Parti Pris
La liste des candidats à l’élection présidentielle s’est brusquement enflée vendredi, date limite du dépôt des parrainages obtenus par leurs soins sur le territoire métropolitain. Au terme d’une course folle, ils se sont précipités au Palais royal pour apporter les derniers paraphes avant 18 heures, première étape de la compétition électorale où, on le sait, l’essentiel est de participer… Effrayés par le spectre du 21 avril 2002, le Parti socialiste avait le premier fait passer la consigne aux édiles : les élus socialistes devaient réserver leur parrainage au candidat investi par les socialistes. Nicolas Dupont-Aignan a de son côté fait part des pressions exercées par l’UMP sur les élus de droite, et se refusait à donner dans la semaine un décompte supplémentaire des parrainages obtenus, et devait accepter vendredi de jeter l’éponge. Un doute subsistait alors au sujet de la participation de José Bové au scrutin, car il espère qu’un certain nombre de formulaires postés dans les DOM-TOM arrivent samedi matin au Conseil constitutionnel. Le nouveau président de cette institution publiera lundi la liste des 11 ou 12 concurrents admis à concourir au suffrage du 22 avril prochain. Cette procédure destinée à éviter des prétentions fantaisistes a fait couler beaucoup d’encre parce qu’il a semblé qu’elle était désormais détournée de sa fonction, les grandes formations politiques ayant montré leur capacité à l’utiliser pour éliminer un certain nombre d’adversaires par avance. Le général de Gaulle qui l’avait instituée après son élection au suffrage universel direct en 1965 s’y était résolu avec réserve pour éviter de ternir la solennité de l’élection présidentielle, car il tenait beaucoup à la légitimité que le président de la République obtenait ainsi de la nation, afin de faire obstacle au régime des partis qu’il rendait responsable de la faillite des IIIème et IVème républiques.
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Entre un homme et son peuple un jour, c’est la rencontre :
Illusion dont le mythe a besoin pour tenir,
Les petits candidats ont vu pour les bannir
Ce que les appareils ont fait à leur encontre.
Et pour entrer en lice il leur faut agir contre
La sourde oligarchie afin de retenir
Une attention, du coup, qu’ils sont loin d’obtenir,
Et un précieux paraphe à recueillir ci-contre.
Ceux qui sont parvenus à monter au créneau
Dans le temps imparti pour eux par le chrono
Sont tous de vieux briscards au fait de ces affaires.
Les gens ne se sont pas des échecs repentis,
On en a fait souvent des pamphlets mortifères,
Malgré tout, le régime est celui des partis.
Quoi qu’on en dise, les candidats ayant déposé leurs 500 parrainages au Conseil constitutionnel vendredi 16 mars vont tous se présenter aux suffrages avec le soutien d’un parti politique :
| François Bayrou | Union pour la Démocratie française |
| Olivier Besancenot | Ligue communiste révolutionnaire |
| Marie-George Buffet | Parti communiste |
| Arlette Laguiller | Lutte ouvrière |
| Jean-Marie Le Pen | Front national |
| Frédéric Nihous | Chasse, Pêche, Nature et Tradition |
| Ségolène Royal | Parti socialiste |
| Nicolas Sarkozy | Union pour un Mouvement populaire |
| Gérard Schivardi | Parti des Travailleurs |
| Philippe de Villiers | Mouvement pour la France |
| Dominique Voynet | Les Verts |
