À la Gare du Nord, le Grand Banditisme
L’événement le plus mince de la vie quotidienne est forcément symptomatique des préoccupations des Français et sert d’exemple aux uns et aux autres pour mettre en avant le bien fondé de leurs propositions électorales. La bagarre générale qui s’est produite à la gare du Nord mardi après-midi en est un bon exemple et nous n’y reviendrons pas. Il ne faut pourtant pas s’étonner que de telles crises surviennent dans ces lieux d’échange que sont les gares, où les différentes couches de la populations se croisent en s’ignorant, sous le regard suspicieux des gardiens de la paix et surtout des contrôleurs qui tentent à toute force de combler les déficits cumulés des services de transports publics. Nous indiquons aux lecteurs le site de Société Civile pour de plus amples informations au sujet de la gabegie qui règne au sein de ces entreprises qui ne tiendraient pas le coup sans subventions publiques. Pour Marine Le Pen, l’émeute provoquée par Angel Hoekelet n’aurait pas eu lieu, car le 31 mars les titulaires du RMI ne paieront plus du tout la carte orange. Inexact, puisque les transports en commun sont mis depuis longtemps gratuitement à la disposition des détenteurs des minima sociaux, mais dans le cadre de règles contradictoires qui leur interdisent en fait d’en profiter. Olivier Besancenot propose quant à lui la gratuité dans les transports collectifs, comme ça il n’y aura plus besoin de contrôle, en l’occurrence les plus musclés. Une largesse qu’il estime à 2 milliards d’euros en ce qui concerne la région parisienne, et qui aurait au moins le mérite de la clarté en ce qui concerne la place des transports publics dans la société et le rôle de la société dans leur gestion. De son côté, la rédaction du journal Le MAGue a calculé qu’une place de parcmètre est deux fois moins chère qu’un aller-retour en métro ou en bus. Olivier Besancenot, lui, s’en fout, il roule à vélo !
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Chacun se presse et va tout droit, la tête ailleurs :
Il ne faut pas rater son train ! On se supporte
Mais on ne se voit pas car rien ne nous importe
Plus que le temps qui passe et mord les travailleurs.Les contrôleurs sont à l’affût des resquilleurs
Derrière un pan de mur car c’est leur pas-de-porte,
Et derrière eux, les flics au cas où l’un s’emporte…
Quel cirque ! On attendra pour voir des jours meilleurs.Au fond, ici aussi c’est la démagogie
Quand la police agit sous cape à la Régie,
J’ai l’air d’un con, avec mon gros bouquet de fleurs !Je suis passé dans la foulée et sans m’en faire…
Évidemment, j’entends déjà les persifleurs :
Sans frein, la délinquance avec moi, prolifère.
En savoir plus sur la gestion des transports publics sur Société Civile
