Présidentielles 2007 : les faux Débuts
Le combat de François Bayrou pour dénoncer le traitement inégal dont il est l’objet de la part des médias paraît porter ses fruits, puisque dans un sondage publié par l’édition dominicale du journal Le Parisien, 88% des Français interrogés estiment que ce n’est pas normal parce que les médias doivent traiter à égalité les candidats. D’ailleurs, d’autres prétendants à la compétition s’indignent aussi de leur sort par rapport à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, que seulement 11% considère logique d’éclipser au profit des candidats préférés des Français. Marie-George Buffet a écrit lundi dernier une lettre ouverte à la direction de TF1, tandis que Corinne Lepage a saisi le Conseil constitutionnel pour que ce dernier veille à ce que l’autorité de l’audiovisuel fasse respecter l’équité des temps d’antenne. On ne peut pas occulter que la controverse naît du fait que la comptabilité de l’espace accordé à chacun est difficile, en raison des fonctions ministérielle ou électives des uns, car ce qu’ils mettent en œuvre dans le cadre de celles-ci doit être traité de toute façon, et que tous les candidats déclarés ne seront pas habilités à entrer vraiment en lice, faute de parrainages suffisants. Enfin, le décompte des temps de parole est l’objet de règles très précises et mobilise un service entier du CSA.
En revanche, la presse écrite et l’information sur Internet échappe à tout contrôle, ce qui est le cas ici, sur Le MAGue, où lecteurs, vous êtes seuls juges de l’honnêteté intellectuelle des rédacteurs. En réponse à la charge de François Bayrou, le directeur de l’information de TF1 Robert Namias avait fustigé une attitude qui est traditionnellement celle du leader d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen, qui paraît lui avoir abandonné son cheval de bataille. Dans les pages du même journal, il s’exprime assez sereinement quant à son avenir dans la campagne, gageant que tout ce battage lui sera profitable : sur les plages, les gens se baignaient et bronzaient. Pourtant au loin, la vague déferlante était déjà en route et allait tout emporter.
La question rebondit plus fort huit jours après,
On dénonce en tout lieu un débat bipolaire
Qui fait fureur à la télé, mais qu’on tolère
En songeant à part soi que c’est un peu exprès…Les petits candidats s’en sont émus auprès
D’un public très surpris du coup de leur colère,
Car le climat de la campagne est moins polaire :
L’être humain par rapport aux choix, fuit l’à-peu-près.On voudrait dès demain leur demander la lune,
"Mais je n’ai pas d’avis sur tout", reconnaît l’une
Quand on voit ceux qui n’ont pas un mot, aux abois !Or, le projet de l’un ou l’autre est un peu vague
Et celui qui se tait se tient au coin du bois,
Prêt à tout dans cent jours pour surfer sur la vague.