Oooooooooooooptic 2000
Si je devais un jour écrire ma biographie, je dirais
que j’ai toute ma vie dû supporter Johnny Halliday !
Depuis 43 ans que je suis né, Johnny Halliday tous les
jours que Dieu fait ! Impossible d’y couper, l’idole
des jeunes, notre Jojo national, contre vents et
marées aura traversé toutes les modes sur deux accords
de guitare ! Mais bon, toute la musique que j’aime,
elle vient de là, elle vient du blues...
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Car au pays des singes hurleurs, ce n’est pas que
Johnny soit le plus nul : non, il en sort, hélas !
comme des lapins d’un chapeau, de bien pires que lui
pour nous briser les tympans (et nous casser les
couillons au passage)... mais qui ne durent jamais si
longtemps, avec leur petit tambour, n’ayant pas enfilé
dans leur cul de lapin rose la pile Duracell. Johnny,
à mon avis..., oui !! La grosse grosse !
Jailli du con de ma mère en 1963, quelle terrible
faute aurais-je donc pu commettre dans une vie
antérieure pour mériter un tel châtiment ? Cette
insidieuse pollution de l’air que je respire depuis
mon premier cri jusqu’à étouffer aujourd’hui,
emboucané presqu’un demi-siècle durant par Johnny
Halliday sans que ne s’insurge aucun Nicolas Hulot !
Et de quel droit, à la fin ? Alors je dis "Halte là,
Johnny ! Je n’ai plus envie d’avoir envie !"
Bien sûr, en comparaison mes nobles aïeux
avaient-ils subi une ou deux guerres... Mais au moins,
heureux hommes, eurent-ils l’heur de goûter à la vie
terrestre sans Johnny Halliday leur bramant aux
oreilles, sinon à l’âge consolateur de la surdité !
Certes, certes, il y avait eu Tino Rossi pour éprouver
largement les générations précédentes, du 78 tours à
l’éternelle compilation CD des chants de Noël dont
nous patissons encore aujourd’hui, mais au moins le
fausset corse avait-il pris l’initiative de mourir un
jour, disparaissant par là-même des émissions de midi
qu’animait Danièle Gilbert sur la télévision à trois
chaînes. Quand on pense que Tino Rossi y chantait "la
vie commence à soixante ans", on se dit que Johnny a
encore de beaux jours devant lui...
Et moi qui n’en peux plus ! Si je venais demain à
rendre l’âme, je n’aurais connu que Johnny Hallyday...
A la radio, à la télé, dans les journaux à la
devanture des kiosques, en marionnette ou en "4 par
3", chaque fois que j’aurai voulu me changer les
idées, depuis que je fais caca au pot, Johnny Halliday
! Johnny qui soutient Sarkozy, et qui, la semaine
d’après, confie qu’il voterait bien Ségolène Royal !
C’est doc Gynéco qui le fournit ou quoi ? "C’était
super, Laetitia !"
Si au moins c’était vrai qu’il faisait du camping au
milieu des loups, peut-être qu’il se ferait bouffer
par un de ces animaux et qu’on ne retrouverait plus
que ses lunettes Oooooooooooooptic 2000 devant sa
cabane de trappeur... Que de la frime ! Et pour comble
de malheur, Johnny fait des petits ! David Halliday,
Adeline Halliday, Estelle Halliday, Laetitia
Halliday..., c’est tout de même bizarre pour un type
dont ce n’est même pas le vrai nom ? Ca sent le
sans-papiers, tout-ça ! A part Laura Smet, qui porte
curieusement l’authentique patronyme de son père,
celui qu’il voudrait faire inscrire sur son passeport
belge. Smet,Smet ? Peut-être qu’il est vraiment Belge,
après tout, notre Johnny... Il ne voudrait pas aller
voir là-bas si j’y suis ? Aller se faire un peu voir
chez les Belges ? Las ! ce sont les Belges qui n’en
veulent pas. Bah, le voilà déjà reparti en Suisse !
Non, finalement, ce sera bien la Belgique... le temps
d’aller à Monaco ! Faut suivre... Il y en a même que
ça intéresse, parait-il.
Si vous n’y croyez pas, simplement faites en comme
moi l’expérience scientifique : depuis trois mois que
je m’en suis fait la réflexion, j’ai décidé de cocher
dans mon agenda les jours où, d’une façon ou d’une
autre, Johnny Halliday n’interferera pas dans mon
existence ( pour compliquer la tâche et légitimer le
résultat, je ne compte évidemment pas les
conversations de bistrot mais uniquement l’exercice de
démonstrations publiques). RESULTAT : à ce jour, pas
une croix dans mon carnet ! Essayez, vous verrez, il
est si inutile de tricher que ça en est désolant...
Néanmoins, j’espère beaucoup de mes prochaines
vacances sur la banquise..., ou dans le désert,
j’hésite encore.
Pour le mot de la fin, je me contenterai de répondre
à la question historique "Quoi ma gueule, qu’est-ce
qu’elle a ma gueule ?"
Ta gueule, Johnny..., elle a que tu veux pas un peu
la fermer, ta gueule, un jour !!
