera rappeler chacun à ses devoirs.
        L’idéologie de mai 68 sera morte le jour où dans la politique française on osera proclamer que dans la République les devoirs sont la contrepartie des droits.
        Ce jour-là sera enfin accomplie la grande réforme intellectuelle et morale dont la France a une nouvelle fois besoin. Alors nous pourrons reconstruire sur des bases renouvelées la République fraternelle qui est le rêve toujours inachevé, toujours inaccompli de la France depuis le premier jour où elle a pris conscience de son existence en tant que nation.
        Car la France n’est pas une race, car la France n’est pas une ethnie, car la France n’est pas qu’un territoire, car la France est un idéal inlassablement poursuivi par un grand peuple qui croit depuis son premier jour à la force des idées, à leur capacité à transformer le monde et à faire le bonheur de l’humanité.
        Je veux le dire aux Français : le plein emploi, la croissance, l’augmentation du pouvoir d’achat, la revalorisation du travail, la moralisation du capitalisme, c’est nécessaire et c’est possible. Mais ce ne sont que des moyens qui doivent être mis au service d’une certaine idée de l’homme, d’un idéal de société où chacun puisse trouver sa place, où la dignité de chacun soit reconnue et respectée.
      • Pourquoi tant de haine ? 20 mai 2007 16:39

        "La fourmilière des parasites" ? Voici une formule bien décadente... Et puis, pour ta gouverne, on ne donne pas un "coup de pied dans une fourmillière" lorsqu’on a un tant soit peu d’intelligence et de subtilité, mais on dissèque, on analyse, on démantèle, on trie. C’est peut-être un peu trop demander à ce candidat si "différent et noble" aux antipodes de ta définition.
  • 14 février 2008 14:43, par Jeanmoulines

    j’aime bien...et pourtant§ il serait si agréable de penser que vous avez tort !
    commebt tant d’électeurs ont-il pu être aussi peu clairvoyant ? il y avait pourtant des antécédents lumineux, des signes manifestes !J’ai voté pour Ségolène Royal bien qu’elle ne m’aie pas enthousiamé.
    Jean Moulines