Florilège de livres reçus à la rédaction

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Ils m’ont mis une nouvelle bouche est une machine à fabriquer des anges à coups de hachoir géant. Un livre qui tutoie le bonheur et converse sans pudeur avec le cauchemar éveillé. La modernité et le ressentit historique se mêlent au fantastique, à l’absurde, au sexe, à l’humour et au monstrueux.

La poésie simple et féroce d’Agrati est sans limites. Elle agit comme une machine à voyager dans le temps et dans l’espace, entre passé colonial et futur décadent. Vous arpenterez les trottoirs de Paris et les routes d’Afrique sur les traces du Diable, vous serez propulsés dans le cosmos avec Spok et dans l’Histoire avec Joséphine de Beauharnais.

Rêve et réalité se fondent dans un fantastique social et donnent lieu, à travers 19 nouvelles, à un étrange voyage spatio-littéraire.

Ils m’ont mis une nouvelle bouche, Jean-Marc Agrati. Les Editions Hermaphrodite.

Écorché vif, cerveau brûlé, d’inclination neurasthénique ou suicidaire, du misogyne au fou furieux en passant par le plus commun des amnésiques antérogrades...

- Vous en connaissez ?
- Non...

Et pourtant... Il se pourrait bien... qu’il y en ait parmi vos connaissances… Il se pourrait même que vous soyez l’un d’entre-eux... Allez savoir...

Apprenez donc à connaître certains de ces tempéraments au travers des nouvelles d’ Écueils... - courts extraits de vie - qui vous transporteront entre futile mal-être et destin funeste...



Ecueils, Fabrice Garcia-Carpintero. Les Editions Black-Out


L’histoire se passe en Popolskie, c’est-à-dire n’importe
où : parce qu’un deal mettant en jeu des organes humains ne se passe pas tout à fait comme prévu, une tête doit tomber dans la bonne ville de K.

Une tête, oui ; mais laquelle ?
Et surtout : qui sera le bourreau ?

Une hérodiade, ce pourrait être un drame burlesque, une comédie désespérée, un polar un peu foireux. Un enchaînement malheureux de circonstances, de grands désirs et de petites lâchetés qui aboutirait à un meurtre.

Hérodiade est un conte moderne qui interroge, dans une langue éclatée et fiévreuse, la question de l’être-humain dans un monde marchand.

Hérodiade, Laurent Contamin. Editions Ragage.


Croyant à un idéal critique qui puisse rendre justice à l’oeuvre d’art et devenir oeuvre à part entière, Olivier Larizza revient sur les écueils de la critique moderne et post-moderne. Il démonte notamment les mystifications héritées de l’ère structuraliste et d’une certaine recherche théorique, dont les pratiques s’imposent encore largement au sein de l’Université et dans l’enseignement des lettres.

A l’heure où le débat s’est alangui, où la critique semble se trouver dans une impasse, l’auteur s’interroge sur la raison d’être de la discipline : percer le secret des oeuvres. Or « l’énigme qui gît entre les lignes, ce reliquat scintillant, comme il l’appelle, nous accule aux limites de l’explication et nous pousse à envisager un autre mode de pensée et d’écriture ». C’est cette autre approche que propose le présent livre.

Un essai brillant, qui renouvelle la réflexion et serait utile à bien des professeurs, des étudiants et des journalistes littéraires.

Le Reliquat scintillant, Olivier Larizza. Librairie Nizet.


Comme Freud, Jung a toujours pensé que le rêve était " la voie royale d’accès à l’inconscient ". Mais, à l’opposé de Freud, il tient que le rêve n’a pas besoin d’être décrypté pour en faire venir le sens au jour : " Je doute, écrit-il, que nous devions admettre qu’un rêve soit autre chose que ce qu’il paraît être. Je me référerais plutôt au Talmud, qui dit que le rêve s’explique par lui-même. En d’autres termes, je prends le rêve pour ce qu’il est. "

D’où une technique d’interprétation très différente de celle de la psychanalyse classique ; d’où le recours comparatif aux motifs folkloriques, mythologiques ou traditionnellement religieux ; d’où le renfort recherché du côté de l’anthropologie ou de la science des religions pour comprendre le sens de nos images oniriques. Dans la seconde partie de ce séminaire (1929-1930), comme il le faisait déjà dans le premier volume, Jung ne se contente pas de faire la théorie du rêve.

A partir de rêves réels brièvement exposés, d’abord de façon pédagogique, puis avec une discussion suivie avec les participants du séminaire, il nous montre concrètement et d’une façon particulièrement vivante comment se pratique la lecture symbolique des rêves.

L’analyse des rêves, notes du séminaire de 1928-1930, tome 2, C.G. Jung. Editions Albin Michel.


L’idéal de la pédagogie moderne, cette inquisition qui veut forcer les derniers retranchements du « mystère » de l’enfance en la psychologisant, ce n’est, au fond, ni l’adaptation ni la formation de tous sur le même modèle, encore moins la répression ouverte : c’est que rien de l’enfant n’échappe à son tuteur.

L’oeil omniprésent, le panoptique. Alors seulement, de cette surveillance panoptique peuvent bien découler l’uniformité et l’interdiction, mais aussi le plus grand libéralisme. Car, tant qu’elle subsiste, rien n’est fondamentalement changé. Être sous le regard, le savoir et ne pouvoir échapper, n’est-ce pas la plus subtile des prisons ?

Emile Perverti, René Scherer. Editions Desordres.





Alors que notre société prône le culte du gagnant, la figure de la victime en est arrivée à occuper celle du héros. La médiatisation des catastrophes a révélé que l’unanimité compassionnelle était en train de devenir l’ultime expression du lien social.

Et les demandes de réparation auprès des psychiatres et des juristes sont sans fin. Jusqu’où irons-nous dans cette « victimisation » généralisée ?










Le temps des victimes, Caroline Eliacheff et Daniel Soulez Larivière. Editions Albin Michel.

le 29/01/2007
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