On ne prête qu’aux riches !

On ne prête qu'aux riches !

À la tribune à Clermont-Ferrand vendredi, François Bayrou a fustigé la controverse au sujet de la question fiscale, qui a défrayé la chronique cette semaine. Il a notamment déclaré à propos des émoluments de ses collègues parlementaires qui paient l’impôt sur la fortune : quelquefois ils arrivent à mettre un peu d’argent de côté, on ne va pas en faire un fromage, en tout cas pour moi ce n’est pas un sujet ! Bien sûr, il ne s’agit pas d’en remettre une couche et de montrer du doigt tel ou tel candidat : il n’y a pas de seuil légal pour accéder au suffrage populaire, et plus depuis 1848 pour s’enfermer dans l’isoloir. Rappelons cependant que 10% des foyers fiscaux possèdent 46% du patrimoine national, et 90% des ménages ont un revenu supérieur à 957 Euros par mois. L’effort consenti pour la solidarité est un poste important du budget des pouvoirs publics, et si le débat qui s’est enclenché de façon déplaisante n’est pas près de s’éteindre, c’est que l’action de l’État est au cœur des problèmes du moment : le traitement social du chômage, les subventions et les aides publiques aux entreprises désireuses de participer peu ou prou dans les politiques pour l’emploi, la pérennité du tissu économique, l’effort demandé aux administrations pour s’engager aussi dans la bataille grèvent largement les marges de manœuvre des gouvernements successifs, et concourent à l’accroissement de la dette. Après tout, François Hollande et Johnny Halliday ont chacun de leur côté, à leur façon, posé la question de manière idoine : combien peut-on demander à chaque Français et pourquoi ? Il est vrai que le tour qu’a pris la dispute n’aura pas permis d’y répondre pour le moment, et les saillies des uns et des autres ne risquent pas d’y contribuer. Hélas François Bayrou, qui ne paie pas l’impôt sur la fortune, qui peine à se placer au centre du débat, n’est pas parvenu à recentrer le sujet.

Ce n’est pas un sujet pour lui, et c’est dommage !
S’il ignore aujourd’hui l’intérêt de l’impôt,
C’est qu’il faudra encore un peu remettre au pot
Puisqu’au gouvernement, on n’a pas de roi mage…

S’il n’y a pas assez d’argent, c’est le chômage
Qui plombe un équilibre instable et pas de pot,
Le moteur tousse et fait des bonds sous le capot
Car la dette est un trou sans goût dans le fromage.

Baliverne en effet que de taire un débat
Avec des gens qui ne font pas toujours sabbat
Y compris ceux qu’on voit parfois dans la misère !

Rugueux, c’est vrai, il est conduit mal à-propos
Ou sans montrer vraiment qu’il s’agit d’un rosaire
Un peu tartufe aussi, en damnant des suppôts.



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