AUTODAFES ?

AUTODAFES ?

Il y a de plus en plus de gens qui écrivent, on le sait. Les éditeurs croulent, parfois, sous les manuscrits. Mais, après tout, cela fait partie de leur travail. Ces manuscrits peuvent être bons, mauvais ou tout simplement médiocres. Aucune importance ! De toute façon, seul un pourcentage infinitésimal en sera accepté. Cela, les auteurs le savent et l’acceptent.

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Quand le manuscrit n’est pas retenu, ce qui est généralement le cas (mais ne signifie pas pour autant que le manuscrit est mauvais) les auteurs en sont prévenus et ils disposent d’un certain délai pour récupérer leurs oeuvres. Cela fait partie de la règle du jeu… Du moins cela faisait partie ! Mais, business oblige, on n’arrête pas le progrès. Ami jeune écrivain, bonjour. Il faut quand même que vous l’appreniez. Les temps ont bien changé.
Mais ils n’ont pas changé en bien !

Un certain nombre d’éditeurs (pas tous) se sont ainsi arrogés le droit de demander à l’auteur de prévenir à l’avance s’il désire récupérer son manuscrit. S’il ne l’a pas fait, zou ! Direction le broyeur.
Bah, que voulez-vous. C’est que les manuscrits ça va, ça vient. Tout le monde le sait que les auteurs s’en foutent et qu’ils font des tirages à tout va. Vogue la galère ; On ne va quand même pas pleurer sur le sort de tous ces petits écrivaillons bourrés de pognon…

Si l’auteur n’était pas au courant de l’existence d’une telle pratique, tant pis pour lui ! Il n’avait qu’à consulter Internet ou téléphoner. S’il n’avait pas Internet, il n’avait qu’à manger de la brioche comme disait à peu près une Marie-Antoinette dont le nom complet m’échappe.
La conclusion d’un tel mic-mac est que, sans donc que le chieur d’encre en ait jamais été averti (même pas par mail !), le manuscrit est détruit au bout d’un mois (c’est le cas chez une éditrice cotée du onzième arrondissement), deux ou trois mois chez d’autres. Circulez, y’a rien à lire !

On était déjà en droit de se demander si certains éditeurs faisaient sérieusement leur travail de lecture. On est au moins maintenant sûr d’une chose. C’est qu’ils se foutent du monde…

le 25/01/2007
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5 Messages

  • 25 janvier 2007 18:23, par Philippe Gras

    On peut même se demander pourquoi ils demandent un manuscrit complet pour juger du travail d’un auteur inconnu, mais se contentent d’un résumé pour un type à la mode. Certains, tel Christian Bourgois, l’affichent autrement : "nous ne lisons plus les maniscrits" ! Jeunes auteurs, arrêtez d’emmerder les éditeurs avec vos flots de papiers, songez aux arbres et à la sieste des marchands de livres, publiez sur le net ! Et par mesure de rétorsion, faites comme moi, n’achetez plus leurs livres.
    • AUTODAFES ? 26 janvier 2007 09:23, par paf

      Tout à fait d’accord. Au moins pour les éditeurs les plus importants - ceux qui, tout en ayant les moyens, ne prennent jamais de risques !
      Outre qu’il y a les bibliothèques, on peut, en farfouillant chez les bouquinistes, trouver à prix modique des petites perles que l’édition actuelle serait bien incapable d’éditer... ou de rééditer. Et pour ceux qui diraient "Et les libraires, vous y pensez au sort de ces pauvres libraires ?" rappelons qu’il y a, malheureusement, de moins en moins de libraires qui font sérieusement leur boulot...
      Il suffit de regarder ce qui est proposé dans les grandes librairies pour s’en rendre compte !
    • AUTODAFES ? 10 février 2007 19:16, par Thomas Delavergne

      J’adore votre analyse Philippe. Cependant, en écolo de la 1ère heure que je suis, on n’enlevera pas le plaisir du toucher du papier... recyclé !
  • 27 janvier 2007 13:15, par Serge Scotto

    Je signale pour ceux que ça interesse que les éditions l’Ecailler lisent TOUS les manuscrits et signent sans autre forme de procès que leurs goûts de lecture ; évidemment, faut pas être pressé (6 mois, 1 an) car ils sont trois à décider pour 500 manuscrits ou plus, par an. Ils les renvoient si on joint l’enveloppe timbrée qui permette le retour.
    Une bonne adresse, donc, pour ceux qui écrivent du polar... ou du très décalé(collection "Overlittérature") !
    Voilà, c’est tout.
    • AUTODAFES ? 3 février 2007 08:50, par Philippe Gras

      Sans doute, les éditeurs autres que l’Ecailler lisent tous les manuscrits qui leur parviennent. Je n’en disconviens pas. Ils y trouvent peut-être des idées intéressantes pour de futurs ouvrages à publier. Cela ne présume pas du tout de ce qu’ils en font. En règle générale, une réponse arrive au bout de 1 à 3 mois. Déjà, pour obtenir un avis personnel sur son travail, il faut être recommandé, alors de là à se faire éditer...